25 Avril 2015
Un reportage de Delphine Detrie et Marie Kro à découvrir ce samedi après le journal de 13 heures sur TF1.
De plus en plus de femmes se lancent dans l'agriculture. En France, elles dirigent plus d'une exploitation sur quatre. Beaucoup d'entre elles ont connu une première vie professionnelle avant de tout lâcher pour vivre de la terre. C'est le cas de Sylvie, 43 ans, Stéphanie, 35 ans, et Marie, 30 ans, qui ont changé de vie et quitté leur confort pour devenir agricultrice, bergère ou éleveuse de bovins. Toutes les trois ont cette même passion, l'amour de la terre et des animaux. Un jour, elles ont décidé de mettre le terroir au centre de leur existence.
Sylvie vit dans l'Orne. Avant d'être agricultrice, elle était vendeuse mais sa passion pour les animaux a été la plus forte. A 41 ans, elle exauce son rêve de petite fille et obtient le statut d'agricultrice. Installée dans l'Orne depuis deux ans, elle a quelques bêtes, mais n'est pas équipée pour travailler sa terre et la rendre rentable. Problème : aucune subvention ne lui est accordée : " Lorsque je me suis présentée à la banque, mon banquier m'a dit : madame trouvez-vous un mari avec des fiches de paye et nous examinerons votre dossier, enfin peut-être... "
Marie a, elle aussi, toujours voulu être agricultrice. Ses parents lui laissent passer un baccalauréat agricole. C'est en Mayenne qu'elle jette son dévolu sur une terre de 20 hectares d'un seul tenant. Aujourd'hui, elle est à la tête d'un élevage de 14 Black Angus, des petites vaches à viande écossaises sans corne toutes de noir vêtues. C'est aujourd'hui la seule femme éleveuse de cette race. " Nous ne sommes que 13 éleveurs en France, c'est une viande haut-de-gamme ". Installée depuis 2010, Marie, comme Sylvie, a un défi : faire connaître son élevage dans la région et se diversifier pour continuer à faire de la qualité et non de la quantité.
Stéphanie, célibataire et maman d'un petit garçon de 6 ans était une Parisienne pure et dure. Un jour, on lui offre une semaine dans le Cotentin. Des vacances à la campagne ? Un cauchemar pour cette jeune graphiste. " J'ai eu un coup de foudre pour ces grandes étendues, soudain, là, j'ai eu l'impression de respirer alors que je m'asphyxiais à Paris et un jour cela m'a apparu évident que c'était ici que je devais vivre et plus du tout dans un petit appartement parisien ". Elle s'endette alors pour acheter sa bergerie, un tracteur et 7 ha de terre, l'équivalent de 10 terrains de foot, une petite ferme pour la région. Elle est aujourd'hui à la tête de 200 brebis. " La terre, c'est le plus grand investissement en agriculture et c'est difficile d'y avoir accès surtout quand on n'est pas du coin. En fait, les gens ont pas mal de freins pour vendre leur terre familiale à quelqu'un qui vient d'ailleurs ". Stéphanie ne regrette rien " même après plusieurs années de galère je me sens vivante en faisant ce métier, c'est un peu physique ça nous rappelle qu'on a des bras, des jambes, qu'on est vivant ."
Crédit photo © DR.
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