Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

 

Publié par François 22/11 7h55

 




Infrarouge
, la case documentaire de France 2, propose ce jeudi soir à 23h00 un documentaire attendu : "La question : Le Pen et la torture". Un film du journaliste José Bourgarel.




Un document à voir et revoir écrit le Monde, car il aide à se forger une conviction et amène à méditer sur les agissements d'une armée, dont José Bourgarel a cherché en vain à recueillir les témoignages de ses responsables...




Nice matin note que les réactions de Le Pen, longuement interviewé pour l'occasion, et niant tout en bloc, évitent au film un écueil : donner l'impression d'un procès à charge.




"Fils électriques sur le sexe. Sommier métallique branché sur le secteur. Supplice de l'eau. Passage à tabac... De nombreux Moudjahidines, les anciens combattants de la guerre d'Algérie, accusent Jean-Marie Le Pen de tortures. Début 1957, en pleine bataille d'Alger, le président du Front national était engagé volontaire dans le prestigieux 1er Régiment étranger parachutiste. Il n'est resté que trois mois dans la ville blanche, mais depuis cinquante ans les accusations s'accumulent. José Bourgarel est parti à la rencontre de tous ceux qui ont approché de près ou de loin cette histoire : témoins algériens qui accusent Le Pen, journalistes, avocats, historiens… et Jean-Marie Le Pen lui-même, pour tenter de faire la lumière sur ce dossier. "





Dossier de presse, (par
Christophe Kechroud-Gibassier) :



Il y a un demi siècle, ils vivaient dans la Casbah d’Alger. Mustapha Merouane avait 20 ans, Mohamed Abderaoui 27, Abdelkader Amour 17, Mohamed Boulay 12. Les plus âgés militaient pour le FLN, distribuaient des tracts, portaient des messages. Ils racontent les mêmes horreurs : la descente des paras au petit matin, les interrogatoires, à leur domicile ou au Fort-l’Empereur, sur les hauteurs de la ville. Le corps ligoté sur un sommier métallique, des fils électriques dans le sexe, les orteils, les oreilles, le supplice de l’eau, les passages à tabac… Tous nomment le même homme, qui dirigeait ces séances de torture : Jean-Marie Le Pen. Lequel, aujourd’hui, balaie les accusations d’un revers de la main, s’amusant à imiter l’accent algérien : ici ou là, à la Casbah ou à Fort-l’Empereur, "comme Sarko, comme le diable, j’étais partout !"



Début 57, le futur leader du Front national est un jeune et turbulent député, membre du mouvement populiste et nationaliste de Pierre Poujade. Il a été engagé volontaire en Indochine, deux ans plus tôt. Il remet ça et rejoint comme lieutenant le 1er Régiment étranger parachutiste à Alger. Par solidarité avec les jeunes appelés, pour voir ce qui se passe et aussi tout simplement par conviction : il est pour l’Algérie française et entend défendre l’empire colonial là où il est menacé. C’est le début de la "bataille d’Alger", de sinistre mémoire. Face à la surenchère de violence, l’armée reçoit (de Jacques Lacoste, ministre résident en Algérie), en même temps que les pleins pouvoirs, la mission d’écraser le FLN. Dans ce contexte, rappelle l’historien Benjamin Stora, l’utilisation de la torture va être "massive, rapide et généralisée".



Jean-Marie Le Pen n’aime pas ce mot de "torture". Tout au plus des "moyens de coercition physique, plus intimidants que réels", reconnaît-il. "Des choses sans conséquences physiologiques", "Sur le coup, ça fait mal mais, après, c’est fini". Non, il n’a pas pris part à ce genre d’interrogatoires poussés mais s’il avait fallu utiliser des moyens violents pour arracher des renseignements permettant de désarmer les poseurs de bombes, alors oui, il n’aurait pas hésité. Ce que le leader nationaliste ne dit pas, c’est que la torture était aussi – et peut-être avant tout – un moyen de terroriser et de briser la population musulmane. Jusqu’aux mois d’avril-mai 57, la 10e division parachutiste du général Massu, qui administre la capitale algérienne, a carte blanche. Ensuite, le gouvernement est contraint de reprendre progressivement le contrôle de la situation : il y a les articles ravageurs de Jean-Jacques Servan-Schreiber dans L’Express, racontant son expérience en Algérie ; il y a la dénonciation de l’usage de la torture par le général de Bollardière, qui sauve l’honneur de l’armée mais vaut à l’ancien résistant d’être détenu en forteresse ; dès juillet on parle déjà de l’affaire Audin ; quelques mois plus tard il y aura le témoignage d’Henri Alleg, La Question, publié par Jérôme Lindon aux éditions de Minuit… Les dénégations offusquées de Guy Mollet ne peuvent plus grand-chose face aux faits.



C’est justement dans cet intervalle où le pouvoir militaire avait les mains libres que Jean-Marie Le Pen a servi en Algérie. Qu’y faisait-il au juste ? Contrôles d’identité, perquisitions, barrages…, répond-il aujourd’hui, des opérations habituelles de neutralisation de l’appareil ennemi. Rien de plus. En 57, pourtant, le jeune député Le Pen, de retour à l’Assemblé nationale, affirmait à la tribune avoir servi en Algérie comme officier de renseignement. Réponse de l’intéressé : pinailleries !



Dans le sillage des accords d’Evian, en mars 62, des décrets d’amnistie interdisent les poursuites contre les auteurs de violence des deux camps. Les victimes ne pourront jamais attaquer leurs bourreaux. Il reste tout de même le droit à la vérité, estiment certains. Dès juin 62, l’historien et militant Pierre Vidal-Naquet publie dans Vérité-Liberté un rapport de police daté de 57 qui accable Jean-Marie Le Pen. Quatre ans plus tard, c’est Jacques Chevalier, ancien maire d’Alger, qui accuse. Il faut reconnaître que, pendant longtemps, le futur candidat à la présidentielle est peu sensible aux « pinailleries ». Il laisse dire. Tout va changer avec les premiers succès électoraux, en 1983, du Front national, fondé en 1972. Soudain plus chatouilleux, le leader engage procès sur procès contre Le Canard enchaîné, Libération, Le Monde, un ancien camarade d’armée, etc. Et il les gagne tous. On devient plus prudent lorsque l’on évoque le passé de l’homme politique. Lequel est élu député en 86, est candidat à la présidentielle de 88. L’histoire semble enterrée. 



Patatras ! A partir des années 90, la dynamique s’inverse. La vision dominante de la guerre d’Algérie est peut-être en train de changer. Le général Massu, au soir de sa vie, reconnaît que l’utilisation de la torture a été une erreur. Les procès continuent à s’enchaîner : contre Pierre Vidal-Naquet, contre Michel Rocard, contre Le Monde encore. Jean-Marie Le Pen les perd. Cela ne prouve rien, fait-il justement remarquer, la justice n’a fait que reconnaître la bonne foi des accusés. Sans doute est-il conscient de la cruelle ironie de la situation. Car si l’amnistie interdit aux témoins de faire entendre leur parole et d’obtenir réparation, elle interdit du même coup au vieux leader de prouver son innocence. Pour la justice, le dossier est définitivement clos. Pour le tribunal de l’histoire, c’est une autre affaire…





Commenter cet article

zorro 23/11/2007 00:54

depuis 30 ans je n'ai jamais vu un reportage sur les tortures et les massacres de français et de pieds noirs par le FLN .....les journalistes sont ils à sens unique ????allez lire le Whashington post ......BONNE NUIT