Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

A découvrir sur France 2 : La gueule de l'emploi (Inédit).

 

LA_GUEULE_DE_L_EMPLO_preview.jpg 

 

Un film documentaire inédit de 90 minutes de Didier Cros à voir ce jeudi 6 octobre vers 23 heures sur France 2 : La gueule de l'emploi.

 

L’entretien d'embauche est une véritable épreuve dont on ne sort jamais indemne, à la fois évaluation de compétences et entreprise de déstabilisation. Certes, les règles du jeu sont connues de tous. Mais, que sous entendent-elles ? Que cherche t-on au juste en voulant savoir si vous êtes dynamique et enthousiaste ? Le candidat idéal sans doute, mais tout aussi sûrement votre capacité à vous soumettre librement. Lors d’un entretien d’embauche, les questions ne sont jamais hasardeuses et les réponses sont toujours formatées. Bien que toute spontanéité soit exclue, le recruteur comme le candidat se dépensent sans compter pour mimer le naturel. L’un tend des pièges et l’autre s’efforce de les éviter.

 

Au cœur d’un processus de recrutement et des tests qui l’accompagne, La Gueule de l'emploi porte un regard sur ce jeu implacable du chat et de la souris.

 

Par Cyrille Latour, pour France 2 :

 

Avoir la "gueule de l’emploi", c’est d’abord accepter de se conformer à la volonté de ses recruteurs. En filmant froidement une séance de recrutement collectif pour une grande compagnie d’assurances, Didier Cros révèle ce redoutable théâtre de l’absurde qu’est devenu le monde du travail.

 

Sur un air de tango, dont la légèreté apparaît d’emblée trompeuse, le générique de La Gueule de l’emploi égrène les images d’un rituel minutieux. Un homme se rase, ajuste sa cravate. Une femme se maquille, boutonne son chemisier. Ils se rendent au travail. Chacun enfile en fait un costume, chacun rentre dans un rôle, comme un camouflage pour affronter le monde de l’entreprise. Ça doit être ça, avoir la "gueule de l’emploi".

Filmés en gros plan, ces préparatifs ont quelque chose de froid et d’inquiétant. Ils annoncent de fait l’étrange et cruel huis clos qui va suivre. En filmant, deux jours durant, une séance de recrutement collectif pour une grande compagnie d’assurances, Didier Cros révèle en effet le redoutable théâtre de l’absurde qu’est devenu aujourd’hui le monde du travail. "Nous n’avons pas vu vos CV, annonce d’emblée le responsable de la session aux dix candidats réunis face à leurs potentiels employeurs. Nous ne savons pas ce que vous avez fait auparavant. […] On va vous mettre en situation, observer un certain nombre de comportements qui nous permettront de remonter à vos compétences." A l’inverse, aucun des candidats ne sait précisément à quoi il vient postuler. Chacun s’est contenté de répondre à une annonce sibylline mentionnant un poste de cadre commercial. Aberrant ?

"En réalité, explique Didier Cros dans sa note d’intention, les recruteurs ne privilégient plus un savoir-faire, mais surtout un savoir-être. Ce que l’on attend de vous, c’est votre capacité à faire ce que l’on vous dit de faire dans le contexte particulier de l’entreprise à laquelle vous appartenez. […] Le cœur du propos de ce film, c’est que l’individu n’est plus considéré comme tel, mais comme un rouage destiné à alimenter un système et une productivité."

Centré sur le cas particulier de ce recrutement, le documentaire donne sa pleine dimension à cette analyse. Travailler, décrocher un emploi, n’est plus affaire de compétence, mais de personnalité, autrement dit d’adaptabilité, de conformité, de docilité voire de servilité.

 

Pour les dix postulants, tout se joue au cours d’une série d’exercices pratiques et de jeux de rôles psychologiques à la limite de la perversion où chacun doit écraser l’autre pour mieux espérer être distingué. Premier test : "vendre" la candidature de son voisin. Second test : persuader un acheteur fictif de commander une collection de… trombones de couleurs. Et ainsi de suite.

Combats d’ego, lynchages en règle et humiliations successives : entre les épreuves, chacun est naturellement invité à commenter le plus vertement possible la prestation de l’autre. Et quand, au terme de la première journée, sept d’entre eux sont éliminés, ils doivent justifier eux-mêmes pourquoi ils n’ont, à leur sens, pas convaincus les recruteurs. La salle de réunion est transformée en arène de cirque. Des hommes en costard et des femmes en tailleur s’y affrontent, rivalisent de coups bas ou perdent leurs moyens et finissent par jeter l’éponge (commentaire cinglant d’un recruteur : "C’est étonnant de voir ces gens qui n’ont pas vraiment envie de travailler").

Avec un sens précis de l’observation, plongeant le téléspectateur au cœur de l’instant, Didier Cros dévoile cet impitoyable processus d’élimination froidement, sans le moindre commentaire, si ce n’est celui des candidats qui, six mois plus tard, reviennent face caméra sur leur expérience.

Avec beaucoup de recul, tous racontent la fragilité de leur position de chômeur, le conditionnement, l’humiliation et le stress propres à la séance de recrutement, ainsi que l’amertume ou la colère dans laquelle elle les a plongés. "Qu’est-ce qu’il faut faire aujourd’hui pour arriver à trouver un emploi ? Jusqu’où peut-on aller ?", s’interroge Gérard, la cinquantaine, avant d’ajouter, las : "On se soumet soi-même. Ils n’ont même plus besoin de nous forcer." "On vit dans un monde de désenchantés et on n’a pas envie de se le dire…", conclut quant à elle Julie, la trentaine, une des rares à avoir été retenue au cours de cette session-là… du moins le temps d’une courte période d’essai.

 

Documentaire. D'après Didier Cros. Réalisé par Didier Cros. Produit par Félicie Roblin et Zadig productions. Avec la participation de Le Forum des Images et France Télévisions.

 

RETOUR PAGE D'ACCUEIL.

LES 40 DERNIERS ARTICLES EN LIGNE

Related Posts with Thumbnails 

Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
À propos
leblogtvnews.com

Actu des médias par 2 passionnés, amateurs. Et tweets perso.
Voir le profil de leblogtvnews.com sur le portail Overblog

Commenter cet article
L
<br /> <br /> Très amusants les recruteurs du GAN, on serait tenté de dire qu'il n'y en a pas un pour rattraper l'autre, entre une blonde inexistante, un petit roquet qui ne ferait pas peur à un caniche, et<br /> cerise sur le gâteau, le recruteur de type africain qui se prend pour un américain. Merci à eux, ils m'ont rappelé les meilleurs moments de BENNY HILL !<br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
G
<br /> <br /> Comment vous arrive-t-il de détourner le sens de "personnalité" en écrivant "autrement dit ... servilité"? Et tout ça en lettres grasses! C'est tout le contraire<br /> de toutes les définitions qu'en donne le "Petit Robert".<br /> <br /> <br /> <br />
Répondre