Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

 

Publié par François 4/05/2021 17H

Ecrit et réalisé par la journaliste Anne Poiret, lauréate du prestigieux Prix Albert Londres, le documentaire inédit Enfants de Daech, les damnés de la Terre sera proposé le mardi 18 mai en première partie de soirée sur France 5. Ce film de 70 minutes sera suivi d'un débat animé par Marina Carrère d'Encausse.

Ils seraient plusieurs dizaines de milliers "d’enfants de Daech", dont la famille avait prêté allégeance au califat. Stigmatisés, ils sont privés de toute existence légale dans l’Irak de l’après - "Etat Islamique". Sans papiers, ils n’ont accès ni aux soins médicaux, ni à l’aide alimentaire, ni surtout à l’école. D’autres enfants, fanatisés, recrutés ou raptés comme petites mains du Djihad par l’organisation terroriste sont aujourd’hui incarcérés dans des conditions inhumaines. D’autres encore -par dizaines de milliers - sont retenus dans des camps de déplacés coté syrien, avec les femmes les plus radicalisées. Leur situation humanitaire catastrophique est encore plus fragilisée par la crise du Coronavirus.

Cette enquête donne la voix à ces mineurs, les laissés pour compte de ce nouvel Irak que seule une poignée d’ONG tente d’aider. Dans la région de Mossoul, au Kurdistan Irakien et dans le nord Est Syrien, ce documentaire prend la forme d’un voyage sur ces terres brûlées par la guerre, à la rencontre de cette génération qui a traversé le règne de l’État Islamique, la guerre de libération et son cortège de violence, et tente aujourd’hui de se trouver un avenir, entre résilience et vengeance.

Comment les aider à retrouver une place dans la société et éviter qu’ils ne deviennent une menace pour la communauté internationale ?

Anne Poiret : "Lors du tournage de Mossoul, après la guerre tout au long de l’année 2018, j’avais été alarmée par le sort réservé aux enfants de ces familles de Daech qui vivent en marge de la ville. Je les avais alors filmés, collectant de quoi survivre au milieu de cadavres et d’engins non explosés. Tels de mauvais fantômes, ils grandissaient dans une ignorance et une soif de vengeance profondément inquiétantes. Une mère nous menaçait ainsi dans le film : "Mes enfants vont grandir, et la haine avec eux". Aujourd’hui, l’opinion internationale s’est détournée de l’Irak. Et c’est précisément dans cet angle mort que les choses se jouent : non prise en charge, on abandonne une génération d’enfants à cette haine. Après Al-Qaïda et l’État Islamique, quel groupe radical profitera de la crédulité de cette jeunesse meurtrie ? Que vont devenir ces enfants du chaos ? L’Irak est un pays de résilience. L’enfance est une résilience : mais jusqu’à quand ?"

Crédit photo © Cinétévé

Commenter cet article