Dans les salles dès ce mercredi, Jim Queen, film d'animation de Marco Nguyen et Nicolas Athané.

Dans les salles dès ce mercredi, Jim Queen, film d'animation de Marco Nguyen et Nicolas Athané.

Parmi les nombreuses nouveautés projetées dès ce mercredi 17 juin dans les salles, Jim Queen, film d'animation de Marco Nguyen & Nicolas Athané. Présenté hors-compétition à Cannes, il est produit par Bobbypills.

Jim, icône sexy de la scène gay parisienne, voit sa vie basculer lorsqu’il contracte l’Hétérose, un étrange virus qui transforme les hommes gays… en hétérosexuels ! Il voit alors tout le monde lui tourner le dos à l’exception de son dernier follower (et premier admirateur), Lucien, un jeune homme qui peine à s’assumer. Ensemble, ils partiront en quête d’un mystérieux remède capable de guérir Jim et d’empêcher l’extinction de l’homosexualité…

Parmi les voix des personnages, celles de Alex Ramires, Jérémy Gillet, Shirley Souagnon, François Sagat, Philippe Katerine.

Simon Balteaux, co-scénariste : "Au tout début de l’écriture, il y a sept ans, il y avait une vraie légèreté. J’avais 35 ans, et j’étais enfin bien dans mes baskets. L’idée première de Jim Queen, c’était donc de mettre en valeur nos vies gays, en imaginant une satire où tout serait renversé. On a commencé à trouver des vannes sur les hétéros, mais c’était juste de la connerie. On voyait bien que ces blagues charriaient des questionnements sociaux hyper intéressants, mais c’était assez innocent. Et puis les années ont passé jusqu’à la sortie du film aujourd’hui. Je me suis pris une grande claque dans la gueule ces derniers jours avec l’actualité au Sénégal, pays qui a adopté une loi réprimant très sévèrement l’homosexualité. D’un coup, nos blagues naïves deviennent politiques. Ce n’est pas bon signe, c’est même flippant : ça veut dire qu’on devient militants malgré nous. Alors qu’on voulait juste s’amuser en se disant : tiens, c’est marrant, les hétéros ont cette vie-là, nous on a plutôt celle-là."

Marco Nguyen, co-réalisateur : "J’avais aussi ce projet en tête parce que j’organisais des soirées comme La Vendredix. J’étais très actif dans le milieu gay, et j’avais envie de m’inspirer de cet univers. Avec Simon, on s’est demandé comment incarner la communauté. On a vite imaginé qu’elle était en danger, mais il fallait trouver ce qui pouvait la menacer. C’est comme ça qu’est née l’Hétérose. Mais à l’époque, il n’y avait pas ce durcissement politique autour de nous. Aujourd’hui, ça résonne différemment. On a dû s’adapter. Ce qu’on voulait critiquer, ce n’étaient pas les hétéros en tant que tels, mais l’hétéronormativité – c’est-à-dire ce modèle imposé : un papa, une maman, des enfants, une maison, une voiture… La rencontre avec Nicolas Athané et Brice Chevillard (co-scénaristes) a été déterminante, ils apportaient un point de vue hétéro qui a vraiment enrichi le projet."

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