6 Avril 2010
A découvrir ce mardi 6 avril sur France 2, le nouveau volet du concept de Frédéric Lopez,
Rendez-vous en terre inconnue.
Pour ce nouvel épisode, c’est Marianne James qui a Rendez-vous en terre inconnue. Les yeux bandés, elle embarque au bras de Frédéric Lopez sans rien connaître de sa destination
finale. Après trois jours de voyage, elle se retrouve au coeur de l’Indonésie, dans l’archipel des Banggai. Marianne James a rendez-vous avec un peuple de pêcheurs : les Bajaus. Des hommes et des
femmes qui ont choisi de vivre dans un minuscule village sur pilotis au milieu de nulle part…
Frédéric Lopez explique le choix d'inviter Marianne James : La priorité, c’est de trouver des personnes qui s’intéressent aux autres — ce n’est pas nécessairement le cas de tout le monde —, qui
sont capables de formuler leurs impressions et ne se soucient pas de ce que l’on dira d’eux à Paris. "Marianne correspond parfaitement à ces critères. Elle a une très forte personnalité ;
elle est très franche, très directe et possède un vrai charisme. Elle est aussi très tactile, à l’instar de nos hôtes, et manifeste une vraie empathie envers eux".
Ce que retient Frédéric Lopez de ce voyage, c'est d’abord l’arrivée. "C’était très troublant. On n’était ni sur terre, ni dans l’eau, ni dans le ciel et ça bougeait tout le temps. ça m’a
immédiatement fait penser au film Waterworld. Dans ce village fragile, j’ai aussi été très impressionné par le huis clos. Contrairement aux apparences, vivre dans cet endroit paradisiaque est
dangereux. On y est en communion avec la nature, mais également à la merci des éléments. Il n’y a pas d’eau douce ni de bois, et on peut mourir d’une simple rage de dents. Contrairement à nous,
ces gens sont parfaitement conscients de leur dépendance à l’environnement et de l’importance du « lien » qui les unit. Il règne entre eux une très grande harmonie".
De ce voyage et cette rencontre, Marianne James retient ’art de vivre simplement, solidairement, avec un sourire immense et immuable aux lèvres ! "Quand j’ai compris que nous
fusionnions à ce point, j’ai aussi réalisé que nos valeurs étaient jumelles. Ils ont fait le choix de vivre là, alors que 90 % des autres Bajaus sont entassés sur les îles ou le continent. Ils
assument leurs choix, et surtout comme disait saint Augustin pour définir le bonheur : «Ils désirent ce qu’ils ont. » Reconnaissons que nous sommes loin du cynisme, du « je veux ce que tu as »,
du « il m’en faut toujours plus » et du « si je n’ai pas ça, je fais un malheur".
Les enjeux de l'expédition :
A l’origine, les Bajaus étaient nomades. Ils vivaient nuit et jour sur de simples embarcations, les lepas, et naviguaient sans cesse sur toutes les mers d’Asie du Sud-Est.
Depuis une quarantaine d’années, l’état indonésien a tenté de les sédentariser sur la terre ferme et les Bajaus ont quitté peu à peu leurs minuscules bateaux. Mais, pour certains, quitter la mer
était impossible, alors ils ont choisi de vivre suspendus entre terre et mer.
Longtemps méprisés, ces anciens « gitans de la mer » ont gagné peu à peu la considération des autres et, désormais, leur connaissance ancestrale de la mer attire. Certains Indonésiens ont même
décidé de tout quitter pour s’installer avec les Bajaus dans l’espoir d’apprendre, auprès d’eux leurs nombreuses techniques de pêche.
Ce mode de vie paraît idyllique, cependant les contraintes sont nombreuses : soleil brûlant, tempêtes, absence d’eau douce et de bois… et le danger se rapproche à grande vitesse : à quelques
kilomètres seulement, d’autres pêcheurs utilisent des techniques de pêche modernes, beaucoup plus rentables, mais également terriblement destructrices : la pêche au compresseur, au cyanure mais
surtout à l’explosif … Dans la région, le milieu marin est aujourd’hui largement menacé : le corail meurt et les stocks de poissons s’épuisent. Ces pêcheurs mettent en péril leur propre moyen de
subsistance, ainsi que celui des pêcheurs traditionnels qui voient leurs prises diminuer dangereusement.
L’avenir des habitants de Mandebulu est aujourd’hui en péril et, faute de poissons, les plus jeunes n’auront peutêtre pas d’autre choix que d’abandonner ce mode de vie en osmose avec la mer…
Une production Bonne Pioche (Yves Darondeau, Christophe Lioud, Emmanuel Priou) Et Adenium Productions (Frédéric Lopez).
Crédit photo © Jean-Michel TURPIN / DR.
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