France 2 propose ce mercredi la rediffusion de la fiction "Un amour à taire". En mars 2005, près de 6 millions de téléspectateurs lors de la première
diffusion de ce téléfilm de Christian Faure.
Distingué à cinq reprises au festival de la fiction à Luchon,Un amour à taire évoquait pour la première fois à la télé dans ce cadre la déportation des homosexuels
pendant l'occupation allemande.
Avec : Jérémie Renier (Jean), Louise Monot (Sarah / Yvonne), Bruno Todeschini (Philippe), Michel Jonasz (Armand Lavandier),
Charlotte De Turkheim (Marcelle Lavandier), Nicolas Gob (Jacques) et Olivier Saladin (Breton).
Synopsis : Sarah, Jean et Philippe ont entre vingt et trente ans en ce printemps 1942. Elle est juive. Ils sont homosexuels... En cette
période d'Occupation où toutes les règles sont abolies, ils sont tous les trois habités par le même désir impérieux : survivre. Survivre malgré leur "difference", survivre parce qu'à leur âge on ne
peut ni renoncer, ni s'arrêter... Jusqu'au jour où Jean, accusé à tort d'être l'amant d'un officier de la Wehrmacht, est déporté par les nazis. C'est le début de sa descente aux enfers sous le
signe du triangle rose...
Pascal Fontanille, scénariste :
"L’idée de ce film est assez ancienne. J’ai découvert l’existence du triangle rose lorsque j’étais étudiant. Juste une ligne fugace dans un cours sur la Seconde Guerre
mondiale. J’ai commencé à chercher de la documentation sur le sujet. A ce moment-là – c’était il y a une quinzaine d’années –, on en trouvait très peu. L’idée est restée ancrée en moi, comme
quelque chose de non résolu. Lorsque l’on a commencé à écrire ensemble, François Aramburu et moi, on a eu envie de faire une fiction sur ce thème pour dire aux gens : 'Voilà, ça a existé, voilà
comment c’était'.
On a réfléchi une dizaine d’années avant de découvrir de quelle manière aborder cette histoire. On était convaincu que l’on ne pouvait pas la raconter uniquement à travers les yeux d’une victime
homosexuelle. Si on voulait toucher le plus de gens possible, il fallait trouver une façon plus universelle de traiter le sujet tout en restant évidemment sincère, fidèle à ce que l’on désirait
exprimer. Au fil du temps, la documentation tombait ; il y a eu ainsi les premiers témoignages écrits, dont celui de Pierre Seel, Moi, déporté homosexuel, un récit aussi incroyable qu’insoutenable,
et des bouquins un peu confidentiels. On a beaucoup lu, on a aussi beaucoup vu de films.
Un jour, on a eu l’idée de Sarah, ce personnage de femme un peu à la Jules et Jim, autour de qui l’histoire s’est organisée. Une histoire d’amour. De même, on tournait depuis longtemps autour de la
relation des deux frères, Jean et Jacques. On savait que l’un des deux était collabo. Mais comment ? pourquoi ? On ne trouvait pas, jusqu’à ce que l’on imagine la blanchisserie dont les registres
servent à Jacques pour piller les appartements des gens en fuite. Tout s’est alors mis en place, une espèce d’évidence comme ça. Deux frères, une rivalité, beaucoup d’amour. Un côté tragédie avec
la trahison, l’acte sacrificiel.'"