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Sur France 3, Brassens est en nous. Par Didier Varrod.

 

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Ecrit par Didier Varrod, réalisé par Nicolas Maupied, le documentaire inédit Brassens est en nous est diffusé ce lundi 24 octobre à 20h35 sur France 3. Production Program33, avec la participation de France Télévisions, en coproduction avec l'INA.

 

Trente ans après sa disparition, "le petit père peinard", pipe à la bouche, gratte à la main, n'a jamais cessé de brasser des thèmes d'une pertinente actualité. Féministe avant l'heure, anticlérical tolérant, s'opposant à la guerre, à la morale des bien-pensants, le personnage se dévoile dans toute sa complexité au rythme des images d'archives inédites, des reprises "brassenssiennes" et des interviews de ses disciples.

 

Un casting trans-générationnel ranime ce Brassens qui brûle en chacun de nous : Alain Souchon, Françoise Hardy, Maxime Le Forestier, Juliette Greco, Juliette, mais aussi le chanteur d'Hocus Pocus, Olivia Ruiz, Dorémus, qui le porte même en étendard.

 

Didier Varrod (propos recueillis par noëlle Corbefin) :

"Brassens est en nous est un tournage rare ! Il y a des films qui se passent plus ou moins bien, avec des difficultés, des hésitations, des oppositions, toutes choses qui participent généralement à la création d’un film. Et certains qui se déroulent en état de grâce permanent, ce fut le cas avec ce film comme cela l’avait été lors du tournage avec Véronique Sanson. Nous sommes sortis des trois jours de tournage avec des interviews de 30 à 40 minutes où il n’y avait rien à jeter. Chacun de ces témoignages était chargé d’une émotion et d’une intensité incroyables, et ça se voit à l’image… C'est un plaisir tellement rare… Ensuite, sur le montage et la finalisation du projet, c’était la même magie, tout s’est fait dans un climat d’énergie avec Nicolas Maupied qui a été pour moi une vraie rencontre. Nous n’avions encore jamais travaillé ensemble, et j’ai eu l’impression d’avoir trouvé ma « moitié » en terme de travail, ça a été très très fort.

Quand nous avons décidé de nous attaquer à Brassens, nous avions quand même en tête un certain nombre de clichés, à savoir l’image en noir et blanc, une musique monothématique, bref, quelque chose d’un peu anachronique dans l’univers de la télévision d’aujourd’hui. Et puis il y a eu plusieurs déclics : en allant sur Internet, Nicolas Maupied s’est aperçu très vite que Brassens était l’artiste le plus repris par des générations différentes. J’ai tout de suite pensé qu’il fallait utiliser cela comme une matière d'aujourd'hui. On ne pouvait pas simplement dire Brassens est moderne parce que des jeunes le chantent, il était évident que ce serait encore plus fort en intégrant des anonymes. Autre fait très important : avant le tournage, je suis allé voir l’exposition Brassens à la Villette, et j’ai été médusé, interloqué par le mélange des générations et de classes sociales qui s’agglutinait. Les clichés de départ ont aussitôt volé en éclats ! C’était bien la France de toutes les couleurs et de toutes les générations qui était là ! Comme si on allait visiter Victor Hugo ! J’y suis retourné avec Olivia Ruiz, et là, j’ai eu un deuxième choc, parce que j’ai vu à quel point cette jeune artiste d’aujourd’hui était traversée par des interrogations fortes, sur les relations de Brassens avec la Jeanne, sur les mélodies, la structure de son écriture, etc. Au départ, le film devait s’appeler « Brassens est à nous », et très vite c’est devenu « Brassens est en nous » ! Une évidence ! …"

 

Crédit photo © Paris Match.

 

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