7 Octobre 2013
Documentaire réalisé par Jacques Cotta et Pascal Martin, "Dans le secret du mont-de-piété" est diffusé ce mardi à 22h35 sur France 2. Un programme iéndit.
Au mont-de-piété de Bordeaux, c’est la cohue. Beaucoup de femmes (elles constituent la grosse majorité des clients des monts-de-piété) viennent gager leurs bijoux. Certaines parce qu'elles doivent faire face à des échéances proches (factures de gaz ou d’électricité), d’autres parce qu'elles sont complètement acculées. Ainsi, cette femme en pleurs vient supplier pour que les bijoux qu’elle a gagés, auxquels elle est affectivement très attachée mais dont elle n’a pu acquitter les intérêts, ne soient pas présentés à la prochaine vente aux enchères. Elle les perdrait alors définitivement.
Au mont-de-piété de Boulogne-sur-Mer, c’est la cohue également. En ce premier lundi du mois, il est 7 heures du matin et la queue s’étale sur le trottoir. Les gens ne viennent pas gager leurs bijoux. Ils sont clients de la banque du mont-de-piété et c’est le jour de la distribution des allocations familiales. Les services du mont-de-piété n’ouvrent qu’à 9 heures ? Qu’importe ! Ils vont patienter deux longues heures car ils sont dans l’angoisse de l’urgence.
À Bordeaux, ville bourgeoise par excellence même si la pauvreté y est présente, on ne gage pas seulement des bijoux. On propose également des vins fins, des sacs de marque, des foulards…
Au service de prêts sur gages de Boulogne-sur-Mer , l'équipe de ce film a rencontré Max, ancien chef d’entreprise (il construisait des maisons en bois) acculé à la faillite. Pour Max, le mont-de-piété est le dernier recours. En instance de divorce, sa femme a accepté de lui confier les bijoux qu’il lui avait offerts du temps où il en avait les moyens, afin qu’il puisse les gager et nourrir ses deux filles dont il partage la garde.
À Boulogne-sur-Mer, les auteurs de ce documentaire interrogent longuement les clients de la banque du mont-de-piété. Pour eux également, c’est le dernier recours. En effet, une immense majorité d’entre eux a été éjectée du système des banques traditionnelles pour cause de pauvreté chronique.
A Bordeaux, c’est jour de vente aux enchères. Les bouteilles de Petrus, les sacs Hermès, etc. trouvent difficilement preneurs. La crise frappe dans tous les milieux… Les lots de bijoux, eux, sont raflés par les marchands d’or professionnels. Ils les refondront et attendront que les cours de l’or continuent de monter pour les revendre…au poids ! La crise ne fait pas que des malheureux.
Crédit photo © Jacques Cotta - Pascal Martin.
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