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Publié par thomas 20/12 07h08





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A 23h00, sur France 2, diffusion d'un documentaire inédit, "Faits divers, enquête sur la mécanique du pire". Un film de Bernard George.




Des innocents accusés dans trois affaires ayant défrayé la chronique parlent du déchaînement médiatique, de leur désarroi, de leur sentiment d'injustice. 




A travers trois faits divers emblématiques (Chouraqui en 1988, Baudis en 2003, Outreau en 2005), le réalisateur Bernard George et l’auteur Matthieu Aron démontent un à un les implacables rouages qui conduisent aux condamnations “médiatiques”. Comment tirer les leçons de ces affaires ? Que nous disent-elles de nous-mêmes, de notre société ? 




Le rappel des faits :


Marseille, 1988. Léonce Mout, propriétaire de la polyclinique Nord, et le docteur Jean-Jacques Peschard, maire du 7e secteur de Marseille sont assassinés en pleine rue. Rapidement, le propriétaire de clinique Jean Chouraqui est désigné comme suspect numéro 1. L’affaire prend des proportions insensées. On parle de “guerre des cliniques” ; on révèle les collusions entre truands, hommes politiques et affairistes ; on acquiert la certitude que Chouraqui travaille en fait pour le dictateur et narcotrafiquant Manuel Noriega. Rien de tout cela n’est vrai, bien sûr, et Jean Chouraqui sera acquitté en 1994. Mais à l’époque, tout apparaissait plausible. “Au bout d’un moment, on est dans l’obligation morale de relayer des rumeurs”, déplore José d’Arrigo, journaliste au Figaro et au Dauphiné libéré, pour tenter d’expliquer la course aux scoops qui accompagne, alimente et justifie un tel égarement généralisé. 



Toulouse, 2003. Ce qui était au départ l’affaire Alègre (des meurtres inexpliqués imputés au serial killer) devient l’affaire Baudis quand le nom de l’ancien maire de la ville rose apparaît dans le dossier d’instruction. Pendant des mois, de mai à septembre, les accusations sans fondement de deux ex-prostituées vont être non seulement prises au sérieux par les autorités judiciaires, mais surtout relayées en boucle par les plus grands médias régionaux et nationaux. L’hypothèse : Alègre aurait bénéficié de protections très haut placées pendant les années 1990, en échange de ses services pour alimenter les orgies des notables de la ville. “Si cette affaire est réelle, c’est très grave. Et si elle n’existe pas, cela l’est plus encore.” écrira Pierre Georges dans Le Monde daté du 13 mai.



Outreau, 2005. Le 1er décembre, le jury de la cour d’appel acquitte treize des dix-sept personnes accusées, depuis trois ans, d’être impliqués dans un vaste réseau pédophile. Ce verdict met un terme au plus grand désastre judiciaire français. Un prêtre, un huissier, une boulangère…, des “notables” broyés à jamais par la machine à fantasmes et par l’écho sans précédent de l’affaire. 




Selon Cyrille Latour, de Marseille à Outreau en passant par Toulouse, Faits divers, la mécanique du pire donne la parole aux victimes, aux témoins, aux accusateurs et révèle jusqu’au vertige ce que ces affaires ont de commun, de répétitif, de cyclique comme si chacune effaçait le souvenir de la précédente, nous condamnant tous à une amnésie permanente et à un éternel aveuglement. Chacune d’entre elles témoigne des fantasmes de l’époque : une lente dérive, sur vingt ans, depuis le spectre de la corruption des milieux affairistes jusqu’au tabou pédophile. Difficile, même avec le recul, de comprendre exactement où de tels faits divers prennent leurs racines. En octobre dernier, au moment de la diffusion de Notable donc coupable, le téléfilm consacré à l’affaire Baudis dont il est co-scénariste, Matthieu Aron expliquait : “Il y a bien souvent, à l’origine, une part de vérité, une part d’incompréhension. Face à l’horreur, ces boucs émissaires tout désignés permettent de se raccrocher à une sorte de vision du mal incarnée. Ils deviennent des figures mythiques qui, paradoxalement, rassurent.” Bien malgré eux, Jean Chouraqui, Dominique Baudis ou la “boulangère d’Outreau” ont pris en charge les horreurs de leur époque. Une catharsis médiatique dont ils porteront à jamais les douloureux stigmates…




Photo copyright DR.





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Hello 21/12/2007 16:47

Qui n'entend qu'un cloche n'entend qu'un son ... http://www.dailymotion.com/visited/search/roche/video/xbz4_affaire-allegrele-scandale-rochehttp://filsdejuge.tripod.comEtonnant, non ?