29 Septembre 2010
Des contreforts du Massif central jusqu'aux collines du Sud-Ouest coule l'Aveyron. Un cours d'eau qui traverse trois départements et qui offrit, jusqu'à la fin de la Renaissance, une voie de communication naturelle vers Toulouse. Un axe stratégique dont il fallait assurer la défense : le cours de l'Aveyron est donc rythmé par de nombreux châteaux, les plus anciens datant du Xe siècle.
C'est dans ce cadre — un patrimoine naturel sauvage, des villages perchés au sommet des falaises qui surplombent la rivière — que se déroulent les premières histoires de ce nouveau numéro de " Passion Patrimoine " proposé ce mercredi 29 septembre à 20h35 sur France 3, dans le cadre du magazine Des racines et des ailes.
Deux châteaux : l'un d'époque médiévale, l'autre construit à la Renaissance. Et deux personnages, amoureux d'architecture ancienne, persuadés de la nécessité de restaurer et de faire vivre les châteaux de cette région aujourd'hui oubliée…
Le premier s’appelle Axel Letellier ; profession : architecte du patrimoine, passionné de châteaux forts depuis l’enfance. Pour son trentième anniversaire, il s’offre… la ruine d’une forteresse médiévale, à Penne, un village du sud de la vallée de l’Aveyron. Non pas pour y habiter — ce serait impossible, tant le château est isolé, et pour l’essentiel détruit — mais pour consolider ce qui peut encore l’être, et l’ouvrir à la visite. Et pour cela, il y met les moyens, y compris le transport de blocs taillés par hélicoptère ! Pourtant, là n’est pas le seul projet d’Axel : il souhaite également, à travers la restauration de la forteresse, rendre vie au village de Penne. Plus d’activités dont un tailleur de pierre, qui travaille à plein temps pour la restauration du château et qui s’est installé en famille au village. Et plus de visiteurs… une fois que le projet sera réalisé et le château ouvert au grand public.
Le deuxième, Martine Harlin, s’est installée à 200 km de là, au nord de la vallée de l’Aveyron, près de Rodez. Elle et son mari déploient de grands efforts pour restaurer le château de Bournazel, qu’ils ont acquis il y a deux ans. Il ne s’agit pas ici d’un édifice médiéval, comme le château de Penne ; mais d’un chef-d’œuvre de la Renaissance française. Sa façade sculptée, exemplaire de l’ornementation du XVIe siècle italien, était gravement menacée, car le bâtiment souffrait d’un manque d’entretien depuis des décennies. Aujourd’hui, les motifs sculptés de la façade sont progressivement restaurés ; et une aile du château, incendiée à la Révolution, est en cours de reconstruction. Un engagement de tous les instants pour Martine Harlin, qui dit elle-même « être entrée en patrimoine »… comme d’autres entrent dans les ordres. Martine Harlin fédère autour d’elle d’autres passionnés de patrimoine : elle a ainsi fait appel à Hervé Nicolas et à Thierry Verdier, deux professeurs de l’université de Montpellier ; ils viennent à Bournazel deux fois par an, avec un groupe d'étudiants en architecture et en histoire de l’art, pour restaurer un pavillon de jardin du XVIe siècle, contemporain du château.
Quant à la troisième partie de ce film, elle nous emmène à l’autre bout de la France, en Champagne, à la rencontre d'Erwin Schriever, lui aussi passionné de patrimoine et d’architecture ancienne. Comme Axel Letellier, comme Martine Harlin, Erwin consacre toute son énergie à sauver un édifice emblématique de sa région. Il a ainsi réalisé la réplique d’un moulin entièrement en bois — des moulins à vent qui étaient autrefois partie intégrante des paysages de Champagne, mais dont la Première Guerre mondiale provoqua la disparition (ils étaient occupés par les positions ennemies, ils furent dynamités…). Erwin Shriever est d’origine hollandaise, et l’héritage de son pays natal — et de ses célèbres moulins à vent — n’est pas pour rien dans son projet ; il a constitué une association et s'est lancé dans cette aventure avec des bénévoles et des jeunes en insertion. Et c’est ainsi qu’il est parvenu à réaliser, à partir de rien, un moulin à pivot du XVIIIe siècle, typique de la Champagne. C’est le chef-d’œuvre de sa vie et la réalisation de son rêve d’enfant. Le géant de bois devrait bientôt produire de la farine, puis être ouvert au public sous la forme d’un éco-musée.
Crédit photo Penne © ECLECTIC PRODUCTION.
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