La longue traque, dès ce soir : des enquêtes longues et compliquées.

 

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Passionné par les questions relatives aux droits de l'homme, Nicolas Poincaré a couvert, en tant que grand reporter, de nombreux conflits dans le monde. Il présente dès ce mardi 24 mai à 22h40 sur France 2 La Grande Traque. Une série de cinq enquêtes sur des hommes, truands ou politiques, qui ont une longue cavale à leur actif. Pour débuter, un sujet sur Pablo Escobar, roi de la cocaïne.

 

Pablo Escobar a sûrement été l’homme le plus pourchassé au monde. Au début des années 1990, toutes les polices colombiennes, ainsi que la DEA (Drug Enforcement Administration) et la CIA américaines, et même une unité d’élite créée spécialement, la Section de recherche, étaient à ses trousses, de Bogotá à Medellín. Manolo d’Arthuys et Renaud Fessaguet revivent, avec ceux qui les ont organisées, ces longues heures de poursuite au cœur de la jungle équatoriale, où se terrait Escobar, dans de somptueuses villas, au milieu d’oeuvres d’art d’une valeur inestimable. C’est là que Tony Comiti a réalisé sa fameuse interview d’Escobar, véritable scoop mondial.

 

A propos des différentes enquêtes de cette série, Nicolas Poincaré souligne que le sujet sur Ratko Mladic représente au moins un an de travail. "Les reporters se sont rendus en Bosnie à plusieurs reprises. Pour le Rwanda, Manolo d’Arthuys et Renaud Fessaguet sont également allés deux fois sur place et une partie de l’enquête se déroule en France. Cela représente au moins six mois d’investigation. La Tchétchénie, c’est aussi un travail de longue haleine et, surtout, deux équipes ! Mylène Sauloy, qui se rend là-bas régulièrement depuis 1995, est connue comme défenseure des droits de l’homme. Elle ne pouvait donc pas avoir accès à Ramzan Kadyrov et s'est occupée de l’enquête du côté des proches de la victime, Natalia Estemirova. C’est une autre équipe qui a fait une demande officielle, assez rare à obtenir, pour être reçue par le président Kadyrov. Difficile de calculer le temps total passé sur ce sujet.

Le documentaire sur Escobar représente également un travail d’enquête assez considérable, auquel ont été adjointes les archives de Tony Comiti lui-même. Enfin, soulignons que le cas de Spaggiari n’est pas traité comme un fait divers. Le sujet comporte même un scoop : le témoignage du terroriste qui évoque la période chilienne de Spaggiari. L’on en vient alors à se demander s’il n’a pas fait ce casse pour financer des activités d’extrême droite. On ne peut pas dire qu’il soit un terroriste parce qu’il n’est jamais passé à l’acte mais il a, à l'évidence, eu des projets".

 

Interrogé par Françoise Payen à propos des difficultés rencontrées en réalisant de tels documentaires, Nicolas Poincaré juge qu'un des principaux écueils est qu’il n’est pas toujours facile de démêler le vrai du faux. "Il est en effet facile de recueillir des informations en faveur d’une thèse ou d’une autre, et ainsi de se faire “balader“ car souvent les pouvoirs en place diabolisent les opposants. Il faut ainsi être extrêmement vigilant. Pour le génocide rwandais, le fait que nous ayons pu recueillir le témoignage du médecin allemand qui a assisté à l’assassinat d’un médecin tutsi sous les ordres d’un médecin hutu est incroyablement fort : nous avons du mal à ne pas le croire".

 

Ces reportages montrent que la traque ne s’arrête pas avec la fin de la guerre, complète Nicolas Poincaré. "L’après-guerre n'est en effet que peu ou pas traitée dans l’actualité - journaux, radio... - car cela n’intéresse plus personne. Pourtant, il se passe beaucoup de choses. Les criminels continuent parfois d’être poursuivis et les populations doivent se réadapter. A Sarajevo par exemple, il y a eu durant les années qui ont suivi la guerre un taux de suicide très élevé dont personne n’a parlé. Les gens ne se remettaient pas des trois ans de siège qu’ils avaient vécu ou des atrocités qu’ils avaient commises. Il y a toujours une difficulté à traiter des séquelles de la guerre, des traumatismes qui restent. Ces reportages ouvrent ainsi les yeux sur des choses que nous ne soupçonnons pas forcément, comme la violence qui régnait en Colombie. Nous sommes au cœur de l’histoire contemporaine".

 

Crédit photo © Productions Tomy Comiti.

 

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C
<br /> <br /> Plutôt le mardi 24 mai ... <br /> <br /> <br /> Sinon, une série qui s'annonce passionnante à regarder et j'y serai ! <br /> <br /> <br /> <br />
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