Le téléfilm inédit Villa Marguerite est diffusé sur France 3 ce jeudi 25 septembre à 20h55.
Avec Yolande Moreau (Adèle Grandclément), Luis Régo (Etienne Grandclément), Natacha Lindinger (Marie Müller)...Yolande Moreau a reçu le prix de la
meilleure interprète féminine au récent festival de fiction de La Rochelle.
Réalisé par Denis Malleval sur un scénario de Jacques Santamaria.
"1937. Adèle et Étienne Grandclément, un couple de petits fonctionnaires sans enfant, peuvent enfin réaliser leur rêve : acheter "Villa Marguerite", un modeste pavillon. Dans cette rue calme
des environs de Moulins, Adèle et Etienne espèrent mener une existence paisible et se consacrer à leur seule passion : la bonne chère.
1940. La ligne de démarcation passe à proximité de la "Villa Marguerite" qui demeure cependant en zone libre. Adèle et Etienne ne sont pas pour autant épargnés par la dureté des temps. Pour avoir
mangé une oie le 11 novembre, ils sont mystérieusement dénoncés et incarcérés.
Une généreuse visiteuse de prison, Marie Müller, va les tirer de ce mauvais pas. Devenue l'amie des Grandclément, elle leur fait livrer toutes sortes de victuailles en provenance de la ferme de ses
cousins. Marie s'attache tellement à la "Villa Marguerite" qu'elle demande à Adèle et Etienne de lui louer une chambre. Comment refuser à une telle bienfaitrice ?
Commence alors un étrange ballet d'individus peu bavards et de porteurs de valises. Quand Marie s'absente, sollicitée dit-elle pour secourir les malheureux, les va-et-vient de ses amis continuent à
la "Villa Marguerite". Adèle et Etienne, gavés par les volailles et le foie gras qu'ils reçoivent à pleins colis, ne voient là rien de répréhensible. Ils ne s'inquiètent pas davantage quand ils
découvrent des lingots d'or et des dollars entre deux terrines. Du moment qu'ils mangent à leur faim..."
Interrogée par Béatrice Dupas, Yolande Moreau parle de son rôle :
"Adèle et Etienne vivent concentrés sur leur petit bonheur. Ils ont trouvé une qualité de vie et un équilibre basés sur des habitudes comme celle d‘écouter la radio le soir ou de se promener le
dimanche. Mais le repas reste le rituel qui les unit envers et contre tout. Il rythme leur journée, et le voir disparaître ou s’amoindrir serait pour eux dramatique. La bonne chère est en quelque
sorte la colonne vertébrale de leur existence et le ciment de leur vie de couple.
Adèle suscite la sympathie, car cette femme est foncièrement bonne. Elle aime prendre soin d’Etienne et, s’il est un plaisir personnel, la cuisine est aussi une passion du partage. En même temps,
par son manque d’ouverture sur le monde extérieur, Adèle irrite. C’est cette ambiguité du personnage qui m’a séduite. Adèle ignore les événements parce que cela l’arrange. Elle se met sciemment la
tête dans le sable quand on livre les lingots d’or et cache volontairement à sa voisine les assiettes pleines et les réserves d’alcool à brûler. C’est effrayant, mais la nature humaine est souvent
plus complexe qu’elle n’y paraît…
Je ne porte pas de jugement moral et ne lui jette pas la pierre. Je n’ai pas vécu à cette époque. Mais choisir de mettre en scène des anonymes volontairement silencieux, c’est là toute
l’originalité de ce film. Alors que la résistance ou la collaboration sont des thématiques couramment exploitées, Villa Marguerite pointe du doigt l’attitude d’une autre frange de la population
française. Ce point de vue est enfin facilement transposable à notre époque. Je croise régulièrement des « Adèle et Etienne » version 2008 et la lecture des journaux croulent d’événements
dramatiques qui ne déchaînent malheureusement pas l’opinion publique…"
hé bien encore une fois, merci à tvnews d'en avoir longuement "parlé" . Un petit bijou ce téléfilm avec paradoxe des personnages attendrissants et haïssables !Yolande Moreau une fois de plus formidable !
Exquis. Un angle neuf sur un sujet historique et connu. Une Yolande Moreau au faîte de son talent. Rego:bien quoiqu'un peu court son rôle.Bon spectacle, saupoudré d'un rien d'émotion et de beaucoup de sincérité