28 Janvier 2011
A voir ce vendredi à 23 heures sur Arte : le documentaire iéndit Les Molex, des gens debout. Entre espoirs et amertume, la chronique bouleversante d’une tragédie annoncée, filmée une année durant par le réalisateur José Alcala auprès des salariés de l’usine de connectique automobile Molex, en lutte pour sauver leur emploi à Villemur-sur-Tarn, en Haute-Garonne.
23 octobre 2008 : la direction de Molex annonce au comité d’entreprise la fermeture du site de connectique automobile de Villemur-sur-Tarn, malgré 1,2 million d’euros de bénéfices et trois mois après lui avoir décerné un prix d’honneur pour ses performances. Aussitôt, les 283 salariés du site décident de lutter pour préserver leur emploi et dénoncent des “licenciements boursiers”. Refusant la grève, ils se postent jour et nuit devant cette usine qui les a vus naître afin de protéger leur outil de travail et en appellent à la justice pour défendre leurs droits. Un combat aux résonnances nationales contre “des patrons voyous” qui suscite alors l’intérêt des médias et que le gouvernement reconnaît comme légitime…
Pendant près d’un an, depuis leur joyeux réveillon du 31 décembre 2008 devant les grilles du site, où ils témoignent d’une confiance inébranlable dans l’issue de leur lutte, le réalisateur José Alcala a suivi les espoirs et les désillusions de ces hommes et femmes victimes d’une absurde logique libérale, héros malgré eux d’une tragédie postmoderne. Parmi eux, Guy Pavan, délégué CGT charismatique, qui ne peut réprimer ses larmes en évoquant le cynisme des dirigeants : “C’est la façon dont c’est fait. Tu vois que tout a été organisé. Tu te retrouves entouré de flics dans la cour. T’es viré et c’est toi qui es considéré comme un voleur.” Car face aux arguments de salariés devenus experts de la situation financière et en dépit de l’unité solidaire des ouvriers et des cadres, rien ne peut enrayer l’arrogance d’une direction qui bafoue le(urs) droit(s). Et lorsque à l’issue des onze mois de lutte, d’énormes semi-remorques emportent leur outil de travail sous leurs yeux, les “Molex” semblent accablés par leur impuissance. L’histoire bouleversante d’une défaite des valeurs.
Arte précisait il y a quelques semaines que parmi les 283 licenciés de Molex, quatre-vingts seulement ont retrouvé un emploi...
Crédit photo © DR
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