A voir ce soir : le documentaire Les fils de la terre, d'Edouard Bergeon (suicide des agriculteurs).

 

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A voir ou à enregistrer ! Le documentaire Les Fils de la terre a reçu lors de la 25e édition du Festival international des programmes audiovisuels (FIPA) qui s’est déroulée du 23 au 29 janvier 2012, la "Mention spéciale" dans la catégorie "Documentaires de création". Réalisé par Edouard Bergeon, il est proposé ce 28 février à 22h50 sur France 2. Scénario de Edouard Bergeon et Luc Golfin. Coproduit par Sable Rouge et Magnéto Presse.

 

Chaque année, en France, entre 400 et 800 agriculteurs se donnent la mort dans le plus grand silence. De l’avis général - en l’absence de statistiques officielles précises -, c’est le taux de suicide le plus élevé de toutes les catégories socioprofessionnelles. Edouard Bergeon, jeune réalisateur, a décidé d’en faire un film poignant dédié à tous les fils de la terre et en particulier à son père, Christian Bergeon, décédé en 1999.

 

"29 mars 1999, 4h du matin. Christian, mon père, tombe sur mon lit en agonisant. Il vient d’ingérer des pesticides. Il ne se relèvera pas. Il avait 45 ans et était agriculteur. Jusqu’au bout, mon père s’est battu seul et dans l’indifférence générale pour tenter de conserver son exploitation. Accablé de dettes, menacé de dépôt de bilan, épuisé physiquement et moralement, il a fini par craquer, et s’est donné la mort.

Douze ans plus tard, je rencontre Sébastien, 38 ans. Il est éleveur dans le Lot. Dans les campagnes françaises, les années ont passé mais l’agriculture continue d’être en crise. Suite à la chute des prix du lait et de la viande, Sébastien est endetté à hauteur de 500 000 euros, et ne peut plus payer ni les banques, ni les fournisseurs. Il travaille à perte 15h par jour, sans jamais prendre de vacances. Son épouse Céline, enceinte de son 4e enfant, a du mal à vivre la situation. Sébastien doit en plus affronter le regard de son père, qui lui a cédé l’exploitation il y a une dizaine d‘années. Jean-Claude, 62 ans et officiellement à la retraite, continue d’aider Sébastien sur la ferme. La cohabitation est rude.

Durant plus d’un an, j’ai filmé le combat quotidien de Sébastien et de sa famille, leurs espoirs et leurs déceptions. A leur côté, j’ai vécu et filmé ces moments difficiles, si proches de ceux que les miens et moi avions enduré. De ce passé tragique, il ne reste que des souvenirs, une centaine de photos et des agendas. Ceux que remplissait ma mère pendant la dépression de mon père et dans lesquels elle raconte notre longue descente aux enfers. Peu à peu, je découvre à quel point l’histoire de Sébastien et celle de mon père se ressemblent. Et à quel point elles sont emblématiques de centaines d‘autres.

En France, le suicide des agriculteurs est un phénomène de plus en plus préoccupant. Entre 600 et 800 d’entre eux auraient mis fin à leurs jours en 2009. C’est de loin le taux de suicide le plus élevé de toutes les catégories socio-professionnelles. Chaque histoire est singulière, mais un constat plus général s’impose : au-delà des difficultés économiques, le monde rural n’est plus en phase avec la vie moderne. Horaires de travail très contraignants, pénibilité, solitude… Auxquels s’ajoutent pour certains ce poids du père, souvent lourd à porter pour le fils qui reprend l’exploitation familiale, et qui doit seul assumer l’échec. En bout de route, le drame paraît presque inéluctable, comme une fatalité".

 

Edouard Bergeon : "Peu de médias abordent le suicide des paysans, alors que c’est la première profession touchée en France ; c’est pour cela qu’après avoir vécu ce drame personnellement, j’ai souhaité y consacrer un film documentaire. A titre de comparaison, pour France Télécom, il y a eu vingt-trois suicidés en 2009 alors qu’on dénombre entre 400 et 800 agriculteurs suicidés la même année. Chaque vie est importante, mais il n’y a pas eu la même couverture médiatique. Venant d’un père et d’une mère agriculteurs, je suis le premier de la famille à avoir rompu la filiation agricole, et en tant que journaliste, - et aujourd’hui réalisateur -, je me suis dit que j’avais un formidable outil entre les mains.

Dès le début, le pari a été de suivre une seule famille. Y aller sur un an était très important pour moi, car j’ai eu le temps de m’immerger pour montrer les difficultés et les enjeux. Le temps qui passe est aussi accentué à travers les saisons et le temps juridique (puisque c’est une famille endettée et en procédure), qui est long. Suivre plusieurs familles serait revenu à faire ni plus ni moins un magazine classique d’investigation. Et puis il y a deux histoires : la leur, et aussi la mienne".

 

A propos du choix de la famille, Edouard Bergeon explique que c'était le plus gros du travail. Il voulait trouver une famille en proie à de lourdes difficultés financières (ce qui n’a pas été difficile tellement il y en a) et une famille dans le combat. "J’ai commencé à tourner quelques jours dans une famille dans la région de Nantes mais il y avait des réticences ; j’ai ensuite essayé avec une autre dans la Sarthe mais la ferme allait être vendue aux enchères et nous étions déjà trop loin dans l’histoire. Puis j’ai entendu parler de Sébastien, un agriculteur qui avait des idées noires, avec une des plus grosses fermes du canton de Figeac et qui avait déjà fait un séjour en hôpital psychiatrique. Cette famille - plus de 500 000 euros de dettes - passait au tribunal : c’était soit la liquidation de la ferme soit la poursuite de l’activité. Ils ont décidé de continuer. La première fois que j’ai vu Sébastien, il était en train de travailler et j’ai eu la sensation troublante de revoir mon père. Je l’ai regardé une minute et j’ai tout de suite su : " C’est lui, le même corps fatigué que mon père, le même regard noir. " J’ai par la suite rencontré Jean-Claude, son père, un homme avec une bonne poigne franche qui m’a donné le sentiment de quelqu’un qui ne me lâcherait pas quoiqu’il arrive. Je leur ai tout de suite dit ce qui m’amenait et ils ont vu que j’étais fils d’agriculteur car il y a des gestes et des attitudes qui ne trompent pas. Une relation plus directe et simple s’est créée".

 

Crédit photo © Edouard Bergeon - Capture d'écran.

 

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A
<br /> Ce reportage va peut être ouvrir les yeux à certains français. Comment se fait-il que le monde agricole soit laissé pour compte, comment se fait-il que les paysans galèrent à vouloir en crever ?<br /> ils sont censés nous nourrir, la terre nourricière, si on ne respecte plus les paysans, on est foutus.<br /> <br /> <br /> Par contre, les immigrés qui arrivent en France ont droit à la CMU, aide au logement et pleins d'allocs et même une retraite gratuite de 750 euros par mois et certains osent "niquer la France".<br /> En quoi ont-ils plus de droit que les agriculteurs qui travaillent je ne sais combien d'heures par jour, ils ne s'en sortent plus, et çà va bien à tout le monde. Moi, je dis STOP, j'ai toujours<br /> voté Marine car elle seule, le FN se préoccupe des français pas comme Sarkhollande...Ouvrez les yeux<br />
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S
<br /> Un doc à ne surtout pas manquer car il est poignant. Merci au blog pour l'info !<br />
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