Téléfilm inédit, réalisé par Yves Boisset, L'affaire Salengro sera proposé aux téléspectateurs de France 2 ce
mardi 14 avril à 20h35.
Avec : Bernard-Pierre Donnadieu (Roger Salengro), Daniel Mesguish (Léon Blum), Marie-Julie Parmentier (Amélie Deschamps), Jean-Claude Dreyfus (Henri Béraud), Maxime Leroux (Henri
Becquart), Philippe Magnan (Horace de Carbuccia), François Morel (Henri), Christian Brendel (Marx Dormoy), Alain Rimoux (Edouard Daladier), Philippe Laudenbach (Charles Maurras), Isabelle Sadoyan
(La mère de Salengro) et Laure Killing (Thérèse Blum).
Juin 1936. Le Front Populaire de Léon Blum fait face à des grèves très dures qui se multiplient dans toute la France et paralysent l'économie du pays. Un homme va réussir à remettre la France au
travail, seul et sans employer la force : Roger Salengro, ministre de l'Intérieur de Léon Blum et principal artisan des accords de Matignon. L'homme des congés payés, de la semaine de quarante
heures et des salaires minimaux pour les travailleurs.
Le patronat et la droite ne pardonneront jamais à Salengro ces acquis sociaux vraiment révolutionnaires pour l'époque. Ils montent contre lui une campagne de calomnies d'une extrême violence en
l'accusant du pire crime qu'on ait pu commettre en ces années-là : avoir déserté pendant la guerre de 14. C'est un mensonge avéré. Mais, calomniez, il en restera toujours quelque chose. Le nom de
Salengro en restera sali.
Selon Yves Boisset, interrogé par Cyrille Latour, " Etrangement, alors que de nombreuses rues portent son nom en France, il nous est presque totalement inconnu. J’ai fait l’expérience
d’interroger quelques personnes de mon entourage. “Salengro ? C’était un Résistant, non ?” Quelqu’un pensait même qu’il était… joueur de foot ! Je précise qu’il habitait à proximité d’un “Stade
Salengro”. C’est dire en tout cas combien l’ancien maire de Lille a été oublié, alors même que l’on vit sur les acquis de ses combats politiques. Les congés payés, la semaine de 40 heures et même
la Sécurité sociale (qu’il appelait la “santé pour tous”), c’est grâce à lui ! Et on n’imagine pas non plus à quel point il était populaire. Ses obsèques nationales, le 22 novembre 1936, ont
rassemblé plus d’un million de personnes. Du jamais vu pour un homme politique."
Le réalisateur s'est intéressé à cette affaire parce qu’elle montre que dans le milieu politique on peut abattre son adversaire avec des mots, aussi sûrement qu’avec des balles. "Ce
qui, par bien des aspects, rejoint d’autres cas plus récents, notamment l’affaire Pierre Bérégovoy. Les polémistes d’extrême droite Henri Béraud, Charles Maurras et Léon Daudet, qui sont à
l’origine de l’ignoble campagne de presse contre Roger Salengro, n’avaient certainement pas pu prévoir qu’ils allaient le pousser au suicide, mais ils voulaient clairement se débarrasser de lui.
Par ailleurs, au-delà de cette dimension politique et critique, j’ai trouvé l’histoire de Roger Salengro tout à fait bouleversante. Un innocent poursuivi par la calomnie, dont le monde, les
valeurs, les repères s’écroulent peu à peu… c’est un vrai mélodrame."
Crédit photo © France 2 - Gilles Scarella.
SOURCE FRANCE 2.