Arte programme à 22h30 un documentaire inédit, "Djihad, au nom de l'amour".
Un film de Parvez Sharma.
Bravant leur peur, des musulmans du monde entier, hommes et femmes, évoquent avec franchise leur homosexualité.
"Les femmes et les hommes que Parvez Sharma a suivis sont tous de fervents musulmans. Ils sont aussi homosexuels. Qu'ils vivent en Afrique du Sud, en Égypte, en Iran, en Inde, en Turquie ou en
France, leur inclination n'est pas acceptée par la communauté musulmane et constitue bien souvent un dilemme pour eux-mêmes. Car les enseignements tirés du Coran et des hadith (paroles du prophète
Mahomet) réprouvent sévèrement l'homosexualité. Dans certains pays, elle est considérée comme un crime, les châtiments encourus pouvant aller jusqu'à la mort par lapidation. Ainsi, Mazen, un jeune
Égyptien, a été arrêté puis emprisonné pendant trois ans. Au cours de sa détention, il a été battu et violé.
Devant la caméra de Parvez Sharma s'exprime aussi la lutte intérieure douloureuse que livrent ces femmes et ces hommes. Ici, djihad ne signifie pas "guerre sainte", mais "combat". Comment concilier
une foi inébranlable et un trait de leur identité qu'ils n'ont pas choisi ? Chacun des protagonistes est taraudé par le doute. Dieu m'a-t-il fait(e) ainsi ? Dois-je rejeter le
péché ? Certains, comme Maryam, sont écrasés par la culpabilité. D'autres, comme Muhsin Hendricks, imam en Afrique du Sud, repensent le rapport aux textes et à la religion, pour montrer
qu'islam et homosexualité ne sont pas nécessairement incompatibles.
Si l'histoire de chacun est différente, l'amour revient pourtant comme un leitmotiv jusqu'au dernier de ces courageux témoignages. Lui-même musulman et homosexuel, le réalisateur indien Parvez
Sharma avait un double objectif en bravant les interdits pour réaliser ce film : ouvrir le dialogue entre musulmans sur une minorité mise au ban de la "communauté des croyants" et briser
les idées reçues du monde occidental sur la rigidité de l'islam".