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Publié par Thomas 13.03.2012 à 11 heures.

 

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Acquitter ou condamner, fixer une peine, des responsabilités écrasantes que doivent assumer chaque année des milliers de personnes en France. De simples citoyens, tirés au sort sur les listes électorales, qui deviennent le temps d’un procès des jurés d’assises.

 

Documentaire inédit, réalisé par Sarah Lebas, "Le jour où j'ai été juré d'assisses" est programmé ce mardi à 22h20 sur France 2. Scénario de Sarah Lebas et Andrea Rawlins-Gaston. Illustrations de Cathy Beauvallet. Produit par CAPA.

 

Par Mona Guerre :

"Le documentaire de Sarah Lebas et Andrea Rawlins-Gaston revêt un caractère exceptionnel et inédit car, pour la première fois, un tribunal a accepté la présence d’une caméra auprès de jurés d’assises lors d’un procès, en septembre 2011, dans la ville d’Epinal. Ils vont, avec le président de la cour d’assises, juger un homme accusé de tentative d’assassinat et actes de torture et de barbarie sur son ex-petite amie. Un rôle et une situation difficiles pour ces personnes qui sont amenées, à l’issue du procès, à délibérer sur le sort d’un quidam et à prononcer un verdict qui ne marquera pas seulement la vie de l’accusé mais aussi la leur.

En parallèle avec le déroulement du procès, le documentaire donne la parole à d’anciens jurés qui, aujourd’hui, ont assez de recul pour s’exprimer sur cette expérience inédite et mémorable. Les jurés d’Epinal vont en faire l’expérience. Lors des suspensions d’audience, ils se retrouvent avec le juge dans la salle des délibérés afin de discuter des témoignages des intervenants (vont se succéder les familles de la victime et de l’accusé, le chirurgien qui a opéré à multiples reprises la victime, cette dernière et enfin l’accusé). Le juge est tenu d’être présent et les accompagne dans leur réflexion, en leur précisant à chaque instant de ne pas se laisser guider par l’émotion jusqu’à la fin du procès. L’émotion, mais aussi les a priori comme le souligne l’avocat de l’accusé : « L’adage « L’habit ne fait pas le moine », aux assises, il le fait un peu ».

Mais comment ne pas être bouleversé par les témoignages, par les protagonistes du procès (la victime et même l’accusé) ? Une épreuve supplémentaire dont ils n’avaient pas conscience. De plus, leur position géographique dans le tribunal ne les favorise pas. Assis autour du juge et de l’assesseur, faisant face à la victime et à l’accusé, ils éprouvent de la difficulté à ne pas montrer ce qu’ils ressentent. Un exercice périlleux qu’ils essaient pourtant de maîtriser.

Jusqu’au verdict, la caméra suit non seulement l’ensemble des protagonistes mais aussi les familles. Une démarche remarquable de justesse car, à aucun moment, cette caméra n’établit de jugement : elle donne la parole, faisant ainsi état des tourments, des doutes, des émotions venant de toutes parts. Mais le documentaire laisse les opinions surgir avec les témoignages des anciens jurés. Au fur et à mesure de leur récit, l’incertitude, l’hésitation et le malaise pointent parce que malgré les années, il est toujours aussi difficile d’intégrer le fait qu’ils ont condamné une personne. Le méritait-elle ? La sentence n’était-elle pas trop lourde ? Dix ans représentent une fraction de vie qui n’est pas négligeable, et quand un condamné écope de trente ans ou plus, les jurés réalisent aussi qu’il s’agit d’une vie entière à rester derrière les barreaux. « J’ai dit que j’ai trop donné d’années de prison, c’est sûr. 35 années, c’est une vie », avoue l’un d’eux. Il s’agit pour eux de sentiments contradictoires qui les ont déstabilisés : d’un sentiment de superpuissance (un droit de vie ou de mort sociale sur une personne) à un sentiment d’impuissance (la conscience de détruire la vie de quelqu’un sans pouvoir y échapper)."

 

Illustration © Cathy Beauvallet.

 

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