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Publié par Romain 24/11 13h28

 

 

 

 

D'anciens membres, producteurs, scénaristes, de la commission Copé sur l'audiovisuel public se sentent trahis et le font savoir...

 

 

 

Moins de moyens, moins de modernité, moins d¹indépendance.
A la veille de la discussion au Parlement de la loi sur l'audiovisuel, nous
sommes obligés de dire notre révolte.
Le détricotage des propositions de la Commission Copé, auquel se sont livrés
les hommes politiques de la majorité ces dernières semaines, rend vains tous
les efforts que nous avons déployés pendant 6 mois pour faire de France
Télévisions un grand groupe de l'audiovisuel européen.
Comment ne pas ressentir un sentiment de trahison, alors que l'on n'avait de
cesse de nous assurer que ce que nous recommandions serait pris en compte ?

 

 

 

Moins de moyens d'abord.
Même si nous trouvions malsain que le financement du service public dépende
en partie de la bonne santé de ses concurrents du privé, (une franche
augmentation de la redevance avait notre préférence), nous avions fini par
accepter le principe et le niveau des taxations sur l'effet d'aubaine de la
publicité des télévisions commerciales et sur les fournisseurs d'accès en
plein développement.
Ces niveaux de taxation vont être globalement réduits si l'on en croit les
déclarations de certains parlementaires de l¹UMP.
Le manque à gagner pour France Télévisions est évident.
Si la loi de Finance 2009 garantit le versement par l'Etat, d'une somme qui
permette dans tous les cas de figure de doter France Télévisions des 450
millions prévus, qu'en sera-t-il à partir de 2010 ?
Aucune pérennité de financement de l'Audiovisuel Public n'est assuré :
comment réaliser alors les ambitions que nous nourrissions pour France
Télévisions ?

 

 

 

Moins de Modernité donc : les 450 millions couvrent la disparition de la
publicité après 20h.
En aucun cas, cette somme peut financer les émissions nouvelles qui
remplaceront les espaces publicitaires et le développement : le passage au
média global, tournant nécessaire si l¹on veut faire de France Télévisions
un média en phase avec le numérique, qui révolutionne la production, la
distribution, la diffusion et la consommation des images. Sans argent, cette
transformation sera difficile, conflictuelle, mal comprise par les
personnels.
Il s'agissait d'enthousiasmer l'entreprise avec l'aventure du numérique, le
peu de crédit et l¹incompréhension de ce qu¹est cette révolution par une
partie du monde politique, qui joue par ailleurs aux directeurs de
programmes, risque de rendre ce projet contre-productif : Un exemple :
conserver au sein de chaque chaîne des unités de programme n'a aucun sens
dans le média global !

 

 

 

Moins d'indépendance :  Enfin, dès la remise du rapport de la commission,
nous avions compris que nous serions loin en France, de l'Indépendance dont
jouit la direction de la BBC. Nous l'avons fait savoir.
On nous rétorque aujourd'hui que le limogeage du PDG ne pourra se faire que
par un décret motivé, tant de l'exécutif que du CSA et qu'une majorité des
3/5 du Parlement peut s'y opposer.
Dans la période actuelle monocolore (Exécutif bien sûr, Parlement et CSA),
cela n'a pas grande valeur.
Même s'il est nommé pour 5 ans, le Président de France Télévisions devra
attendre chaque année la loi de finance pour connaître les moyens dont il
disposera.
Bonjour l'indépendance financière! la Commission Copé réclamait un
financement pérenne.

 

 

 

Bref, on s'achemine ­ à moins de changements importants lors des débats,
vers un audiovisuel public fragilisé, avec une structure bancale, un
financement aléatoire. Ce groupe de télévisions, indispensable à la bonne
marche de la cité, va être amputé. Il va devoir vivre avec des béquilles.

 

 

 

Premiers signataires : , Hervé Chabalier, Catherine Clément, Sophie
Deschamps, Marin Karmitz, Marie Masmonteil, Martin Rogard, Jacques
Santamaria, et Nicolas Traube
.

 

 

 

 

Commenter cet article

Flo 24/11/2008 13:36

Vous avez dit "Cocus" ?