12 Octobre 2025
L’ouverture de deux prisons de haute-sécurité conçues pour enfermer les deux-cents narcotrafiquants les plus dangereux de France est une première dans notre pays. Les caméras de Zone Interdite ont pu pénétrer en exclusivité au cœur des centres pénitentiaires de Condé-sur-Sarthe (Orne) et de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais).
Vous découvrirez comment les deux établissements ont été pensés pour maintenir les détenus dans un isolement total afin qu’ils ne puissent plus continuer à diriger leurs trafics comme ils ont pu le faire dans d’autres établissements.
De la naissance du projet jusqu’au transfert sous haute surveillance de ces criminels hors-norme, les équipes de Zone interdite ont suivi durant plusieurs mois toutes les coulisses de ce dispositif exceptionnel.
À Condé-sur-Sarthe, le directeur Vincent Vernet est habitué à faire régner une discipline de fer dans sa prison. Tous les jeudis, il préside le conseil de discipline où comparaissent les détenus qui ont commis des délits durant leur détention. S’ils sont condamnés, direction le quartier disciplinaire ultra-sécurisé dont l’établissement est déjà doté.
Pour préparer leur prison au transfert de quelques-uns des plus dangereux criminels du pays, Vincent Vernet et son homologue de Vendin-le-Vieil, Marc Ginguené, s’apprêtent à recruter de nouveaux surveillants. Ils seront spécialement formés pour résister à la corruption et aux menaces que les détenus pourraient tenter d’exercer sur eux. C’est l’un des enjeux majeurs de ces deux prisons : créer un environnement au sein duquel les détenus n’auront aucune prise sur le personnel pénitentiaire.
Ces dernières années, en France, de nombreux surveillants ont fini par céder à la pression. À l’image de Jean. Il a accepté de nous raconter comment il en est venu à faire entrer des stupéfiants dans la maison d’arrêt où il était employé après que des détenus ont menacé sa famille. Dénoncé, il a été démis de ses fonctions et incarcéré durant sept mois.
Mais pour l’heure, c’est un autre défi qui attend le personnel de Condé-sur-Sarthe et de Vendin-le-Vieil. Une rotation à haut-risque doit s’organiser au sein des deux établissements. Sous la surveillance du GIGN et des ERIS, les agents d’élite de la pénitentiaire, des dizaines de détenus actuellement incarcérés vont être répartis dans toute la France afin de laisser la place aux narcotrafiquants. Pour eux les parloirs seront sous haute surveillance et les fouilles quotidiennes. Et pas question pour eux de bénéficier des activités auxquelles ont droit les autres détenus en France. Avec autorisation évidemment, deux de ces détenus témoignent de leurs nouvelles conditions de détention.
Un régime carcéral inédit en France qui provoque des remous. Beaucoup de ces narcotrafiquants n’ont pas l’intention de l’accepter si facilement. Des grèves de la faim se préparent et vous découvrirez comment leurs avocats vont traquer le moindre vice de procédure afin de tenter de faire alléger les conditions de détention de leurs clients.
Document réalisé par Alyssa Makni et David Périssère.
Avoir obtenu un accès aussi exceptionnel à ces prisons a été le fruit de 6 mois de négociations avec l’administration pénitentiaire et le ministère de la Justice, révèle Alyssa Makni. "L’équipe a dû accepter un protocole de sécurité extrêmement strict pour le tournage. Mais cet accès exclusif était essentiel pour montrer des images inédites et être au cœur de cette transformation afin de suivre l’évacuation de la prison de Vendin-le-Vieil, les travaux pour la rendre encore plus sécurisée, les formations des surveillants et surtout suivre les transferts des anciens et nouveaux détenus et recueillir leurs témoignages."
Dans ce documentaire, poursuit la co-réalisatrice, vous découvrirez comment les prisons de Vendin-le-Vieil et Condé-sur-Sarthe se transforment pour devenir étanches avec l’extérieur. "Nous avons filmé les entraînements du personnel pénitentiaire et leur ressenti et également des séquences inédites comme un conseil de discipline de détenus. Nous sommes partis en Italie interroger ceux qui connaissent déjà ce régime carcéral pour en mesurer l’efficacité contre la mafia. Il était aussi essentiel pour nous de nous rendre dans les quartiers nord de Marseille rencontrer les familles des victimes du narcotrafic pour lesquelles ce projet est nécessaire car elles voient les meurtriers présumés de leurs enfants s’afficher sur les réseaux sociaux avec un téléphone portable depuis leurs cellules. Ce qui m’a le plus marquée, c’est la surface financière de ces hommes et leur capacité corruptive. Ils ont tellement d’argent qu’ils tentent de corrompre des agents au sein de toutes les institutions : police, justice, personnel pénitentiaire… Nous avons obtenu le témoignage inédit de l’un d’entre eux qui a fini par céder sous la menace. Le véritable prochain combat sera de s’attaquer à leur surface financière."
Actu des médias par 2 passionnés, amateurs. Et tweets perso.
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