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Publié par Pascal 04/12 15h37








La chaîne Arte diffuse ce vendredi 4 décembre à 20h35 la fiction inédite Grands reporters. Un 90 minutes réalisé par Gilles DE MAISTRE. Deux journalistes dans le Tchad en guerre. Fiction tournée en situation réelle.


Prix spécial du jury au Festival de la fiction de La Rochelle.


Le Tchad… De ces pays où personne ne va. Pas de touristes, pas de naïfs. Quelques expatriés, jésuites, humanitaires, commerçants, barbouzes. Et aussi, quand le temps s’y prête, des grands reporters.


Claire est journaliste politique en France depuis dix ans. Elle rêve de « vrai journalisme », de grands reportages, de missions de terrain. À trente ans, elle franchit le pas et s’embarque pour le Tchad. Pierre exerce ce métier depuis toujours. Son travail est connu internationalement. Il connaît l’Afrique et le Tchad, il aime ces climats chaotiques, il est reporter par vocation. Pierre et Claire n’ont pas la même vision du monde, ni de leur métier. Elle veut provoquer les événements alors que lui vient les observer. Deux méthodes opposées, deux solitudes, dans un pays de guerre et de famine, secoué par l’exode des peuples massacrés du Darfour. À travers le destin d’un enfant qui les accompagne, ils vont mesurer leur impuissance. Mesurer la difficulté de donner du sens à ce qu’ils vivent, à ce qu’ils disent. Ce film est un voyage dans la vie quotidienne de ces volontaires pour l’exil : les grands reporters.


Dans le rôle de Pierre et Claire, Bruno WOLKOWITCH et Toinette LAQUIÈRE.


Christophe GRAIZON
, ancien journaliste, a coécrit le scénario. "Avec Gilles de Maistre, grand reporter comme je l’ai été, nous trouvions intéressant de montrer ce métier de l’intérieur, la prise de risques qu’il implique parfois, et surtout la solitude qui lui est inhérente. Car, sur le terrain, on rencontre des personnes et des populations dont on ne partage pas la vie. Et, au retour, on a du mal à raconter ces expériences, chargées en adrénaline, à des proches restés sédentaires. C’est un peu un exil des deux côtés. Les deux personnages du film l’assument : lui est relativement misanthrope, quand elle, débutante et plus moderne, voit dans ce contexte un terrain de jeu pour le storytelling. À travers eux, nous voulions opposer deux visions du journalisme, l’une plus objective et étayée, et l’autre émotionnelle. Il s’agissait aussi, par le biais de la fiction, d’entrer dans la logique et la vie quotidienne d’un pays parmi les plus pauvres du monde, le Tchad, pour témoigner de réalités comme la famine que les gens n’ont plus envie de voir".


A la question qu’apporte ce type de fiction documentaire, tournée en situation réelle, Christophe Graizon répond que c’est une première tentative, mais il croit que cette écriture apporte une vraie fraîcheur pour capter le public et le toucher. "Gilles de Maistre a créé une fusion entre ce qui est de l’ordre du reportage et de l’ordre de la fiction, avec cette sensation que les acteurs improvisent un peu. Finalement, on entre dans quelque chose d’assez léger qu’on a toujours l’impression de surprendre. Et, au regard de la réalité là-bas, très pesante, il me semble que le film ne l’est pas. Les docu-fictions présentent cependant toujours une part de risques, car on marche sur un fil : dans ce décor réel, jusqu’où filmer la douleur des gens sans voyeurisme ? Un long débat éthique que nous avons eu. Si Gilles de Maistre a filmé sur place des enfants souffrant de malnutrition, c’est parce qu’il y en a".


Crédit photo © Olivier Lambert.



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