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Publié par François 12/03/201210H30

 

aures2-copie-1.jpgLa guerre d’Algérie, la guerre du Vietnam ou le massacre du 17 octobre 1961, autant de sujets brûlants qui n’ont pas manqué d’attirer la curiosité de certains réalisateurs. Leurs films engagés, et bien souvent à charge contre les puissants, ont connu les affres de la censure et ont été, pour quelques-uns d’entre eux, purement et simplement interdits des décennies durant. CINÉ+CLASSIC propose de (re)découvrir ce lundi soir trois de ces œuvres injustement méconnues parce qu’elles dérangeaient les pouvoirs en place au moment de leur réalisation.

 

20.40 OCTOBRE A PARIS

Longtemps interdit et jamais projeté en salles, ce documentaire éloquent "témoigne des crimes commis par la police de Maurice Papon, lors du massacre du 17 octobre 1961. En pleine guerre d’Algérie, Maurice Papon, alors préfet de police de la Seine, impose un couvre-feu discriminatoire à l’attention des "Français musulmans d’Algérie". Cette mesure entraîne une grande manifestation pacifique dans les rues parisiennes, le 17 octobre 1961, réprimée avec une rare violence. La police procède à onze mille arrestations et commet des dizaines d’assassinats".

OCTOBRE À PARIS est le fruit du travail du comité Audin, qui, interpellé par la situation, décide d’élaborer un documentaire regroupant les témoignages de ceux qui ont assisté aux massacres. La réalisation est prise en charge par un chercheur biologiste, Jacques Panijel, après que tous les cinéastes de renom contactés eurent refusé de s’attaquer à un sujet si brûlant.

 

21.50 LOIN DU VIETNAM

Jean-Luc Godard, Chris Marker, Claude Lelouch, Agnès Varda, Alain Resnais, Joris Ivens et William Klein livrent leur vision de la guerre du Vietnam. Autant de points de vue engagés et lucides sur un conflit alors en cours. En point d’orgue, une interview du dictateur cubain Fidel Castro.

 

23.25 AVOIR 20 ANS DANS LES AURES

Prix de la critique internationale à Cannes en 1972, premier film français à montrer la guerre d'Algérie dans ces aspects les plus épouvantables. A longtemps été interdit. Ce film sobre, sec et courageux est construit à partir de très nombreux témoignages de soldats du contingent envoyés en Algérie.

De René Vautier avec Yves Branellec, Hamid Djellouli, Philippe Léotard.

Pendant la guerre d'Algérie, une dizaine de jeunes gens du contingent, hostiles au conflit, sont placés sous les ordres du lieutenant Perrin. Ces antimilitaristes cèdent à leurs pulsions, pris dans l'engrenage de la violence. Ils tuent, violent et se livrent aux atrocités qu'ils dénonçaient. Seul Noël reste fidèle à ses convictions. Il prend la fuite avec un prisonnier algérien.

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Le pédagogue 03/10/2015 19:52

Le pédagogue :


Un peu partout, dans Paris et sa région des hommes, des femmes et des enfants marchent.
Pour soutenir la résistance des Indigènes contre le colonialisme français.
Des basanés.
D'habitude, ils passent inaperçus.
Ils quittent rarement leurs réserves et les lieux où ils triment.
Et les voilà subitement en masse.
Comment est-ce possible ?
Comment osent-ils devenir visibles ?
Ils marchent.
Des hommes, des femmes, des enfants.
Depuis combien de temps ?
Quelle distance ont-ils parcouru ?
Pour eux, le temps ne compte pas et ils ne mesurent pas l'espace.
Un immense souffle est en eux.
Le but est dans leur coeur et rien de ce qui est éphémère ne les atteint.
Ce qui doit être sera.
Ils s'approchent de la Seine au rythme de battements tels ceux du coeur de la mère que tout enfant béni garde en lui.
Une marche pleine d’espoir.
On aurait dit l'aurore de la vie.
Un peu partout, des rangs noirs formés par des forces dites de l'ordre.
Par moments, de lourds nuages voilent la clarté du jour.
Mais pour ces êtres qui marchent, le ciel est d'un magnifique éclat et la Seine est radieuse.
Mohammad sourit à sa mère qui lui caresse les cheveux, et serre fort la main de son père.
Les rangs noirs explosent, des véhicules ternes vrombissent.
L'arsenal du maintien de l'ordre se répand en un déversement de haine.
Les marcheurs sont encerclés.
Dans Paris et sa région, plus de douze mille arrestations.
Des camps de détention et de torture.
Des blessés.
Des tués.
Des corps d'hommes, de femmes et d'enfants jetés dans la Seine.
Des moyens dits d'information ont informé :
Des semeurs de désordre, terroristes musulmans, ont été mis hors d’état de nuire.
La liberté.
Taratata.
L’égalité.
Taratata.
La fraternité.
Taratata.
Le ciel infini est bleu.
La Seine coule.
Depuis des années, Mohammad, maintenant grand-père, y vient assez régulièrement.
Il s'arrête, fixe le fleuve et sourit à ses parents, jetés dans la Seine le 17 octobre 1961 (selon le calendrier dit grégorien).

charles 12/03/2012 10:54


Oui, j'avais vu ça et, comme Arte propose une soirée sur le même thème ce soir aussi, vivent les rediffusions que les deux chaînes pratiquent d'ailleurs avec bonheur !