10 Juin 2026
À voir dans les salles dès ce mercredi 10 juin, le film documentaire D'un monde à l'autre, avec Jérémie Rénier et Loury Lag.
Après la mort accidentelle de son meilleur ami, le comédien Jérémie Rénier, auteur de ce film, entame un chemin de recueillement grâce à la rencontre d’un explorateur français, Loury Lag, qui parcourt des territoires inhabités dans des conditions extrêmes. Ils vont partir ensemble à travers la banquise arctique. Livrés à eux-mêmes, les deux hommes vont s’éprouver, jusqu’à redevenir vivants. Une quête initiatique, qui explore les territoires de la vie, là où l’hostilité du monde renvoie à la mort.
Loury et Jérémie relatent ce qu'ils sont allée chercher l'un et l'autre dans cette aventure :
De l’apaisement pour Loury car il ne parvenait pas à apprivoiser la disparition imminente de son père. "C’est difficile d’accompagner un être cher à la fi n de sa vie, de le regarder mourir, tout en restant dans l’impossibilité d’agir. Je voulais canaliser cette violence et j’ai immédiatement perçu qu’il se jouait quelque chose en rencontrant Jérémie. Durant la première partie de cette expédition, j’étais traversé par une souffrance sourde, une logique de punition, une lutte permanente, j’étais en colère contre le monde entier. Puis, au fil de l’aventure, j’ai entrevu la possibilité de me réinventer aux côtés de quelqu’un qui m’a confronté à ce que je suis et qui m’a offert l’occasion de me racheter. Il m’a tendu la main, et j’ai pris la mesure de la force de notre amitié au cours de l’expédition."
Pour Jérémie, cette expédition était vitale. "C’est comme si Loury m’avait tendu la main, et je l’ai accueilli comme un cadeau venu du ciel. Je ne mesurais pas du tout la folie de cette aventure, ni la réalité du danger. J’ai seulement perçu qu’à l’endroit où je me trouvais dans ma vie – autrement dit dans une vraie dépression où je pensais à la mort -, tout s’est tout à coup aligné : j’étais prêt à tout perdre ou à tout gagner. Pas une seconde je n’ai remis en cause la possibilité de partir avec lui. C’était comme une évidence, mon chemin. Tout était limpide. Ce n’est qu’au fil de la préparation que j’ai pris la mesure de ce qui m’attendait. Loury a voulu rencontrer ma famille, parce qu’il tenait ma vie entre ses mains et il avait besoin de leur accord."
Jérémie Rénier :
"Nous étions cinq. Il y avait une che e d’expédition, deux cadreurs, Loury, moi, et ponctuellement, un régisseur selon les étapes. J’ai choisi de partir avec le chef opérateur Fabien Ruyssen, un ami d’enfance, parce que j’ai très vite compris que j’avais besoin de quelqu’un qui me connaissait intimement. J’éprouvais le besoin de me sentir protégé, entendu, accompagné par une personne qui ne porterait aucun jugement sur moi. Et il se trouve que Fabien est aussi un plasticien, un photographe, un artiste d’une grande exigence, doté d’un regard visuel particulièrement armé. Sur la glace, nous étions accompagnés d’un cadreur, Nathanaël Sapey-Triomphe, spécialisé dans ce type de tournage extrême, qui assurait la prise de vue, le pilotage du drone... De mon côté, j’ai également filmé seul à certains moments. Même si l’expérience s’est révélée éprouvante à bien des égards, j’ai ressenti un réel plaisir à capter la vérité brute de la vie. Les épreuves qu’elle impose, et la manière dont elles peuvent se transformer en matière narrative, c’était comme si la vie elle-même alimentait le récit, m’offrait un scénario gratuitement."
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