Avec le scandale du périscolaire parisien, ces derniers mois ont fait prendre la mesure de la gravité des dysfonctionnements dans le traitement des affaires judiciaires concernant les mineurs.
Suite au scandale Bétharram, déclenché en février 2025, des milliers d’anciens élèves de l’enseignement catholique privé ont trouvé le courage de témoigner des violences physiques et sexuelles subies durant leur scolarité.
Un documentaire diffusé le dimanche 13 septembre peu après 23 heures sur M6 donne la parole à des victimes, dont certaines parlent pour la 1ère fois à visage découvert. Il révèle les mécanismes d’isolement, d’emprise, de prédation et de silence à l’œuvre pendant des décennies derrière les murs de ces établissements. Éclairé par des experts — psychologue, sociologue, député, représentant de l’enseignement catholique—, le film raconte de façon inédite une libération collective de la parole. Une plongée au cœur du #MeToo scolaire, entre quête de réparation, résilience et volonté de protéger les enfants d’aujourd’hui.
Un 60 minutes produit par Roche Productions, réalisé par Ixchel Delaporte et Adrien Benolie.
Parmi les témoins :
- Jean-Christophe Komorowski – Notre-Dame-de-Garaison (Hautes-Pyrénées). Agé de 60 ans, éminent volcanologue, Jean-Christophe Komorowski a été scolarisé dans l’école lasallienne de Pibrac, avant d’être pensionnaire pendant trois longues années au collège Notre-Dame-de-Garaison. Il est aujourd’hui représentant du collectif de victimes de Notre-Dame-de-Garaison et de l’association “Mémoire, Vérité et Reconnaissance” des victimes des Lasalliens. Violenté par les surveillants et abusé pendant les confessions, Jean-Christophe témoigne pour la première fois à visage découvert des sévices qu’il a endurés.
- François-Gérard Choppin de Janvry – Sainte-Croix-des-Neiges (Haute-Savoie). Il est l’un des premiers à avoir témoigné des violences sexuelles subies dans les années 1960 au collège SainteCroix-des-Neiges, à Abondance (Haute-Savoie). Agressé par un abbé qui isolait ses victimes pour profiter d’elles, il a été marqué à vie par le traumatisme et s’est battu contre l’alcoolisme. Après son appel à témoignages sur la page Facebook des amis de Sainte-Croix, il a reçu 29 appels d’hommes victimes comme lui, dont l’un a été abusé récemment, en 2009, preuve d’une violence ancrée et systémique dans cet établissement toujours ouvert. Au sein du collectif où il est très actif, FrançoisGérard cherche à continuer à libérer la parole mais aussi à obtenir réparation de l’institution. C’est la première fois qu’il vainc sa timidité pour médiatiser son histoire.
- Céline Leleu - Sainte-Croix-des-Neiges (Haute-Savoie). Agée de 55 ans, religieuse et enseignante à la faculté de théologie de Loyola à Paris, Céline est la sœur de Christophe Leleu, ancien élève de Sainte-Croix-desNeiges décédé en 2011 après une vie détruite par le traumatisme du viol perpétré par un prêtre. Victime collatérale de la descente aux enfers de son frère, elle mène l’enquête sur la tragédie qu’il a vécu et porte une parole précieuse et rare, celle des proches de victimes restés des années dans l’incompréhension. Une épreuve de sincérité pour celle qui explique n’avoir longtemps pas cru son frère, et qui demande des comptes à l’institution religieuse, à laquelle elle appartient toujours.
- Didier Vinson – Collège Saint-Pierre (Finistère). Comédien et scénariste, âgé de 60 ans, Didier Vinson a été victime de violences physiques au collège SaintPierre du Relecq-Kerhuon près de Brest. Il y est arrivé en classe de 4e suite à d’importantes difficultés scolaires. Comme nombre de ses camarades du collège breton en échec scolaire, il a subi des violences psychologiques et physiques extrêmes : gifles, coups de poings dans le dos, dans les côtes, dans les genoux. Il est aujourd’hui très actif dans le collectif des victimes du Relecq qui regroupe près de 200 membres.