Daniel Prévost dans la peau de René Bousquet. Ce soir sur France 2.








Programmé en première fenêtre sur Arte, le téléfilm René Bousquet ou le grand arrangement est diffusé ce soir à 20h35 sur France 2. Face aux poids lourds Koh-Lanta Palau et NCIS.


Ce téléfilm est réalisé par Laurent Heynemann, sur un scénario de Pierre Beuchot et Antoine Desrosières.


Avec :

Daniel Prévost (René Bousquet),
Ludmila Mikaël (la femme),
Michel Aumont (je juge Moatty),
Macha Méril (Evelyne Baylet),
Philippe Magnan (Louis Bousquet),
Philippe Duclos (Jean-Paul Martin),
Dominique Guillo (Guy Bousquet),
Philippe Laudenbach (Jean Leguay),
Eric Desmaretz (François Cathala)
et Philippe Morier-Genoud (Jean Maxime-Robert).


Automne 1978, René Bousquet est accusé par un hebdomadaire d'être le principal organisateur de la rafle du Vel'd'Hiv'. Tout le monde semblait avoir oublié qu'en 1942, il était à la tête de la police de Vichy. Et voilà que le passé rattrape cet ancien haut fonctionnaire brillamment reconverti dans la finance. Commencent alors pour lui quinze années durant lesquelles il va devoir répondre aux accusations. Aidé par son frère avocat, et un réseau de relations politiques, René Bousquet se défend, avec la ferme conviction du devoir accompli, tandis qu'une femme, fille de déportée, vient avec insistance le confronter à son passé, à ses petits mensonges et à ses choix criminels


Daniel Prévost a accepté ce rôle car il a considéré que cet homme, grand commis de l’État, était un personnage important, dans le sens de l’Histoire de France, suffisamment complexe et caché, et c’est ce qui l’a attiré. "Rien n’est jamais ni blanc ni noir, comme le démontre bien le scénario. Une complexité sur laquelle le réalisateur Laurent Heynemann a produit un beau travail de réflexion, d’une grande rigueur, ce qui est bien entendu très porteur".


Pour aborder ce rôle, il a travaillé très simplement. "Si, à la lecture d’un scénario, on se sent capable d’interpréter un rôle, il faut alors mettre en branle ses capacités de comédien. Je n’ai pas eu besoin de m’inspirer d’images d’archives. Selon moi, cela ne sert à rien, puisqu’il s’agit d’abord de restituer un personnage, et de repartir du premier degré, au travers de l’histoire racontée. Personnellement, j’ai plongé dans ce personnage dont le scénario exposait les hésitations et les bringuebalements. À partir de là, je suis incapable de dire ce qu’il s’en dégage".


Le parcours de René Bousquet : Il devient préfet de la Marne, en 1940, après l’Armistice.
Cible des ultras de la Collaboration, il a la confiance de Pierre Laval qui le nomme Secrétaire général à la Police en 1942. Et sous prétexte de préserver l’autonomie de façade de la Police française, dont il réunit tous les services sous ses ordres, René Bousquet va conclure des "arrangements" avec le chef des SS en France, Karl Oberg qui se réjouit de sa précieuse collaboration. Le 2 juillet, il propose de livrer aux nazis les Juifs étrangers sur tout le territoire, y compris en zone libre, en échange de l’ajournement de l’arrestation des Juifs français. Approuvée par Laval le lendemain, son initiative prévoit, par souci d’efficacité, une rafle massive dans la région parisienne : celle du Vél’ d’Hiv’ les 16 et 17 juillet. Jugeant les résultats insuffisants, ce technocrate exhorte alors par télégramme les préfets - pour celle prévue le 26 août en zone sud - à suspendre les dérogations réglementaires qui épargnaient jusque-là certaines catégories de population dont les enfants. Sous son autorité, de mai 1942 à décembre 1943, plus de 40 000 Juifs sur les 75 000 déportés de France sont ainsi arrêtés.

Lors de son procès devant la Haute Cour de Justice en 1949, à l’heure de la Réconciliation nationale, la question juive n’est pourtant que brièvement évoquée. Acquitté, René Bousquet ne peut poursuivre sa carrière au service de l’État mais se reconvertit dans la finance et la presse, en entretenant de solides réseaux dans les coulisses du pouvoir. Par son ancien chef de cabinet sous Vichy, Jean-Paul Martin, il a rencontré François Mitterrand dont il soutient les campagnes successives. Devenu Président, celui-ci ne cessera de le voir qu’en 1986.

Ancien adjoint de René Bousquet, Jean Leguay fut inculpé en 1979 pour crime contre l’humanité. En 1989, la justice établira sa participation à des crimes contre l’humanité après sa mort, fait exceptionnel dans l’histoire judiciaire de France. En 1991, René Bousquet a été inculpé à son tour pour crimes contre l’humanité. Assassiné en 1993 par Christian Didier, un déséquilibré, René Bousquet, lui, ne sera jamais jugé.


Crédit photo © France 2 / Bernard Barbereau.



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Y
Une fois de plus, Prévost est remarquable. Dommage que le cinéma le boude.
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P
J'ai la nausée chaque fois que le nom des "navigateurs" du pétainisme est cité. Cela va du plus "prestigieux" récipendiaire de la francisque à tous ses feudataires.Chapeau à Daniel Prévost pour son interprétation brillantissime de Bousquet. Cet acteur hors du commun sait passer des rôles comiques aux plus subtils rôles dramatiques.On peut tout aussi bien l'imaginer dans la peau des personnages de Charles Mauras, de Léon Blum que de Paul Vaillant-Couturier. Pierre FabreSagelat
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M
Ce téléfilm est un chef-d'oeuvre. le jeu des acteur y est , du début à la fin, plus que parfait. Daniel Prevost y fait une interprétation pure et géniale.Il est vraiment rare de voir une telle création à la télé. Merci au réalisateur.
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