7 Janvier 2011
Il demeure aujourd’hui l’un des journalistes politiques les plus célèbres en France. Dans un portrait inédit diffusé vendredi 4 février à 20h35 sur France 5, Alain Duhamel revient sur une passion qui ne l’a jamais quitté, celle de comprendre et faire comprendre.
Extraits des propos tenus :
"De quoi je suis le plus fier ? De ne pas avoir été consciemment malhonnête intellectuellement. D’avoir une certaine rigueur intellectuelle et d’arriver à m’exprimer de façon assez spontanée.
Ce n’est pas vrai que n’importe qui peut faire n’importe quoi. Moi, je ne peux pas diriger une rédaction… je n’aime pas faire les choses mal, je sais que je le ferais mal.
Je ne suis pas sûr que j’aurais aimé vivre avec une femme qui ne soit pas née en milieu bourgeois ; mais qu’elle vive de façon bourgeoise et avec des préjugés, ça je n’aurais pas aimé du tout. Justement, c’est son originalité qui a fait la différence. Ça m’a attiré. France est mon anticonformisme.
Quand j’ai commencé à interviewer en 70, il y a quarante ans, les hommes politiques, avec les journalistes, c’était un peu le proviseur avec l’élève dissipé. Il y avait une espèce de relation d’autorité qu’on a essayé de casser comme on pouvait […]. C’est beaucoup plus facile aujourd’hui. La grande différence, c’est qu’à l’époque les Français attendaient qu’on soit respectueux et aujourd’hui ils attendent qu’on soit pugnaces.
Pour moi, comprendre quelque chose de compliqué est un vrai plaisir intellectuel, et arriver à l’expliquer aux autres et à le commenter, c’est quelque chose qui m’intéresse toujours autant.
Mon père était médecin et avait envie qu’un de ses enfants le soit, ce qui a été fait […]. Moi, on savait que ce serait différent, que j’étais un littéraire. Ils [les parents] étaient un peu embêtés parce que je rejetais les matières scientifiques, mais ils étaient assez tolérants pour me laisser suivre mon chemin.
J’ai eu envie d’être commentateur politique, pas du tout reporter ou correspondant, alors que je n’avais pas 16 ans. Pendant la campagne de janvier 56 (du Front républicain), j’ai commencé à écouter des débats à la radio nationale. Ça m’a donné envie de faire ce métier".
Crédit photo © ABBAS / MAGNUM PHOTOS.
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