14 Février 2007

Invité d' En aparté sur Canal+ ce midi (enregisté hier apparemment), le fottballeur Lilian Thuram. L'entretien a porté essentiellement sur Nicolas Sarkozy.
En préambule, l'émission a rediffusé un extrait de "J'ai une question à vous poser" où le candidat de l'UMP était invité le 5 février sur TF1. Il y disait sa tristesse des déclarations de Thuram, "un homme de qualité". Nicolas Sarkozy y disait qu'il n'est pas très fair play pour un sportif d'aller raconter ce qu'il a cru entendre d'une conversation qu'ils ont eu. Et que la réalité des banlieues, il la connaît mieux que lui...
Pascale Clark revient sur la phrase qu'aurait prononcé le ministre de l'intérieur face à Thuram : "Ce sont les noirs et les Arabes qui créent les problèmes en banlieue". Une phrase que Sarkozy dément formellement avoir dit. Alors parole contre parole ?
"Bah écoutez, c'est évidemment parole contre parole. Nous étions deux mais je dois avouer aussi que je ne suis pas sourd et généralement je comprend très bien le Français" réplique le footballeur.
"Qu'est-ce que j'aurais interêt à raconter ces bêtises ? Je pense qu'il ne s'est pas rendu compte à quel point c'est blessant ce qu'il a dit(...) c'est même humiliant.C'est à dire que quelque part, il vous insulte, vous êtes devant lui et il vous dit que c'est les Arabes et les Noirs. Non monsieur, ce n'est pas les Noirs et les Arabes (...) On a toujours l'impression que les Noirs et les Arabes, c'est un groupe homogène et que si un noir fait quelque chose, ça confirme la règle. Un Noir fait une bêtise, les Noirs ne sont pas bons. C'est comme si on disait qu'un Blanc faisait quelque chose, donc les Blancs sont mauvais.(...) Malheureusement, trop de gens pensent comme ça. Mr Sarkozy, qui veut être Président de la République, ne peut pas penser comme ça".
Lilian Thuram a expliqué qu'après les émeutes en banlieues, il était venu dire au ministre de l'Intérieur que les mots prononcés pouvaient réveiller le racisme latent chez les gens (...) Il s'est senti blessé, selon lui, quand il lui a dit que les plus gros bandits étaient peut-être à Neuilly, et lui a répondu cette phrase.
Cette confrontation, et cette phrase qu'aurait dit Sarkozy, Thuram dit à Pascale Clark l'avoir souvent dit à des journalistes. "Qui n'ont peut-être pas saisi l'occasion de l'écrire". Il l'a dit notamment dans l'émission de Marine Jacquemin sur France 5. La première émission qui n'a pas fait de coupes selon lui.
"Vous voulez dire que vous l'avez déjà dit et que ça a été coupé ?" demande Pascale Clark. Complètement, répond Thuram. Sciemment ? Il ne sait pas...
Au sujet de la pique lancée par Nicolas Sarkozy, lors de l'émission de TF1 - le côté joueur de foot richissime, dans sa bulle, coupé des réalités - Lilian Thuram estime que c'est un discours pour atteindre les téléspectateurs. Et précise qu'il connaît la réalité, a vécu certaines réalités et ne vit pas dans sa bulle. "Ce qui me dérange, c'est qu'en face de l'injustice sociale, on parle de sécurité. C'est ça qui est tragique. La plus grande sécurité, ça serait de emttr eun terme à l'injustice qui existe".
Pour conclure, il précise qu'il ne soutient pas Ségolène Royal. Il ne fait pas de politique, veut juste discuter sur le fait que la société française peut aller à une certaine confrontation (le regard qu'on pose sur les autres).
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