10 Janvier 2024
Dans les salles dès ce 10 janvier 2024, Bonnard, Pierre et Marthe, un film de Martin Provost.
Bande-annonce ci-dessous.
Avec Cécile de France, Vincent Macaigne, Stacy Martin, Anouk Grinberg, André Marcon.
Pierre Bonnard ne serait pas le peintre que tout le monde connaît sans l’énigmatique Marthe qui occupe à elle seule presque un tiers de son œuvre...
Martin Provost :
"Après Séraphine, j’ai été approché par Pierrette Vernon, petite nièce de Marthe Bonnard, qui voulait me convaincre de faire un film sur sa grand-tante dont elle sentait qu’on ne mesurait pas assez le rôle fondamental qu’elle avait tenu dans l’œuvre de Pierre Bonnard, son mari. Marthe en était devenue pour ainsi dire l’emblème et le fétiche, les représentations de Marthe occupant presque un tiers de son œuvre. Mais elle demeurait aux yeux du grand public une femme trouble et manipulatrice, alors qu’à ceux de Pierrette, Marthe était une femme qui s’était sacrifiée pour que Pierre accomplisse son œuvre. Elle m'apprit aussi que Marthe avait été peintre et elle me montra un de ses tableaux. Je fus frappé par la parenté avec Séraphine. Il s'agissait d'un petit bouquet dans un vase. Un vrai primitif moderne.
A l'époque, je n’avais aucune envie de refaire un film sur la peinture. Mais j’en ai parlé à Françoise Cloarec, organisé une rencontre avec Pierrette, et un livre est né, L’Indolente, publié chez Stock. Et puis, les années sont passées, j’ai fait d’autres films, j'ai oublié Marthe.
Mais pendant le confinement, alors que j’étais enfermé chez moi à la campagne – il se trouve que j'habite tout près de la célèbre Roulotte, dans ces mêmes paysages magnifiés par le regard de Bonnard, où j’ai pris racine – et que la nature ce printemps-là était si belle et si vibrante de la non-intervention des hommes, l’idée de faire un film sur les Bonnard est revenue me trotter dans la tête. Alors que je feuilletais un ouvrage sur les Nabis et que défilaient sous mes yeux certaines des toiles de Bonnard, mon regard s'arrêta sur le célèbre “déjeuner“. Soudain me revint en mémoire qu'enfant, ma mère m'en avait rapporté, d'une exposition qu'elle était allée voir à Paris, une affiche – affiche que j'avais punaisée sur le mur de ma chambre de façon à pouvoir la regarder quand je m'endormais le soir. J’étais trop jeune pour le comprendre mais quelque chose dans cette image, dans la sensualité, l’étrangeté qui s’en dégageaient, me fascinait. C’était comme une fenêtre qui s’ouvrait sur un autre monde.
Je me mis très vite au travail. Il y a un mystère Bonnard. Un mystère qui s’est incarné sa vie durant dans la représentation obsessionnelle du corps de Marthe, sa compagne et sa muse. Dès le départ, Marthe est omniprésente, offerte, énigmatique, impudique, puis peu à peu, alors qu’elle devient folle, repliée sur elle-même, le plus souvent dans sa baignoire, éternellement jeune, et éternellement fuyante. A tel point que l’œuvre de Pierre Bonnard est indissociable de la présence de Marthe et n’aurait pas été la même sans elle. C’est dans ce lien indissoluble que j’ai tout de suite senti qu’il y avait quelque chose à creuser, à comprendre. J’y voyais un signe. Depuis mon enfance, Marthe, épinglée sur le mur de ma chambre, faisait aussi un peu partie de ma vie."
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