La "guerre de la TNT" à voir ce soir.

 

LA_GUERRE_DE_LA_TNT_preview.jpg

 

Depuis une dizaine d’années, l’arrivée dans les foyers de la télévision numérique terrestre et de ses dix-huit chaînes a bouleversé le paysage audiovisuel français en profondeur. Côté coulisses, elle a modifié les rapports de force entre les hertziennes « historiques ». Une guerre implacable racontée dans un documentaire en deux volets qui met en perspective les bouleversements en cours et décrypte les enjeux des années à venir.

 

A découvrir ce 22 novembre à 20h35 sur France 5.

 

Par stéphanie Tonnet :

La révolution numérique, le téléchargement et la multiplication des canaux annoncent-ils la fin de l’hyperdomination d’une chaîne (TF1) ? Comment les grandes chaînes, défiées par leurs petites sœurs challengers de la TNT, ont-elles dû s’adapter ? Le modèle des chaînes généralistes touche-t-il à sa fin ? Demain, devra-t-on payer pour regarder la télé ? Toutes ces questions sont au cœur de ce documentaire en deux volets qui raconte l’incroyable bouleversement de la télévision depuis le lancement de la TNT, en 2000. Enjeux industriels, luttes d’influence, intimidations, lobbying… Entre les différents opérateurs, la guerre fait rage sur fond de PAF en pleine mutation et de concurrence accrue. Bertrand Delais a interrogé tous les acteurs majeurs du secteur, responsables politiques et dirigeants de chaînes. Qu’ils soient bons joueurs, mauvais perdants, fins stratèges ou capitaines d’industrie inflexibles, tous lui répondent sans langue de bois. Une occasion unique de pénétrer dans les coulisses du petit écran au moment où la manière de concevoir et de regarder la télévision est en train de voler en éclats. 

 

Extraits des interventions :

 

Marc Tessier : « Je suis arrivé avec l’idée que le numérique terrestre était une évolution indispensable et qu’il y avait tout à gagner pour la télévision publique qui, de mon point de vue, était mal positionnée sur le vecteur du satellite et du câble. »

 

Dominique Baudis : «  Les opérateurs historiques privés n’étaient pas favorables à l’arrivée de la TNT. Canal+ n’était pas pressée de la voir arriver, mais a eu une stratégie innovante en voyant que c’était inévitable ; M6 n’était pas pressée non plus, mais a monté des dossiers, imaginé des projets. TF1 a été dans une position de crispation.  »

 

Etienne Mougeotte : «  L’hostilité de TF1 à la TNT s’explique facilement, et d’ailleurs le résultat est là : le développement d’autres chaînes a coûté cher à TF1. »

 

Nicolas de Tavernost : « Aujourd’hui, nous gérons un bouquet, nous ne gérons pas une seule chaîne. Nous réfléchissons "groupe” et non plus simplement "chaîne”. »

 

Bertrand Meheut : « Il y a quelques années, il n’y avait que quatre ou cinq chaînes gratuites disponibles pour l’ensemble des Français ; aujourd’hui, il y en a dix-huit, qui ont à se répartir un marché publicitaire plutôt en baisse. Ce qui veut dire que chacune de ces chaînes va devoir faire des économies dans ses coûts, et principalement dans ses coûts de programmes. Les contenus de valeur ne pourront plus être disponibles sur les chaînes gratuites. »

 

Rémy Pflimlin : « Notre grande difficulté aujourd’hui, c’est que nous sommes, dans notre audience, surreprésentés chez les plus de 50 ans et sous-représentés chez les plus jeunes. Nous sommes une télévision qui doit fédérer nos concitoyens (…) et, de ce point de vue, nous devons aborder tous les genres télévisuels, quels qu’ils soient. »

 

Nonce Paolini : « Moi, en tant que chef d’entreprise, je dois me battre à la fois pour mes salariés, pour la pérennité de mon entreprise et pour la création française, qui alimente mes contenus. C’est là qu’est le combat. Si personne ne veut le comprendre, on aura à la fin des sociétés croupions qui vont être sur leur petit marché et qui vont se faire bouffer par les multinationales venant d’ailleurs. »

 

Bruno Patino : « Ce qui est toujours très frappant dans ce qu’on appelle aujourd’hui la révolution numérique, c’est la façon dont elle a lieu, c’est-à-dire qu’un comportement explose et, à ce moment-là, les choses changent. Ce point d’inflexion a eu lieu pour la musique, pour la presse écrite, pas encore pour la radio et pas vraiment pour la télévision, donc on a encore le temps de s’y préparer. (…) L’explosion de la télévision sur tous les écrans et l’arrivée de l’Internet sur le poste de télévision vont faire que les comportements vont changer de façon drastique. »

 

Les intervenants (liste non exhaustive) :

 

• Christine Albanel, directrice de la stratégie des contenus d’Orange • Dominique Baudis, président du CSA de 2001 à 2007 • Yannick Bolloré, directeur général de Direct 8 • Alexandre Bompard, directeur de cabinet de Bertrand Meheut, groupe Canal+, de 2004 à 2005, puis directeur des sports de Canal+ de 2005 à 2008 • Michel Boyon, président du CSA • Patrick de Carolis, PDG de France Télévisions de 2005 à 2010 • Xavier Couture, directeur des contenus d’Orange • Patrice Duhamel, directeur général de France Télévisions de 2005 à 2010 • Bertrand Meheut, président du directoire du groupe Canal+ • Etienne Mougeotte, vice-PDG de TF1 de 1987 à 2008 • Nonce Paolini, PDG du groupe TF1 • Bruno Patino, directeur général délégué au développement numérique et à la stratégie de France Télévisions et directeur de France 5 • Rémy Pflimlin, PDG de France Télévisions depuis 2010 • Nicolas de Tavernost, président du directoire du groupe M6 • Marc Tessier, PDG de France Télévisions de 1999 à 2005.

 

Crédit photo © Capture d'écran.

 

Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
À propos
leblogtvnews.com

Actu des médias par 2 passionnés, amateurs. Et tweets perso.
Voir le profil de leblogtvnews.com sur le portail Overblog

Commenter cet article