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Document inédit à voir : Nos vies discount (Réalisé par Frédérique Brunnquell).

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Avec ses prix bas, le discount nous offre le meilleur des mondes : celui de la consommation. Grâce au discount, nous pouvons nous remplir notre caddy de supermarché, nous payer parfois un joli voyage, nous acheter des vêtements à la mode, et même nous payer une nouvelle voiture... Le discount s’étend à tous les secteurs ; serait-il le remède à la crise ?

 

Nos vies discount, document inédit proposé à 22h55 ce soir sur France 2, est un road movie en Logan. Un voyage de 8 000 kilomètres pour découvrir que derrière ses promesses, le discount déconstruit notre modèle social, appauvrit ses salariés et se nourrit de la crise. Il a été inventé après la Seconde Guerre mondiale en Allemagne, dans les ruines d’une économie dévastée. Le discount est une tendance lourde de l’économie qui va bouleverser nos vies. Cet avatar de la crise génère des dizaines de milliards de profits.

 

Par Christophe Kechroud-Gibassier (France télévisions) :

"Première étape du voyage (en Logan Dacia, une voiture à bas prix, évidemment) : l’aéroport de Dublin. L’immeuble de Ryanair n’a l’air de rien, mais la compagnie a totalisé 75 millions de passagers en 2011 et un bénéfice après impôts de 503 millions d’euros. Michael O’Leary, son patron, prend crânement la pose du pourfendeur de gaspillages et fustige la gabegie, les coûts élevés et le mauvais management des compagnies nationales. Chez les démissionnaires de Ryanair, c’est un autre son de cloche. Virginie Mauguit, hôtesse de l’air, est tombée de haut, si on ose dire. Elle a dû financer sa formation elle-même (3 000 euros payés à une filiale), son uniforme (30 euros mensuels retenus sur son salaire la première année), n’était payée que lorsque l’avion était en vol (16,20 euros bruts de l’heure). Ni chômage ni retraite, mais une règle simple : quand on ne travaille pas, on n’est pas payé. Point à la ligne. Il faut savoir gré à O’Leary, avec son cynisme souriant, d’annoncer la couleur : « Pilote ? C’est juste un job de chauffeur de taxi. » 1 800 de 2 600 pilotes ne sont pas directement employés par Ryanair mais par des agences extérieures ? « Pour éviter des problèmes avec les syndicats. » Surtout pour ne pas payer de cotisations sociales, corrige Ewan Mc Mullen, président de l’Association des pilotes de ligne irlandais (Irish Airline Pilots’ Association), visiblement très agacé.

La haine des syndicats, une dévalorisation des salariés, un droit du travail réduit à sa plus simple expression, c’est un peu la Sainte-Trinité du discount, que l’on retrouve dans le secteur le plus emblématique : la grande distribution. Deux empires allemands s’y partagent le terrain : Lidl et Aldi. Chez ce dernier, taylorisme et fordisme atteignent au chef-d’œuvre : interchangeabilité des salariés (un même employé fait de tout, de la formation du personnel au ménage, de la comptabilité au travail de vigile), formatage (le calendrier et le dévidoir de ruban adhésif sur le bureau du chef de magasin ont des places assignées par un formulaire), suspicion généralisée. Le questionnaire censé guider les chefs de magasins n’y va pas par quatre chemins : « Avez-vous l’impression qu’une caissière vit au-dessus de ses moyens ? — Y a-t-il des caissières qui vont plusieurs fois aux toilettes durant leur travail ? » Pour Laurent Paté, avocat au barreau de Metz, il s’agit ni plus ni moins d’une stratégie réfléchie de management, d’un ordre disciplinaire dévoyé dans le but de créer un climat d’angoisse et de peur chez les salariés, afin d’individualiser les relations de travail et d’éviter les formations collectives. Un monde de petits tyrans eux-mêmes tyrannisés, seuls et fragiles. Michael Lesserteur, ancien responsable de secteur : « Un salarié du hard-discount déplace chaque jour en moyenne cinq tonnes de marchandises. Dans ces conditions, à l’image de ce qu’il vend, il est un produit, avec une date de péremption… » Une fois atteinte, c’est le licenciement, la démission ou pire : la dépression. Et Brigitte Engler, ancienne salariée d’Aldi, de s’interroger : « Tout ce qu’ils nous font subir, la sueur, les larmes, le mal-être, est-ce vraiment le prix à payer pour avoir une boîte de petits pois à prix discount ? C’est cher payé, les prix bas… » Et il est bien là, le problème. Derrière les tarifs affichés par le discount, il y a une facture beaucoup plus lourde à payer. Comme le martèle Ewan Mc Mullen en parlant de Ryanair : « Chaque fois que vous leur achetez un billet bon marché, quelqu’un doit payer le volet social de la facture. Si ce n’est pas vous ce jour-là, ce sera vous un autre jour, avec vos impôts, ou bien ce seront vos enfants ! » En 2012, Aldi a été condamné à un redressement de cotisations 5,5 millions d’euros à l'URSSAF pour travail dissimulé…"

 

Documentaire. Réalisé par Frédérique Brunnquell. Produit par AMIP

 

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