9 Janvier 2012
Le 17 décembre dernier, un jeune vendeur ambulant désespéré s’immolait par le feu en Tunisie, provoquant le soulèvement du pays, la chute du président Ben Ali, puis, par contagion, l’embrasement de toute la région. Un an et quelques révolutions plus tard, où en est le "Printemps arabe" ?
Lundi 9 janvier 2012 à 22h30 sur Canal+, Spécial Investigation retrace à travers quatre enquêtes le destin de quelques activistes qui ont pris part à ces évènements historiques.
LYBIE : LE BLOGUEUR ET LE DICTATEUR. Une enquête de Stéphane Bentura. Production : TAC Presse. Durée : 28 minutes.
TUNISIE : LA RÉVOLUTION… ET APRÈS ? Une enquête de Stéphane Malterre. Production : TAC Presse. Durée : 32 minutes.
LYBIE : LE BLOGUEUR ET LE DICTATEUR
Mohammed Nabous, 27 ans, est l’un des visages les plus marquants de la révolution libyenne. Jeune chef d’entreprise devenu blogueur, il a tout plaqué pour se jeter à corps perdu dans la bataille contre Kadhafi. Depuis sa ville assiégée de Benghazi, il a alerté le monde entier sur la tragédie de son pays. Avec quelques copains et quelques ordinateurs, Mohammed Nabous a réussi à contourner la censure officielle du régime. Il a mené « sa » guerre à coups d’images, de témoignages et de reportages de terrain. Dans son bras de fer à distance avec le dictateur, il a pris tous les risques… et il en a perdu la vie. Le 19 mars 2011, il a été abattu alors qu’il commentait en direct des bombardements sur son téléphone portable. Mohammed Nabous, devenu icône de la révolution, est mort. Mais ses copains ont pris la relève…
TUNISIE : LA REVOLUTION… ET APRES ?
Lina Ben Mhenni a 28 ans. Elle est professeur d’anglais à la faculté de Tunis et blogueuse. Au début de la révolution, son site « Tunisian Girl » a révélé au monde la violence de la répression du régime de Ben Ali. Akram Gharbi a 20 ans. Apprenti cuisinier au chômage, il est descendu dans la rue, pour se battre avec ses poings et renverser la dictature. Lina et Akram ne se connaissaient pas. Mais il y a un an, ils imaginaient la même Tunisie : un pays enfin démocratique et prospère. Que reste-t-il de leurs rêves ? Lina a été sélectionnée pour le prix Nobel de la paix et elle continue le combat, Akram a pris la mer pour tenter sa chance en Italie. Et pendant ce temps, les islamistes ont gagné les premières élections libres…
LES NOUVEAUX REVOLUTIONNAIRES DE LA DEMOCRATIE
Une enquête de Marie-Laure Gendre et Sofia Amara
Production : Magnéto Presse
Tunisie, Egypte, Yémen, Syrie… En quelques mois, le monde arabe s’embrase. Des dictateurs, au pouvoir depuis des décennies, affrontent une révolte populaire d’une ampleur inédite. Particularités de ces révolutions : elles sont rapides, non violentes et en apparence spontanées. Leur succès repose sur de nouvelles armes : internet et les réseaux sociaux. A chaque fois, les régimes dictatoriaux accusent l’Occident et en particulier les Etats-Unis, de tirer les ficelles de ces soulèvements. Qu’en est-il vraiment ? Dans les coulisses du « Printemps Arabe » on croise effectivement des activistes aguerris, formés en Europe et souvent financés par Washington. Ainsi l’organisation « Canvas », dirigée par le Serbe Srdja Popovic, a beaucoup oeuvré en Egypte, lors du renversement de Moubarak. Ce mouvement s’est créé dans les années 90 en Serbie, lors de la chute de Milosevic. Il a rôdé ses méthodes de contestation lors des fameuses « révolutions de couleur » en Europe de l’Est (Ukraine, Géorgie) et en Asie centrale (Kirghizistan) et aujourd’hui il tente de les exporter au Proche-Orient et en Afrique. Il s’inscrit clairement dans la nouvelle doctrine de l’administration Obama de « diplomatie digitale » (contestation 2.0, soutenue par des sociétés américaines comme Twitter et Google). Après le Monde arabe, d’autres régimes peuvent-ils être emportés par ce vent démocratique ? Pour SPECIAL INVESTIGATION, Marie-Laure Gendre et Sofia Amara ont enquêté sur les nouveaux révolutionnaires de la démocratie aux Etats-Unis, en Egypte, au Cameroun et en Chine.
BAHREÏN : LE PRINTEMPS ASSASSINE
Une enquête de May Ying Welsh
Production : Al Jazeera
En février 2011, la fièvre révolutionnaire s’empare de Bahreïn, un royaume voisin de l’Arabie saoudite, dans le Golfe persique. Les manifestants occupent la place de la Perle, au centre de la capitale, pour réclamer plus de démocratie, sur le modèle de ce qui s’est passé en Egypte. Mais après trois semaines de manifestations non-violentes, le pouvoir décide d’écraser la contestation par la force. Interventions des blindés, arrestations des opposants, tortures et procès express se déroulent dans l’indifférence quasi-générale. Les pays occidentaux laissent faire, comme si les grands principes brandis en Libye ou en Tunisie ne comptaient plus, aux frontières de l’Arabie saoudite et de ses puits de pétrole. Enquête sur une révolution trahie. En plateau, Stéphane Haumant recevra les réalisateurs Stéphane Bentura, Stéphane Malterre et Sofia Amara.
Crédit photo © TAC PRESSE /capture vidéo.
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