Etant d'humeur particulièrement critique, et pour le dernier épisode de la saison, j'ai décidé de vous parler aujourd'hui de mon année télévisuelle. Et pour l'occasion, une fois n'est pas coutume, avec une chronique en deux parties. Une année qui aura donc été à priori comme les autres, et qui, sans révolutionner les genres, aura réservé de bonnes surprises mais aussi de grosses déceptions. Et quoi de mieux, pour commencer une chronique critique, que de parler de la nouvelle saison de 24, sans spoilers, ne vous inquiétez pas !
Et j'aimerais donc adresser un coup de gueule aux scénaristes du show. Chaque année, c'est le même refrain, on reprend les survivants de la saison passée et on recommence. Et chaque année, on est reparti pour le coup de la taupe, le coup du complot, le coup du va-t-on arriver juste à temps pour empêcher la catastrophe... avec évidemment toujours autant de réalisme, marque de fabrique de la série, c'est bien connu. Et pour apporter tout de même un peu de vent frais à notre bonne vieille série, on nous sort chaque saison un casting flambant neuf auquel on ne parvient plus à s'attacher dans la mesure où on sait pertinemment qu'ils finiront par mourir au mieux à la fin de la saison pour les plus chanceux, au pire la semaine suivante. Résultat, aujourd'hui, on se retrouve avec Peter McNicol en tête casting. Vous vous rappelez certainement de lui, il jouait John Cage dans Ally McBeal, l'avocat qui du sifflait du nez. C'est vous dire le supplice.
Alors du coup, les méchants ils sont pas contents de voir John "Pause Caca" Cage au générique de la série... alors ils se vengent sur notre pauvre ami Jack Bauer qui subit encore et toujours les pires traumatismes et sévices en tous genres, et cette année autant dire qu'on bat tous les records (Buffy, si tu noous lis .. Les amateurs de la saison 6 me comprendront !). Alors foutez-lui la paix une bonne fois pour toutes à Jack ! Allez, c'est décidé, l'année prochaine, on intègre Kiefer Sutherland au casting des réfugiés has-been d'Hollywood de Brothers & Sisters sur ABC. Là au-moins , à part un problème avec la cuisson de la dinde, il sera pas emmerdé Jacky ! Euh..
Enfin... Vous êtes sur ? Oui, parce que aussi inexplicable que cela puisse paraître, 24, ça fait 6 ans que ça dure, c'est peut être très mauvais mais à la fois tellement bon...
Il n'en reste pas moins que 24, malgré une saison 6 somme toute efficace est loin d'avoir été mon coup de coeur cette année. Non, mon coup de coeur, ma grande favorite pour la deuxième saison consécutive, dont chaque épisode est un véritable bonheur à l'état pur, c'est l'injustement méconnue "Boston Legal" (Boston Justice en français) avec les inénarrables James Spader et William Shatner. Imaginez donc un avocat septuagénaire, profondément catho-républicain, obsédé, narcissique et pro-armes qui fait la connaissance sur un site de rencontres et tombe amoureux d'une naine, avocate hargneuse, juive et féministe, de 30 ans sa cadette, qui pourrait en réalité être sa fille. Non, ce n'est pas une parodie de Melrose Place mais bien l'une des meilleures séries du moment, à la fois atypique et brillante, déjantée et engagée, servie par un casting de luxe et écrite par le génial créateur d'Ally McBeal et The Practice. Imaginez un mélange de procès majestueux, de drama sérieux, d'humour potache et élégant mais toujours hilarant et vous obtiendrez la dramédie de l'année.
Et puis rappelons que Boston Legal est tout de même la série la plus regardée par les 18-49 ans vivant dans des foyers gagnant plus de 100.000 dollars par an ! Oui, je vous jure que c'est vrai, ça ne s'invente pas, on a aux Etats-Unis des audiences très précises ! Las Vegas est ainsi la série fétiche des hommes illettrés entre 30 et 35 ans ayant un QI inférieur à celui d'une huitre.
Trêve de plaisanterie, Boston Legal reste donc un petit bijou de série aux antipodes des oubliées de Desperate Housewives qui ne font plus rire personne tant la saison 3, qui avait pourtant si bien commencée, a viré au ratage complet. Des intrigues insipides, répétitives, inintéressantes au possible, des personnages qui n'évoluent plus, voilà comment résumer la deuxième partie de la saison 3 des Desperate. Si ce n'était pour le casting, ou plutôt leur doublure avec celle de Bree qui ressemble plus à Martha Stewart qu'à Marcia Cross, mais enfin passons, ça fait longtemps que j'aurais abandonné la série !
Dans ce vaste malheur, heureusement qu'il nous reste Lost. Oui, heureusement car l'avantage avec Lost est que l'on a compris depuis bien longtemps que c'est une mauvaise série. Et l'Amérique semble enfin s'en rendre compte aujourd'hui puisque plus personne ne regarde. Bon oui, je le reconnais, j'exagère mais je vous avais prévenu que j'étais d'humeur critique aujourd'hui ! Mais, comme vous le savez peut-être, Lost est actuellement victime d'une érosion d'audience assez inquiétante aux Etats-Unis, même si son score sur sa cible privilégiée reste au-delà des espérances. Alors évidemment, les fans cherchent à trouver 1001 excuses à cette baisse d'intérêt : la série a changé de case, elle est face aux Experts : Manhattan, on ne voit pas assez Evangeline Lilly en bikini...
Mais soyons franc, la vraie raison est que plus personne ne comprend rien à rien ! Et oui, JJ Abrams est un éternel incompris, il suffit de regarder Alias pour le comprendre. A force de multiplier les mystères bien trop évasifs, les intrigues pseudos-spirituelles inutiles, le soufflé finit par retomber aussi vite qu'il est monté. On a finalement l'impression que les scénaristes eux-mêmes n'ont aucune idée de ce qu'ils font et ce n'est pas la déclaration d'un ex d'entre eux l'année dernière qui nous dira le contraire... On va finir par croire que la trame principale tient en fait sur un carreau de papier toilettes et que les scénaristes tentent désespérément de combler le vide en improvisant une poignée de mystères rajoutés pour faire durer la série tant bien que mal. Ah bon c'est déjà ça ? Non je ne me permettrais pas ... Enfin toujours est-il que les scénaristes ont annoncé que la résolution du cliffangher du final de l'année dernière, qui nous a tenu en
haleine tout l'été, ne serait pas évoqué avant ... Le final de cette année !
Mais enfin, de qui se moque-t-on ? Si cela ne prouve pas que les scénaristes comblent les intrigues ça, alors je me fais curé au Mali. Sans compter que côté "Réunion d'ados geek boutonneux qui se réunissent pour élaborer tout plein de théories dont tout le monde se fout", Heroes a largement pris le dessus sur les mystères de Lost. On l'a donc vu, Lost a sans aucun doute beaucoup de défauts. Mais après, personne n'est parfait. Donc, je n'ai pas honte de continuer à adorer Lost, non, non, je n'ai pas honte, enfin presque ...
Plus sérieusement, ma honte se situe véritablement ailleurs. Et pour cela, il faut que je vous fasse un terrible aveu. Après des semaines de résistance, j'ai fini par replonger. J'ai essayé de lutter dans un premier temps puis j'ai repensé à une citation d'Oscar Wilde qui disait que la meilleure façon de résister à une tentation était d'y céder. C'est là que j'ai regardé un nouvel épisode de Dirt, la série de Courtney Cox Arquette sur les dessous de la presse à scandale. Puis un deuxième. Et puis finalement toute la saison ! Pourtant les réunions des fans de Courtney Cox anonymes se déroulaient bien. J'avais, tant bien que mal, appris à m'exclamer "Bien !" devant les photos du casting de Friends et "Pas Bien !" devant les photos de famille de l'affreuse tribu Arquette. Entre la pouf de Médium, l'has-been dont plus personne ne parle, l'acteur raté dont le principal rôle aura été celui d'un looser dans Scream et le travesti, je vous raconte même pas les repas de famille chez la famille Arquette. Ca doit pas être triste ! Enfin toujours est-il que Dirt a certainement tous les défauts du monde, c'est cliché, glauque, malsain, parfois même creux ou maladroit mais quand bien même, on finit par se prendre au jeu de l'impitoyable Lucy Spiller et chaque épisode est une véritable jubilation de savoir comment elle va finir par arriver à ses fins. Oui, car si vous aimez le trash, oubliez le cabinet Troy / McNamara, et regardez Dirt ! Parties de jambes à l'air à deux, à trois, entre hommes ou femmes, seuls ou avec des objets, il y en a pour tous les gouts ! Et si vous êtes d'eternels insatisfaits, une pincée d'inceste, et de schizophrénie, un zeste de psychopathes et de têtes coupées, et en bonus track des acteurs vomissant des vers devraient amplement vous contenter... Vous l'aurez compris, Dirt ne fait pas dans la dentelle.
Mais qu'importe, une série qui réalise vos plus grands fantasmes ne peut pas être foncièrement mauvaise. Et ce n'est pas Matthew Perry qui me dira le contraire puisque ce fut également celui de son personnage pendant 10 ans de Friends. Oui, on l'a tous rêvé, Dirt l'a fait : le fameux baiser entre Jennifer Aniston et Courtney Cox. Alors évidemment, histoire de créer le buzz, la production avait pris soin de nous annoncer l'information des mois à l'avance et on a donc eu le temps de s'imaginer la scène. Je rêvais donc d'une scène torride où les deux actrices découvriraient peu à peu les plaisirs de la chair avant de s'adonner à une folle nuit d'amour qui n'aurait rien à envier aux plus grands chefs-d'oeuvre de Clara Morgane. Vous vous en doutez, on n'a pas eu droit à cela mais à un simple smack de quatrième zone que même les plus fervents admirateurs de 7 à la maison auraient trouvé pudique. Mais bon, ne soyons pas trop exigeants ! Plus sérieusement, Dirt, parti d'un pilote guère prometteur aura donc réussi la performance de faire doucement monter la sauce (sans mauvais jeux de mots) durant toute la saison avant de livrer deux excellents derniers épisodes, tout en suspens et en tension, toujours emmené par la parfaite Courtney Cox. Une série que je vous encourage donc à découvrir, peut-être même en attendant la suite de la chronique la semaine prochaine sur le blog. Et pour reprendre l'inusable gimmick de tout bon soap qui se respecte : To be continued...
Cole.