A voir : le documentaire inédit La mort est dans le pré.

 

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"Quand on découvrira toute la vérité sur les dangers des pesticides, ce sera un scandale pire que celui du sang contaminé. Je n’ai pas de raisons de me taire." L’agriculteur qui parle est atteint d’un cancer à 47 ans. C’est une victime des pesticides qu’il manipule tous les jours. Des centaines d’agriculteurs sont frappés. Victimes des produits phytosanitaires que l’on croyait "anodins". Ces élèves issus de l’école agricole intensive les utilisent depuis les années cinquante sur leurs exploitations jusqu’au jour où les maux de tête, la fatigue, les comas successifs les ont conduits à l’hôpital. Diagnostics : maladie de Parkinson, leucémie, cancers,… Ce qui ressemble à une épidémie apparaît au grand jour. 

 

Un documentaire inédit diffusé ce mardi 17 avril à 22h40 sur France 2 est une immersion auprès de ces agriculteurs atteints de maladies mortelles. Nous allons partager le destin de ces familles ébranlées, dans l’intimité de leur itinéraire médical, de leur combat pour être reconnu par la MSA, sur l’exploitation pour changer de pratiques, au tribunal aussi… Premières victimes de ce système agricole intensif, les agriculteurs en sont aussi les acteurs principaux. Remise en question de leurs pratiques, de leur héritage, du sens même donné à leur mission de "nourrir la planète", quand la maladie arrive, elle bouleverse un idéal solidement ancré. Malgré tout, la majorité d’entre eux continuent à utiliser ces produits qui les rongent à petit feu. Pourquoi ? D’autres organisent la résistance. Alerter les agriculteurs et les citoyens, entamer une procédure symbolique contre le géant des produits phytosanitaires, Monsanto : rien n’est perdu pour ces victimes qui entendent révolutionner leurs pratiques.

 

Un film écrit et réalisé par Eric Guéret. Ce dernier souligne les difficultés à faire un documentaire sur ce sujet. La difficulté est double, dit-il." Il y a d’une part un silence pesant, pour ne pas dire une pure et simple omerta, au sein même du milieu agricole. Par pudeur ou peut-être par fierté, on ne parle pas, dans ce monde-là, de ce qui ne va pas. On ne dit rien de ses difficultés, de ses fragilités, de ses faiblesses. Les agriculteurs sont les premiers à entretenir et maintenir le silence sur la question. Bien souvent, ils refusent de faire le lien entre les maladies dont ils sont victimes et les pesticides qu’ils utilisent depuis les années 1950. De fait, ils ne changent pas, ou très peu, leurs pratiques. Le système est tenu par les firmes, comme BASF ou Monsanto, qui mènent un intense lobbying pour que rien ne change et qui ont une grande influence auprès de la FNSEA, le syndicat majoritaire de l’agriculture.

La seconde difficulté tient au manque criant d’études scientifiques qui permettraient, en France, de davantage cerner ce fléau. Aux Etats-Unis, des enquêtes épidémiologiques précises ont pris la mesure des dangers. Elles ont prouvé par exemple que l’exposition aux pesticides tend à augmenter (entre 2 à 7 fois plus) le risque de développer certains cancers (de la peau et des lèvres, de la prostate…) ainsi que les maladies d’Alzheimer et de Parkinson (2,5 fois plus de risque). En France, seule une cinquantaine de cas a été officiellement répertoriée dans la catégorie “victimes des pesticides” et la Mutuelle sociale agricole (MSA) refuse la plupart des demandes des agriculteurs pour faire reconnaître leur maladie".

 

Eric Guéret dit avoir vu un métier en grande souffrance. Les agriculteurs sont piégés par le système que, paradoxalement, ils font vivre. "La modernisation de l’agriculture dans l’immédiat après-guerre a été un mouvement de grande ampleur qui a eu ses bons côtés. Il s’agissait tout de même de réussir à nourrir la population française ! L’utilisation de la chimie et la mécanisation des métiers ont apporté non seulement un gain de productivité considérable mais ont aussi contribué à faciliter la vie quotidienne des agriculteurs. Seulement, aujourd’hui, avec cinquante ans de recul, le constat est catastrophique. En deux générations, les paysans se sont retrouvés non seulement victimes des pesticides mais aussi totalement dépendants de leur utilisation. A force de lobbying, de manque d’informations sur les risques encourus et de silence, il paraît impossible d’envisager aujourd’hui un autre modèle que le modèle chimique.

En un demi-siècle, les paysans ont perdu le sens de leur métier : ils ont oublié les méthodes traditionnelles et vivent dans le surendettement, de telle sorte que l’abandon – extrêmement coûteux – du système chimique leur paraît impossible. Imaginez la souffrance que représente, pour des femmes et hommes aussi attachés à leur métier et à leur terre, de se dire qu’ils transmettent un héritage empoissonné à leurs enfants. C’est une idée absolument insupportable ! Au fond, la question des victimes des pesticides n’est que la partie visible d’un problème beaucoup plus vaste. Le système agricole actuel ne peut survivre. Il est coûteux, polluant et mortifère".

 

Crédit photo © Program.33 / Capture d'écran

 

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S
<br /> Prévu d'enregistrer.<br /> <br /> <br /> C'est pas sur TF1 que l'on verrait ce genre d'enquêtes !<br />
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B
<br /> Ah merci ça va m'intéresser :)<br />
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