9 Décembre 2008
France 2 propose ce mardi à 20h50 un téléfilm français inédit, "Le voyage de la veuve".
1917, à Furnes en Belgique, Emiel Ferfaille, 26 ans, assassine froidement sa compagne Rachel Rijckewaert. Un crime
passionnel sinistre, odieux et — circonstance aggravante — prémédité qui vaut au jeune maréchal des logis une condamnation à la peine capitale. Même si depuis 1863 la peine de mort n’est plus
appliquée, le roi Albert 1er ne peut décemment pas gracier ce nouveau condamné. En pleine guerre, alors que des milliers d’hommes périssent dans les tranchées, la grâce royale aurait paru
inacceptable aux yeux de l’opinion. Elle aurait doublement protégé Ferfaille, le privant de son châtiment d’une part et le mettant à l’abri du front d’autre part. Inadmissible. Le roi doit faire
un exemple.
Seul problème : la loi impose que pour les crimes de droit commun la peine soit effectuée par décapitation et il n’y a ni guillotine en état d’usage ni bourreau compétent en Belgique. La “veuve”
sera alors acheminée depuis la France, sur ordre de Clemenceau qui était pourtant abolitionniste, à travers le pays en guerre, sous la responsabilité du célèbre bourreau Deibler et sous la
protection d’une petite escorte.
Entre 1914 et 1918, la cour militaire belge a prononcé 219 condamnations à mort dont douze ont été exécutées : onze crimes de guerre passibles du peloton et un crime de droit commun, celui
d’Emiel Ferfaille. Son exécution dans la cour de la prison de Furnes, le 26 mars 1918, entrera dans l’histoire comme la dernière décapitation de Belgique. La peine de mort y sera définitivement
abolie en 1996.
Photo, Jean Michel Dupuis ; copyright France 2 / Jacques Morell.
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