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Publié par Pascal 28/06 7h45






Ce samedi, dans Marianne, un entretien sur quatre pages avec Jean-François Kahn, cofondateur du magazine (il a quitté la présidence du conseil d'administration).




Un article titré "Ces journalistes complices de la mise au pas des médias".




L'hebdo précise qu'après les importants changements intervenus dans l'univers des médias, radios et télés ont interviewé JFK. Aucune n'a selon Marianne diffusé ses réponses, jugées sans doute trop incorrectes ou iconoclastes...




JF Kahn dit ne pas s'étonner de la réticence des médias à aborder la question de la mainmise des pouvoirs sur les dits médias. Il note surtout le fossé  qui s'est considérablement creusé entre une base journalistique de plus en plus émancipée et une techno-structure de plus en plus dépendante des pouvoirs politiques et financiers.




La technostructure aujourd'hui ? Toujours la même, au fond, dit JFK, notant que les responsables des radios et télés en 2007/2008 étaient précisément, pour l'essentiel, ceux qu'on accusa d'avoir giscardisé l'info en 1980. Il rappelle qu'en 1975, éditorialiste à Europe 1, Jean-Luc Lagardère lui a proposé la direction de la rédaction. Il avait refusé et conseillé la nomination d'un jueune homme qui lui paraissait indépendant, Etienne Mougeotte.




"Or, que s'est-il passé ? Mougeotte, secondé par Jean-Claude Dassier (...) transforma peu à peu la station en une officine de propagande gouvernementale, ce qui brouilla l'image de la station, cassa sa dynamique (...)" Aujourd'hui, Mougeotte est à la tête du Figaro, Dassier, patron de l'info de TF1 / LCI.




A propos de Dassier, JFK raconte une anecdote : un jour, il participait à un débat sur LCI au cours duquel Edwy Plenel a attaqué durement Sarkozy. "Aussitôt, coup de fil. Le présentateur répond, se lève, tremblant et profite d'un écran publicitaire pour s'éclipser. Il était convoqué en direct par Jean-Claude Dassier. Il revient et dit tout à trac : "Nous allons avoir au bout du fil un confrère du Figaro" Lequel, évidemment, a fait une dithyrambe de Sarkozy".




Jean-François Kahn dit avoir été très marqué et l'est encore par cette propension de certains journalistes, au nom de leur réussite sociale, à se laisser happer par l'émanation du pouvoir et de l'argent.




On peut raconter ce que l'on veut, poursuit JFK, mais si, collectivement, les journalistes de gauche, de droite, du centre, refusaient d'enfreindre certains principes ou de les sacrifier aux exigences de quelque pouvoir que ce soit, nul ne parviendrait à les contraindre.




Lorsque des journalistes emblématiques nient qu'il y a mise au pas des médias, JFK ironise qu'ils ont raison s'ils veulent signifier qu'on n'en est pas arrivé au stade de la normalisation poutinienne. Il prend pour cible Jean-Michel  Aphatie, "autre cas, hélas, de soumission volontaire à la pensée dominante".




Le problème selon JF Kahn ? Si les pouvoirs politiques et financiers peuvent peu à peu imposer leur loi aux médias, c'est parce que les pouvoirs en question trouvent toujours beaucoup de supplétifs parmi certains journalistes emblématiques "qui font de ce ralliement le socle de leur propre réussite. Jusqu'au jour où...Regardez Robert Namias ou Alain Genestar ! Les Murdoch ne s'imposent que grâce à des complices qui ensuite souffrent".




Au cours de l' entretien à lire dès samedi pages 8 a 11, JF Kahn explique qu'il y aura toujours des gens des médias pour expliquer que Sarkozy n'exerce aucune pression sur les médias, précisément parce que Sarkozy exerce une vraie pression sur eux. "Même le gentil Drucker, le pauvre, a dû rendre ce service à son roi. Sarkozy, selon les journalistes du Figaro, qui vous le confient en prvé, les harcèle, mais Mougeotte vous expliquera qu'il n'y a aucune pression. Pour ne pas parler du Journal du Dimanche".




JFK se dit pessimiste sur l'avenir de l'indépendance de la presse. "Parce que nous sommes au début d'un processus. Là haut, ils sont convaincus que leur relative impopularité est due à la trop grande liberté des médias. Qu'il faut donc y mettre le holà."




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jean 01/07/2008 18:19

pétition pour la déstitution de nicolas sarkozy de ses fonctinos de président de la république je signe et je vous invite à signer et aàdiffuser largement signez sur http://www.antisarkozysme.comensemble tout devient possible  :)