Ciné club sur France 2 : cycle "à propos du monde ouvrier".

 

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Dans les pays développés, le XXe siècle a vu à la fois l’apogée de la classe ouvrière et les débuts de sa progressive disparition. Pendant quatre semaines, le Ciné-club de France 2 va examiner comment le cinéma européen a accompagné cette évolution, à travers quatre regards, du début des années 30 au début des années 80.

 

Dans la nuit de ce mardi 17 à mercredi 18 janvier vers 1 heure : La Tragédie de la mine.

Film franco-allemand. Réalisé par Georg Wilhelm Pabst et Robert Beaudoin. Scénario de Peter Martin Lampel, Karl Otten, Gerbert Rappaport et Ladislaus Vajda. Avec : Andrée Ducret (Françoise), Daniel Mendaille (Jean), Georges Chalia (Emile), Héléna Manson (la femme du mineur blessé)...

A la frontière franco-allemande, un coup de grisou éclate dans la mine française. Un groupe de mineurs allemands décident d'aller porter secours à leurs camarades. Les Français et les Allemands luttent fraternellement mais la grille du fond de la mine est à nouveau cimentée quand le sauvetage est terminé.

 

Suivront trois films que présente Daniel Patte, responsable du Ciné Club sur France 2 :

 

Antoine et Antoinette de Jacques Becker sorti en 1947 (programmation le 25/01 à 2h!)

"Antoine et Antoinette sont un jeune couple parisien, qui mène une vie modeste mais heureuse. Antoine est ouvrier typographe et Antoinette vendeuse dans un grand magasin. Tous deux rêvent d’un appartement plus grand et d’être un jour propriétaires d’un side-car. Et la chance semble enfin tourner lorsqu’Antoine trouve par hasard un billet de loterie gagnant. Billet qu’il égare hélas sur le chemin de la Loterie Nationale…

En 1947, deux années après la fin de la guerre, la croissance est certes repartie en France mais de manière très inégale selon les secteurs. Et les laissés pour compte de la reprise, massivement issus du monde ouvrier, font entendre leurs voix. Encore largement majoritaires chez les salariés, les ouvriers se retrouvent dans la rue avec comme point culminant les grandes grèves déclenchées par la CGT et le parti communiste pour protester contre la pénurie persistante et les bas salaires. Sans parler de la crise du logement, clairement montrée dans le film. Antoine et Antoinette est une comédie qui avec beaucoup de finesse témoigne d’une époque. Car si son intrigue s’appuie essentiellement sur la situation matérielle des jeunes héros, qui rend leur avenir incertain, il montre aussi combien ce couple d’ouvriers porte en lui, dans ces années d’après-guerre, l’espérance des lendemains qui chantent, symbolisés par le fameux billet gagnant".

 

La Classe ouvrière va au Paradis de Elio Petri sorti en France en 1972 (programmation le 1er février à 1h50).

"Ce film met en scène un ouvrier ordinaire, véritable bourreau de travail qui, suite à un accident professionnel, découvre la solidarité de ses camarades. Ce qui le pousse à s’engager sans retenue dans la lutte et à devenir un syndicaliste extrémiste à ses risques et périls.

La Classe ouvrière va au Paradis est à la fois une charge satirique et une chronique réaliste. Le personnage central peut se voir comme le fruit de son travail en usine : une machine humaine sans vie sociale, sans ami, tout aussi incapable de faire l’amour à sa femme que de s’occuper de son fils. Un être solitaire dont le corps et l’esprit peuvent céder à tout instant. Quatre ans après les utopies nées de mai 68, la classe ouvrière dont il est question dans le titre broie du noir, en Italie comme en France où, pour la première fois, elle représente moins de 50% des salariés, à cause d’une désindustrialisation constante des vieux bassins d’emploi. Mais sensible à cette descente aux enfers, Petri a refusé la facilité du film militant qui ne séduirait que les convaincus. Il ose un portrait d’ouvrier loin de l’imagerie de la gauche de cette époque : ni un saint, ni un héros mais un Italien moyen, représentatif justement de la majorité de ses compatriotes. Quant aux syndicats, ils apparaissent ici de moins en moins capables de contester la toute puissance patronale. Petri fut pour cela beaucoup critiqué mais le festival de Cannes accorda sa Palme d’Or à son film, symptomatique d’une époque qui perdait peu à peu ses illusions".

 

Tchao Pantin de Claude Berri sorti en 1983.

"Dans le plus beau rôle de sa carrière, Coluche interprète un pompiste de nuit alcoolique qui se lie d’amitié avec un petit trafiquant, dont l’assassinat sous ses yeux fait remonter à la surface la douleur de la mort de son fils par overdose.

Œuvre à la fois bouleversante, chaleureuse et noire, Tchao Pantin raconte le quotidien écrasant d’un pays qu’on n’appelait pas encore la France d’en bas. Une France symbolisée par ce pompiste, enfermé dans une forme d’esclavage des temps modernes, dont il semble impossible de sortir vivant. Noir, c’est noir, et il y a, c’est vrai, de moins en moins d’espoir dans la France ouvrière de ce début des années 80. En dépit des aspirations nées de l’élection de François Mitterrand et de la présence de ministres communistes au gouvernement, la sidérurgie comme l’industrie minière vont de plan de licenciement en plan de redressement. En 1983, le gouvernement Mauroy a pris le tournant de la rigueur qui va priver ces secteurs déjà moribonds de la manne généreuse de l’Etat. Le pouvoir politique semble désormais impuissant face à la disparition structurelle à petit feu du monde ouvrier d’autrefois, le plus touché désormais par le chômage et la précarité. Et dont la culture commune s’évapore à mesure qu’augmente l’angoisse individuelle. La France du Front Populaire et des lendemains qui chantent semble désormais bien loin".

 

Crédit photo © T. FILMS S.A.


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Commenter cet article
C
<br /> Merci pour l'info, TV NEWS : hâte de redécouvrir le premier film, une oeuvre qui se voulait un message d'espoir pour<br /> une réconciliation populaire des masses franco-allemandes après les affrontements que l'on sait et content aussi d'une rediffusion des trois autres long-métrages, notamment celui de Jacques<br /> Becker, hymne à la classe ouvrière en un temps où celle-ci voyait l'avenir comme le champ de tous les possibles et de toutes les conquêtes sociales, une époque, donc, opposée à la notre, celle de<br /> la " Guerre des classes ", une guerre que le prolétariat est en train de perdre ... <br />
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