A voir : Les nouveaux esclaves de la route, dans Envoyé spécial.

 

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Les nouveaux esclaves de la route. Un reportage de Pauline Liétar, Aurélien Chapalain, François Richard et Cédric Foure : à découvrir ce jeudi sur France 2 dans Envoyé spécial.

 

Le plombier polonais est peut-être resté un fantasme, mais le routier polonais, lui, sillonne déjà les routes françaises. Ils sont aujourd’hui des milliers de chauffeurs routiers low-cost à travailler en France : Turcs qui arrivent en France par avions charters alors que leurs camions remplis de marchandise sont débarqués par cargos ; mais aussi routiers polonais, tchèques et slovaques qui travaillent pour des grands groupes de transport français par le biais d’ingénieux jeux de filiales. Pour ces routiers, pas de restoroute ! Ils vivent sur le bord de la route ou les parkings. Les routiers français ne sont pas épargnés par cette concurrence bon marché, en moyenne trois fois moins chère ! Ils sont poussés à tricher sur leur temps de travail et à rouler plus dangereusement pour rester rentables. Une course au profit qui peut entraîner de vrais drames sur la route. Comme la mort d’un jeune automobiliste il y a quelques mois en Charente. Un département où tous les soirs, les gendarmes verbalisent des routiers étrangers, qui, épuisés, s’arrêtent pour passer illégalement la nuit sur la bande d’arrêt d’urgence.

 

Envoyé spécial, magazine de la rédaction de France 2, présenté et dirigé par Guilaine Chenu et Françoise Joly.

 

Crédit photo © Gilles Scarella - France 2.

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M
<br /> <br /> Monsieur le Président de la République,<br /> <br /> <br /> Monsieur le Préfet,<br /> <br /> <br /> Messieurs les représentants des Pouvoirs Publics,<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Je fais suite au reportage d’Envoyé Spécial diffusé sur France 2 le 03/02/2011 et qui avait pour sujet les routiers low cost qui<br /> sévissent en France.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Je suis écœurée de constater  que des grands groupes de transporteurs français sont les premiers acteurs de la destruction<br /> du pavillon français. Que ces derniers contournent avec brio les lois pour employer des chauffeurs de l’est sans impunité. Ecœurée d’entendre la complaisance du Président d’un des syndicats<br /> transporteurs les plus puissants envers ces pratiques déloyales. Ce dernier se justifie en indiquant que les transporteurs n’ont pas le choix et qu’ils sont obligés d’avoir recours à une main<br /> d’œuvre étrangère moins chère pour rester dans la course. Mais ce sont les grands groupes, côtés en bourse, qui ont les moyens de se payer des avocats pour élaborer des plans stratégiques de<br /> développement illégaux en utilisant les failles des lois françaises et européennes. Qu’en est il des PME, des petits artisans ?<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Nous sortons d’un plan de redressement de 10 ans. Statistiquement, c’est 8% à peine des entreprises en redressement qui arrivent<br /> à aller jusqu’au bout de leur plan. Il nous reste à payer encore sur 24 mois une dette étalée de 254 273.20€ au Pouvoir Public alors que nous peinons à équilibrer dans un marché où tout et<br /> n’importe quoi se pratique.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Depuis 1947, date de création de l’entreprise STRABERT par monsieur Charles STRABERT mon grand père, nous sommes restés<br /> indépendants malgré 80% de notre chiffre d’affaires effectué à l’international. Un personnel purement français ! Faisons l’Europe ! Mais où se trouve l’harmonisation européenne ???<br /> Lorsque nous effectuons un appel d’offres, en concurrence avec des transporteurs étrangers, nous sommes au minimum 20% plus cher que ces derniers !!! Est ce le fait que je ne maîtrise pas<br /> bien les charges de mon entreprise ?? Je devrai sans doute embaucher des polonais, des roumains pour baisser ces charges !! Quelle idiote, pourquoi je n’y pense pas ! je vire tous<br /> mes petits français et je vais chercher quelques malheureux étrangers qui seront bien contents d’être un peu mieux payés que dans leurs pays.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> J’ai des camions rouges comme ceux de mon très cher confrère NORBERT. Je changerai volontiers de couleur pour que la population<br /> ne fasse pas l’amalgame entre ma petite société et ce grand groupe.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Nous sommes un peu plus de 40 salariés, 80 à une époque mais l’honnêteté dans le travail ne paye pas, cela fait encore moins<br /> prospérer une entreprise. La mise en place du Contrat de Progrès dans les années 1990 a contribué à notre déchéance, car trop bête trop c.. nous l’avons appliqué à la lettre.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Alors que faisons nous maintenant ? J’ai utilisé toutes mes cartouches. L’entreprise qui retrouvait un certain équilibre<br /> avant la crise, avec un chiffre d’affaires moyen de 5 millions d’euros, se retrouve à nouveau dans le rouge. Après avoir fait un emprunt de 420 000€ grâce à la médiation du crédit, ma<br /> trésorerie s’assèche à nouveau, parce que non seulement il faut tenir face à la crise, face à la concurrence, face aux pratiques des gros, et parce que je dois encore remboursé ma dette vielle de<br /> 10 ans.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> C’est réellement un appel au secours, comme de nombreux autres appels de PME comme la mienne qui tentent de travailler dans<br /> une France à plusieurs vitesses. Et comme d’autres chefs d’entreprise avant moi, avec mes petits moyens, j’essaierai de me faire entendre à ceux qui voudront bien m’écouter. Pour que mes salariés<br /> soient fiers de moi, pour qu’ils continuent à travailler, pour que je continue à me regarder dans une glace sans rougir.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> J’ose espérer être entendu ;<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Recevez Monsieur le Président, Monsieur le Préfet, messieurs les représentants des pouvoirs Publics, mes sincères<br /> salutations.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Sophie MONTCHARMONT<br /> <br /> <br /> PDG des Transports STRABERT SA<br /> <br /> <br /> 71370 Ouroux sur Saône<br /> <br /> <br /> <br />
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