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Publié par François / Pierre Langlais 07/09 8h

 

Diffusée sur HBO le dimanche soir aux Etats-Unis, renouvelée pour une saison 2, la série How to make it in America arrive ce 7 septembre sur le bouquet Orange Cinéma Séries. Le mardi à 20h40 sur Ciné Max.

 

 Créée par Ian Edelman.  Avec Bryan Greenberg (Ben Epstein), Victor Rasuk (Cameron), Lake Bell (Rachel), Shannyn Sossamon (Gingy), Eddie Kaye Thomas (David) et Scott « Kid » Mescudi (Domingo Dean).

 

Voici pour rappel la critique de cette saison, par Pierre Langlais, publiée il y a peu sur le blog. 

 

 

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Pour une poignée de dollars. Par Pierre Langlais.

 

2010 sera cool ou ne sera pas. Quitte à faire des raccourcis, on fera celui-là : Justified, Treme, How to Make it in America, trois des nouveautés les plus convaincantes de l’année – chacune dans un genre différent – partagent au moins ça : elles sont super cool. Dans le Kentucky de Raylan Givens, on est cool sous le stetson et cool dans ses bottes (à lire en mâchant un chewing-gum sur un air de country). Dans la Louisiane d’Antoine Batiste, on laisse, cool, le bon temps rouler (à lire en tapant dans vos mains sur un air de brass band). Dans le New York de Ben et Cam, on est cool en soirée, cool dans son jean, cool même quand c’est la crise (à lire en sirotant un Rasta Monsta bien frais sur un air de hip-hop). How to Make it in America serait mon coup de cœur de l’année juste parce qu’elle est cool ? Ça suffirait presque, mais ça serait un peu court. Sous sa coolitude de façade, la comédie d’HBO est une merveille de comédie, pas franchement un brulot contestataire, mais une de ces « petites séries sans prétentions » qui réussissent à nous scotcher aux aventures pas du tout extraordinaires de ses héros.

 

Comment réussir en Amérique (en québécois) raconte l’histoire de deux potes new-yorkais qui veulent vendre leur propre marque de jeans. C’est tout ? Presque. Ben et Cam ont la petite trentaine, sont plus ou moins chômeurs (selon les épisodes), et vénèrent le Dieu débrouille, pour monter un business comme pour s’incruster dans la dernière soirée branchée. Pour les soirées, comme ils sont beaux garçons et qu’ils connaissent des filles trop cool (y’en a une qui ressemble à Shannyn Sossamon, preuve qu’elle est cool), tout se passe bien. Pour les affaires, en revanche, c’est plus compliqué. D’ateliers de fabrication en magasins, de rendez-vous avec des designers en ventes à l’arrache au coin de la rue, How to Make it in America nous balade sur les traces de ses héros gentils losers dans le monde impitoyable des fringues.

 

Vous ne bossez pas dans le Sentier ? Pas de panique, vous allez quand même aimer. How to Make it in America est avant tout une histoire humaine, une histoire de potes. Les producteurs d’Entourage (dont Mark Wahlberg) sont à peine planqués derrière le projet, et on parie que Ben et Cam seraient super copains avec Vince et sa bande – tiens, allez, hop, on en profite pour suggérer un petit crossover. Dans les tracas quotidiens, en soirée, quand ça chauffe avec leurs copines, Ben et Cam sont inséparables. Une bien belle bromance, avec des à côtés de première qualité : Rene, l’oncle de Cam (le grand Luis Guzmán), repris de justice, caïd tragicomique qui investit dans la boisson énergisante, Rachel (Lake Bell, très bien), l’ex-petite-copine-impossible-à-oublier-et-à-qui-tu-t’accroche, « Kappo » (Eddie Kaye Thomas, rescapé d’American Pie), le pote blindé aux as mais désespéré de devenir cool, etc.

 

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Bryan Greenberg, un peu poissard – Unscripted et October Road, ses projets précédents, n’ont pas fait long feu – tient avec Ben le rôle de sa vie. Bon, disons le rôle de sa trentaine. A l’ouest juste comme il faut mais charmeur catégorie maladroit, on lui donnerait le bon Dieu sans confession. Comme quoi, un gars qui a joué dans Les Frères Scott peut s’en sortir. Victor Rasuk, aperçu dans Urgences et Lords of Dogtown, fait un parfait sidekick, roi de l’embrouille, moins doué que son pote, mais prêt à tout – d’ailleurs, ça pourrait bien lui attirer quelques emmerdes…

 

Manque un dernier copain pour que la petite bande soit au complet. Un pote en béton et en acier, New York. How to Make it in America aurait pu s’appeler How to Make in NYC, ça aurait été la même. Filmée sous toutes ses coutures, la grosse pomme a rarement été aussi belle, aussi vivante, aussi proche de sa réalité cosmopolite, de ses rues surchargées, de ses magasins de fringues, de ses petites soirées planquées… Filmée en grande partie dans la rue, la série est une ode à la ville qui ne dort jamais, et à ce qu’elle symbolise, l’espoir, le rêve américain, le succès possible pour tous. Et Wall Street, et la crise. Ça dépend des jours. On ne voit des traders que dans le fantastique générique de la série (qui, en plus d’être une merveille visuelle et un portrait express de New York, a lancé la carrière d’Aloe Blacc, auteur du superbe I need a dollar), mais How to Make it in America a pourtant un rapport avec la crise.

 

Dans son esprit, elle est en effet la première série « post crise », la première réflexion, certes amusée, sur l’état du rêve américain après l’effondrement de l’économie mondiale. Avec un titre pareil, on s’attendait carrément à une attaque en règle de cet idéal de réussite, mais la série a l’intelligence de ne pas se jeter dans la même brèche que le foiré – et pas drôle – Hank. Ici, le rêve américain a pris du plomb dans l’aile. Ses petites combines, qui ont toujours existées, sautent aux yeux comme le nez au milieu de la figure… mais l’espoir demeure, par à-coups, comme quand Ben et Cam signent un deal avec un designer japonais. Finalement, un peu à la manière d’Entourage, qui se paye la tête du rêve hollywoodien tout en s’y vautrant joyeusement, How to Make it in America rejoue l’ « american dream » version galère de potes.

 

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Conclusion : New York comme si vous y étiez (avec une très belle photo, façon ciné indé), des personnages attachants, impeccablement incarnés, une chouette histoire avec un sous-texte intéressant sur l’Amérique du XXIe siècle. Ajoutons des dialogues bien sentis quoi que rarement hilarants (mais HTMIIA n’a jamais prétendue être une poilade), un générique fracassant (le meilleur du moment, en compet’ avec celui de True Blood) et une super bande-son, et vous tenez ce qu’on appel une « petite série » à ne pas manquer. Ah, et, oui, How to Make it in America est cool. Super cool.

 

Pierre LANGLAIS. Du blog Têtes de séries.

 

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