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Publié par François 04/02 11h50

 

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Quels rapports les présidents de la Ve République entretiennent-ils avec l'armée ? De Charles de Gaulle à Nicolas Sarkozy, en passant par Georges Pompidou, Valéry Giscard d’Estaing, François Mitterrand ou Jacques Chirac, ce sont cinquante ans de relations entre le politique et le militaire qui sont passés en revue dans un documentaire en deux parties. Inédit. Première partie le jeudi 3 mars à 20h40 sur Planète, seconde partie le même soir à 21h40. Un demi-siècle qui montre la mainmise progressive du premier sur le second.

 

Avant de réaliser A VOS ORDRES M. LE PRÉSIDENT !, l'auteur-réalisateur Bertrand Delais a signé plusieurs documentaires, dont POUVOIR ET TÉLÉVISION (3 x 52 min, en collaboration avec Stéphanie Malphettes, film sélectionné au FIPA 2006), LE JOUR OU LA FRANCE A DIT NON (52 min, film sélectionné pour les Étoiles de la SCAM), BONNES VACANCES, MONSIEUR LE PRÉSIDENT ! (52 min, film sélectionné au Fipatel 2009) et LES RAISONS DE LA COLÈRE (52 min, film sélectionné au FIPA 2007).

 

Partie 1 :

Les conditions mêmes de la naissance de la Ve République sont ambiguës. Un "coup d’État" met en 1958 un général à la retraite, héros militaire, à la tête de l’État. Le général de Gaulle y restera jusqu'en 1969. Pour les opposants, il y aura une suspicion permanente. Le 13 février 1960 a lieu la première explosion nucléaire française à Reggane, en Algérie. Cette démonstration montre la farouche volonté d’indépendance du Général, qui se prolongera, en 1966, avec le retrait du commandement militaire intégré de l’OTAN. Charles de Gaulle plaide également l’autodétermination pour l’Algérie. Le putsch des Généraux du 23 avril 1961 arrive en réaction à ce qui est considéré comme une politique d'abandon de l'Algérie française. Mais comment les accords d’Évian ont-il été vécus par l’armée en 1962 ?

Contrairement aux années De Gaulle, la présidence de Georges Pompidou (1969-1974) fut, pour la France comme pour l’armée, paisible, à l'exception de l'affaire des vedettes de Cherbourg. En pleine guerre des Six-Jours, du matériel militaire français, initialement commandé par Israël mais sous embargo, est détourné par l’État hébreu.

Élu en 1974, le président Giscard d'Estaing multipliera les interventions pour protéger la fameuse Françafrique. Tchad, République centrafricaine, République démocratique du Congo… Les opérations militaires seront nombreuses sous son septennat. Le 4 décembre 1977, Jean Bédel Bokassa, président de la République centrafricaine, est sacré empereur, à Bangui, et devient Bokassa Ier avant d’être renversé moins de deux ans après. Valéry Giscard d’Estaing confiera que l'une de ses décisions les plus importantes fut d'envoyer quatre cents légionnaires parachutistes sauter sur Kolwezi, au Congo-Kinshasa, en 1978, pour récupérer des ressortissants européens menacés par des rebelles katangais.

Valéry Giscard d'Estaing laisse la place, en mai de la même année, à François Mitterrand. Premier homme de gauche à accéder à la présidence de la République depuis 1958, il reçoit un accueil glacial de l'armée, notamment à cause de la présence de quatre ministres communistes au gouvernement. Charles Hernu, ministre de la Défense de 1981 à 1985, va réconcilier les socialistes et les militaires : préservation de l’héritage gaulliste et maintien de ses dogmes fondamentaux (dont la défense des intérêts outre-mer), entre autres… En juillet 1985, le Rainbow Warrior, un bateau de Greenpeace, explose à Auckland en Nouvelle-Zélande. Après la démission de Charles Hernu, et le limogeage de l’amiral Pierre Lacoste, Laurent Fabius finit par admettre la responsabilité des services secrets français dans l’attaque du bateau.

En 1989, avec la chute du Mur de Berlin, la stratégie de défense nationale établie depuis trente ans s'effondre. Un nouvel ordre mondial se met en place.

 

Partie 2 :

Le Mur est tombé, le bloc communiste se délite, l’ennemi « officiel » disparaît, mais d'autres menaces se profilent. François Mitterrand, dès les premiers jours d'août 1990, arrête la politique française dans la crise du Golfe. Présidant des conseils restreints, multipliant les contacts personnels avec les principaux chefs d'État et de gouvernement concernés, François Mitterrand agit sans consulter Jean-Pierre Chevènement, son ministre de la Défense, qui finira par démissionner. Autre épisode important : avec l'opération « Restore Hope » menée en 1992 en pleine guerre civile en Somalie, naît l’idée du « droit d’ingérence humanitaire » sous le prétexte de la famine. La guerre du Kosovo va amener la communauté internationale à réagi à la crise en 1998 en créant un « groupe de contact » composé de l'Allemagne, des États-Unis, de la France, du Royaume-Uni et de la Russie. Ultimes efforts diplomatiques en février 1999 alors que les violences intercommunautaires se multiplient. L'échec des négociations lors de la conférence de Rambouillet et l'éventuelle catastrophe humanitaire poussent l'OTAN à intervenir. Avec la multiplication des interventions humanitaires dans le monde (Bosnie, Ouganda, Golfe…), l'armée de terre française n'a jamais été autant engagée hors des frontières nationales et autant arboré les couleurs des Nations unies.

Élu en 1995, Jacques Chirac est le dernier président de la République ayant participé personnellement à un conflit. Il était sous-lieutenant lors de la guerre d'Algérie. Son septennat de Jacques Chirac débute par une erreur politique majeure : la reprise des essais nucléaires, arrêtés par Mitterrand en 1992. Experts et militaires jugent cette nouvelle campagne nécessaire avant le passage aux techniques de simulation en laboratoire. Jacques Chirac signera l’arrêt définitif des essais nucléaires en 1996. Cette même année, il décide d'abandonner la conscription et de professionaliser l'armée.

Le 14 février 2003, Dominique de Villepin exprime à la tribune de l’ONU l’opposition de la France à s’engager aux côtés des Américains dans la guerre du Golfe. Une posture qui réveille une certaine nostalgie gaulliste.

En 2007, le président Nicolas Sarkozy a fait son service dans l’armée de l’air, à Balard, dans le XVe arrondissement de Paris, annonce les nouveaux axes de l’armée française : défense et sécurité. Les militaires soulignent que la sécurité intérieure, ce n'est pas leur vocation... L'armée française doit-elle cesser d'être dimensionnée pour des combats majeurs et se concentrer sur des forces moins nombreuses et plus rapidement déployables, un modèle d'armée plus léger, une sorte de supergendarmerie internationale ? Doit-elle être chamboulée ? Tout au long de la Ve République, elle a progressivement été mise sous la tutelle de la politique.

 

Crédit photo © PRESIDENCE DE LA REPUBLIQUE / LABEL IMAGE

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