France 3 propose ce lundi 21 janvier à 20h55 le documentaire inédit "Jeunes, seules, sans travail et déjà mères". Une production
Capa.
En France, on compte actuellement plus d'un million de mères célibataires. Elles ont entre 18 et 25 ans, connaissent ruptures familiales et affectives, chômage, endettement, et ont parfois un ou
deux enfants qu'elles élèvent seules.
Ce film met en lumière leurs difficultés pour surmonter les problèmes de logement, de travail et d'éducation des enfants...
Sans travail, sans famille et sans conjoint, Noémie, Séverine et Aurélie, âgées de 19 à 24 ans, élèvent, seules et dans la plus grande précarité, leurs enfants. La réalisatrice
Andrea Rawlins-Gaston les a suivies pendant neuf mois dans leurs galères et leur difficile apprentissage de la maternité. Mi-femmes mi-enfants, ces jeunes mamans isolées n’ont
qu’un souhait : passer du monde de la survie à celui de la vie, et devenir des mères comme les autres…
Séverine
De loin, cette jeune Amiénoise de 24 ans a la silhouette d’une étudiante. Et pourtant, en s’approchant, son regard triste et inexpressif en
dit long sur les affres de son existence. Déjà mère d’une petite fille de 5 ans, Manon, dont on lui a retiré la garde faute de moyens nécessaires pour l’élever, Séverine confie à demi-mots qu’elle
est à nouveau enceinte, d’un autre garçon avec lequel elle a rompu. Ayant arrêté ses études en troisième, elle cumule depuis des missions courtes d’intérim (femme de ménage, caissière de
supermarché…) et vit chez ses parents. Redoutant la réaction de sa mère, la jeune femme repousse l’annonce de la nouvelle. Idem avec Manon qui vit avec son père, Eric, et qu’elle n’a pas vue depuis
des mois. « Que va-t-elle penser ? J’ai déjà honte de ma situation, de ne pas avoir de ressources suffisantes pour m’occuper d’elle. » Mais pour Séverine, la décision est prise : elle va garder son
enfant. Epaulée par une assistante sociale, elle va tout faire pour que, cette fois, on ne lui retire pas sa garde…
Noémie.
Cette jeune brunette de 22 ans revient de loin. Après un lourd conflit familial, cette ancienne brillante élève de première S fugue de chez
elle et vit pendant deux ans dans la rue avec son petit copain. A bord d’un camion acheté avec leurs économies, ils sillonnent la France au gré de l’argent récolté en faisant la manche. Leur
road-movie s’arrête net lorsque Noémie tombe enceinte. Abandonnée, Noémie rentre à Beauvais et se tourne vers les services sociaux pour donner un toit à sa fille, Saskia. Logée dans un 30 m2 sans
salle de bains et toilettes sur le palier, Noémie multiplie les démarches pour offrir un appartement décent à sa fille. « Je veux m’en sortir, trouver un travail pour que Saskia ait une bonne image
de sa mère. C’est important de donner l’exemple. » Mais la liste d’attente pour l’obtention d’un logement social est longue. En attendant, Noémie bénéficie de l’aide précieuse d’une puéricultrice
qui veille à prévenir tous les comportements démissionnaires, voire violents, chez ces jeunes mamans en détresse.
Aurélie.
Laon, en Picardie, Aurélie, 19 ans, vit avec sa fille de un an et demi, Fanny, dans un centre maternel. Objectif : apprendre à être une maman
responsable et autonome. Placée en foyer à l’adolescence et mère à 17 ans, la jeune fille a vécu les premiers mois chez la famille du père de Fanny, avant de tout plaquer. Aurélie a été SDF pendant
huit mois avant de réagir et de tout faire pour récupérer sa fille. « J’ai eu envie que ma fille ne connaisse pas la même jeunesse que la mienne. J’ai été victime d’attouchements sexuels de mon
père, et ma mère ne m’a pas crue. Elle m’a même rejetée. Moi, je refuse d’abandonner Fanny. » Epaulée par des éducateurs pour bien gérer son quotidien de maman, Aurélie sait qu’elle n’aura pas
droit à une seconde chance. A la moindre incartade de sa part, le père de Fanny, lui aussi sans ressources, peut récupérer la garde. Mais Aurélie a la foi. D’ici un an, Fanny rentrera à l’école.
Elle pourra alors reprendre sa formation professionnelle où elle l’avait laissée à l’annonce de sa grossesse. « Il faut que je travaille pour que ma fille fasse de longues et belles études, qu’elle
trouve un mari et qu’elle soit beaucoup plus heureuse que moi. »