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Publié par Pascal 15/12 6h51






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Le Ciné-club de France 2a voulu terminer l’année sur un air de fête, en questionnant la notion du plaisir à travers trois époques, trois moments de notre histoire… et donc trois représentations cinématographiques. Dès cette nuit de mardi à mercredi (0h45...)



1/ 1952 : Le plaisir de Max Ophuls.

Cette magnifique adaptation de trois nouvelles de Maupassant se termine par une réplique due à l’écrivain : "Mais mon cher, le bonheur n’est pas gai !". La seconde guerre mondiale est terminée depuis à peine 7 ans, et si la France commence à avancer dans ce qui sera appelé plus tard les Trente Glorieuses, les soucis ne sont pas effacés : instabilité politique, économie fragile, crise du logement, guerre d’Indochine. Dans ce contexte, le film d’Ophuls rencontre le public en montrant que le plaisir n’a rien d’évident, qu’il faut se battre contre les éléments pour en jouir. (Diffusion ce mardi 15/12)



2/ 1968 : Alexandre le bienheureux d’Yves Robert.

Trois mois avant les évènements de mai, cette ode à l’hédonisme est évidemment dans l’air de ce temps-là. Philippe Noiret y campe un doux colosse qui préfère regarder la vie plutôt que de se tuer aux travaux des champs. Le plaisir, le bonheur deviennent une quête, une posture politique voire révolutionnaire. A l’opposé du « travailler plus pour gagner plus », Alexandre enchanta tous ceux qui à l’époque s’opposaient au productivisme, à la consommation forcenée. Cet éloge de l’oisiveté fut vécu comme une bouffée d’oxygène par ses contemporains qui lui firent un triomphe. (Diffusion le 22/12)



3/ 1987 : Le festin de Babette de Gabriel Axel.

Au cœur de ce qu’on a baptisé depuis : « les années-fric », ce film est apparu comme un contrepoint humaniste et raffiné. Les cailles en sarcophage, la soupe aux huîtres et autres merveilles préparées par Babette-Stéphane Audran pour un festin d’adieu réalisé grâce à tout l’argent qu’elle possède portent la marque d’une subtilité et d’une générosité très éloignées de toutes les formes de vulgarité à paillettes. Le repas est une œuvre d’art autour de laquelle les convives communient et se réconcilient, et le plaisir ouvre la route à la sagesse et à l’amour. Il faut penser que l’époque était en demande d’une telle parabole, car ce Festin de Babette connut un succès international, avec notamment l’Oscar du meilleur film étranger. (
Difusion le 29/12)


"Le plaisir" dans la nuit de ce mardi à mercredi, détails :

D'après trois nouvelles de Guy de Maupassant. Musique de Joe Hajos (thèmes d'Offenbach) et Maurice Yvain (thèmes d'Offenbach). Avec : Claude Dauphin (le docteur dans Le Masque), Jean Galland (Ambroise dans Le Masque), Gaby Morlay (Denise, sa femme dans Le Masque), Madeleine Renaud (Mme Tellier dans La Maison Tellier), Danielle Darrieux (Rosa dans La Maison Tellier), Jean Gabin (Joseph Rivet, le paysan dans La Maison Tellier), Pierre Brasseur (Julien Ledentu, commis voyageur, La Maison Tellier), Ginette Leclerc (la fille dans La Maison Tellier), Paulette Dubost (la fille dans La Maison Tellier), Mila Parely (la fille dans La Maison Tellier), Mathilde Casadesus (la fille dans La Maison Tellier), Louis Seigner (le client dans La Maison Tellier), Jean Meyer (le client dans La Maison Tellier), Marcel Perez (le client dans La Maison Tellier), Antoine Balpetré (le client dans La Maison Tellier), Palau (le client dans La Maison Tellier), Robert Lonibard (le client dans La Maison Tellier), René Blancard (le maire du village dans La Maison Tellier), Daniel Gélin (Jean dans Le Modèle), Simone Simon (Joséphine dans Le Modèle) et Jean Servais (le chroniqueur dans Le Modèle).

1. Le Masque. Ancien séducteur, un vieillard court les palais de la danse, son visage, ridé, couvert d'un masque de jeune homme ; victime d'une attaque en plein bal, il est ramené par un docteur chez son épouse résignée.

2. La Maison Tellier. Des pensionnaires d'une maison close, sous la conduite de leur patronne, la digne madame Tellier, sont invitées à une première communion à la campagne. Le silence champêtre, la ferveur des communiantes, le souvenir de leur enfance les plonge dans un bain de pureté et d'émotion, qui se communique à tout le village.

3. Le Modèle. Un couple de jeunes artistes s'aime à la folie... jusqu'au jour où la lassitude s'installe. Il s'enfuit, elle menace de se jeter par la fenêtre, il ne la croit pas, elle s'exécute... Pour réparer, il l'épouse, alors même qu'elle est paralysée à vie. Un narrateur commente chacune de ces histoires et en tire la morale : si le plaisir est chose facile, le bonheur assurément n'est pas gai...


Crédit photo Le plaisir © Gaumont



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