Grippe A : la pandémie de la peur. Ce soir sur France 3.





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Pendant huit mois, le virus H1N1 a effrayé toute la planète. Présenté comme très dangereux et particulièrement mortel pour les jeunes, il s'apprêtait à décimer une partie de l'humanité. Pour s'en protéger, la France a dépensé près de 2 milliards d'euros. Mais, finalement, la grippe A n'a pas fait plus de victimes qu'une grippe saisonnière. 


Il y a un an, la planète a eu peur. Venue du Mexique, celle que l’on appelait au début "la grippe porcine" allait déferler sur l'espèce humaine, tuant notamment des jeunes en bonne santé ou des femmes enceintes. Les informations étaient inquiétantes, les explications confuses. Sur les plateaux de télévision, les experts se bousculaient alors pour nous raconter le drame à venir, et les journaux de l’époque ne parlaient que de l’horreur future. Pour ne pas mourir, il fallait absolument se laver les mains plusieurs fois par jour, éternuer dans sa manche, et surtout, se faire inoculer le nouveau vaccin trouvé, testé, approuvé et mis sur le marché quasi simultanément par les plus grands laboratoires pharmaceutiques.


Avons-nous été manipulés, et par qui ? Pièces à conviction a enquêté dans les coulisses de la pandémie… A découvrir sur France 3, ce mercredi 31 mars à 20h35.


Noëlle Corbefin, rédactrice en chef du magazine :


"Un an après le début de la crise de la grippe A H1N1, nous avons décidé de prendre un peu de recul sur cette affaire qui a été très importante à l’étranger et bien sûr en France, avec les mesures que l’on connaît et surtout les coûts générés pour l’État. Nous nous sommes demandé comment les décisions ont été prises et par qui, et comment nous en sommes arrivés à une crise d’une telle ampleur.

Pour ce faire, nous nous sommes intéressés principalement aux dix dates clés qui ont marqué cette crise et qui vont du 24 avril au 11 juin, date à laquelle le niveau 6 — l’alerte à la pandémie mondiale, une première ! — a été déclenché. Nous nous sommes attachés à retrouver les témoins et les acteurs de cette crise — experts de la grippe, membres de l’OMS, personnel politique — en France principalement, et en Suisse, au sein de l’Organisation mondiale de la santé. Les uns après les autres nous racontent comment ils ont vécu cette crise de l’intérieur, propos auxquels s’ajoute une réflexion plus distanciée sur le thème « et si c’était à refaire »…

Au fil de l’enquête, nous avons vu émerger deux questions majeures, qui sont celles de l’indépendance des experts et du circuit des décisions. Sur la question de l’indépendance des experts, il existe une sorte de flou juridique, aujourd’hui, en France et à l’OMS, qui permet aux experts d’avoir des activités de recherches dans le domaine public, mais aussi auprès des laboratoires privés… C’est un point que nous avons creusé : nous sommes allés voir les experts, les politiques, et les membres des différents comités, ainsi que le numéro deux de l’OMS, puisqu’il s’avère que tous les spécialistes — ceux qui ont consacré leur vie aux recherches sur la grippe, notamment en France, au Pays-Bas, au Danemark ou aux Etats-Unis — ont tous, directement ou indirectement, des activités auprès des laboratoires. A partir de là, on peut se poser la question de leur légitimité, car ce sont ces mêmes experts qui ont conseillé Mme Bachelot au ministère de la Santé et, indirectement, l’Elysée.

Si cette question de l’indépendance des experts est cruciale, elle ne répond pas à tout. Lors de notre enquête, nous avons constaté qu’il existait une sorte de pensée unique autour du phénomène de la grippe, une pensée tournée vers un seul objectif : faire de la grippe l’ennemi public n° 1. Je pense que ce constat explique l’ampleur de la crise et l’agent dépensé (entre 1 et 2 milliards d’euros) pour faire face à ce virus qui s’est finalement avéré relativement bénin. Car, avant de passer en phase 6, tous les programmes étaient prêts à être lancés, les achats de vaccins notamment. Mais c’est le passage en alerte pandémie qui a décidé de leur application maximale. On verra aussi à quel point les laboratoires étaient présents dans les négociations avec l’OMS, avant même de passer en phase 6 !

Notre rôle n’est pas de juger, mais il était intéressant d’expliquer comment la machine s’est mise en marche, et comment, à un moment donné — alors que le virus s’avérait bénin —, il est devenu impossible de faire marche arrière. Pourquoi a-t-on continué à engager toutes ces dépenses, alors même que l’on savait qu’il n’était pas nécessaire de vacciner tout le monde ? A ce jour, les négociations avec les laboratoires pour annuler la moitié des commandes sont toujours en cours, et l’on ne sait toujours pas quel sera le coût réel des achats de vaccins. Et je ne suis pas sûre que Mme Bachelot, que nous allons interviewer dans les jours prochains et qui sera notre invitée en plateau, soit elle-même en mesure de répondre à cette question
!"


Crédit photo © DR.



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F
<br /> Le pire c'est qu'à la prochaine alerte, si elle est réellement très dangereuse cette fois ci, combien de gens n'y croiront plus !<br /> <br /> <br />
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B
<br /> Ils sont marrant France Television, pendant des mois, avec les autres médias, ils multiplient les reportages sur la grippe A en jouant sur la peur des gens.<br /> <br /> Et maintenant, qu'il s'est rien passé (ou presque), ils vont vouloir trouver des responsables.<br /> <br /> Comme disait Dutronc, je retourne ma veste toujours du bon côté ...<br /> <br /> <br />
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