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Publié par Thomas 06.03.2012 à 10 heures

 

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La règle du célibat obligatoire des prêtres dans l’Eglise catholique romaine est régulièrement contestée : on l’accuse notamment d’accélérer la chute des vocations, de signer le décalage entre l’Eglise et la société moderne.

 

Dans La vie amoureuse des prêtres proposé ce soir en deuxième partie de soirée sur France 2, le réalisateur David André (prix Albert Londres 2011), raconte l’histoire croisée de trois prêtres :

Kilien, jeune prêtre filmé pendant sa liaison cachée avec une femme, fait son "coming out" et dit adieu à ses paroissiens ;

Gabriel, qui vient tout juste d’être exclu de l’Eglise, se marie enfin avec sa compagne, après 40 ans de liaison cachée.

A l’inverse Sébastien, un jeune séminariste, s’engage au célibat et est ordonné dans la cathédrale d’Orléans : nommé dans la Beauce, il découvre l’isolement des prêtres aujourd’hui.

 

Au delà des trajectoires humaines, le film propose une réflexion sur la solitude des prêtres en France, sur leur décalage avec une société de plus en plus individualiste et érotisée, et sur les valeurs défendues aujourd’hui par l’Eglise.

 

Note d'intention de David André, réalisateur du document :

"Les "scandales sexuels" qui ont touché l'Eglise catholique ces dernières années, l'impunité dont ont bénéficié certains membres du clergé, ont relancé dans les médias, mais aussi au sein de l'Eglise, le débat sur le célibat obligatoire des prêtres.

Cette règle, en vigueur depuis le XIe siècle (auparavant, les prêtres pouvaient vivre maritalement) est pointée du doigt comme étant la source de nombreux maux : chute des vocations, désirs sexuels refoulés, décalage de l'Eglise sur les questions de société… Une règle qui semble d'un autre temps puisque selon plusieurs sondages, plus de 80 % des Français se prononcent pour le mariage des prêtres.

En m'intéressant à cette question, j’ai pensé qu’il serait instructif (en marge des nombreuses enquêtes journalistiques sur ces scandales sexuels) d'enquêter au sein même de l'Eglise sur le respect, ou non, de cette discipline du célibat par les prêtres. De comprendre ce qu'elle signifie aujourd'hui. Bref, de sonder ce territoire inconnu et caché qu'est "la vie amoureuse des prêtres." Cette démarche m'a amené à découvrir une réalité poignante : celle de la solitude croissante dans laquelle les prêtres du XXIe siècle vivent. De moins en moins soutenus par la communauté, de plus en plus dispersés sur le territoire, c'est en effet un monde qui s'éteint (100 ordinations par an pour 300 décès).

Sur la forme, j'ai souhaité m'éloigner d'une simple enquête journalistique qui aurait multiplié les témoignages d’anonymes (c'est souvent le cas sur ce sujet) ou donné la parole à des prêtres mariés ayant quitté l'Eglise. A l'inverse, j'ai travaillé de longs mois pour tenter de trouver des prêtres amoureux qui accepteraient de témoigner à visage découvert. Je voulais mettre en perspective des trajectoires humaines, des questionnements moraux, des récits, se déroulant sous nos yeux.

Ce difficile travail de contact, qui s'est étalé sur plusieurs mois, m'a permis d'entrer en contact avec le jeune prêtre Kilien De Witte et son amie Christine Guinoiseau (qui font leur "coming out" dans le film) ainsi qu'avec Gabriel Dion et Jacqueline Charrier (qui se marient après 40 ans de clandestinité). Par ailleurs j'ai voulu mettre ces destins en résonance avec celui d'un jeune homme qui a fait le chemin inverse : le séminariste Sébastien Brière, 35 ans qui s'engage au célibat et qui est ordonné prêtre dans la cathédrale d'Orléans à la fin du film. Il était important à mes yeux de montrer également comment on s'engage au célibat, pour la vie, lorsque l’on a son âge.

Au delà des débats de l'actualité, j'ai tenté dans la mesure du possible d'exposer la complexité des points de vue, de ne pas porter de jugement trop simpliste sur le célibat ecclésiastique et d’exposer sa dimension spirituelle telle qu’elle est vécue par les séminaristes et les prêtres. Bref de laisser à chacun la possibilité de ressentir la pertinence ou, à l’inverse, l’absurdité de ce choix.

Enfin, j’ai voulu que le film se déroule dans une certaine lenteur, celle tu temps de l’Eglise et de la vie spirituelle, qu’une place large soit accordée au son direct, notamment pendant les prières ou l’ordination, ainsi qu’à la musique de Grégoire Hetzel".

 

Crédit photo © Capture d'écran - DR.

 

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