Réalisé par Denis Malleval. Scénario de Anne Andréi. D'après Guy de Maupassant.
Avec : Marie-Anne Chazel (Mme Husson), Julien Cottereau (Isidore), Marie Vincent (Françoise), Jean-Claude Frissung (le maire),
Nicolas Marié (le docteur Barbessol) et François Rollin (l'abbé Malou).
Madame Husson s'est mise en tête de faire couronner la
"rosière" - c'est-à-dire la jeune fille la plus vertueuse - de Gisors. Après enquête, elle ne trouve guère que le fils de la fruitière, Isidore, jeune homme simple et candide. Il est donc
couronné "rosier" en grande cérémonie. Le repas terminé, il disparaît avec la bourse qu'on lui a donnée. On le retrouve huit jours plus tard, ivre et dégoûtant.
Marie-Anne Chazel :
"Lorsque j’ai reçu le scénario du Rosier, j’ai été à la fois surprise et excitée de me voir proposer un rôle qui s’écartait de la comédie pure à laquelle on m’associe généralement. Je ne
connaissais pas la nouvelle de Maupassant et j’ai trouvé qu’Anne Andrei avait fait un magnifique travail d’adaptation en resserrant l’intrigue sur Mme Husson.
Cela donne au personnage une plus grande densité tout en lui conservant quelque chose d’un peu elliptique, ce qui est toujours très bon pour nourrir l’imaginaire d’un comédien et des
spectateurs. D’elle, au fond, on sait peu de choses : elle est veuve — elle parle d’ailleurs souvent à son défunt mari —, très pieuse, et même bigote, je veux dire que sa religion est très
sociale, conformiste, attachée au paraître.
Mais pas seulement, et c’est là qu’elle devient très intéressante. Elle a une idée fixe : obtenir, grâce à ses bonnes oeuvres, une indulgence lui assurant la rémission de ses péchés et donc une
place au paradis ! Que peut-elle bien avoir à se faire pardonner, cette femme ? Sa vie n’a peut-être pas toujours été aussi irréprochable qu’elle veut bien le montrer…
C’est très Maupassant, ça peindre des personnages entre médiocrité et démesure, ces existences minuscules dévorées par une ambition folle, un défaut ou une obsession qui vont peu à peu prendre
des proportions inouïes et les conduire à leur perte. Et qui souvent les sauvent de la noirceur en les rendant si pathétiques.
Du coup, c’était très amusant de jouer de manière minimaliste la dualité de Mme Husson. D’une part sa rigidité à la fois physique et morale, son côté étriqué, petite vie, petits pas, petits
bibelots, petits napperons…, et d’autre part son orgueil boursouflé qui l’amène parfois à deux doigts d’exploser, et surtout l’énergie qu’elle déploie pour accomplir son “grand oeuvre”. L’échec
sera à la hauteur de ses espoirs. “Un bienfait n’est jamais perdu”, se répète-t-elle pour se rassurer. Pour Maupassant, on s’en doute, c’est une antiphrase.”
Photo copyright France 2 / Jean Pimentel.