Le téléfilm Clandestin sélectionné au Banff World Media Festival.

 

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CLANDESTIN, fiction écrite et réalisée par Arnaud Bédouet, et produite par Mathilde Muffang (La Boîte à Images), pour France 2 (ex collection Identités) est sélectionnée au Banff World Media Festival 2011 dans la catégorie Made-for-TV-Movies, qui se déroulera au Canada du 12 au 15 juin prochain.

 

CLANDESTIN est en compétition face à deux unitaires diffusés sur la WDR, un film pour Channel 4 et deux films pour HBO.

 

CLANDESTIN a été récompensé par de nombreux prix :

- Prix Europa TV Iris Berlin 2010 qui récompense le meilleur programme multiculturel de télévision de l’année 2010

- FIPA 2010 - Fipa d’argent de la meilleure fiction, Fipa d’Or du meilleur scénario, Fipa d’or de la meilleure musique originale, Prix Michel Mitrani décerné à une première oeuvre

- Coup de coeur de la SACD 2010

- 18ème Trophées du Film Français 2011 - Finaliste du Trophée Duo Réalisateur-Producteur de Télévision.

 

France 2 avait diffusé en juillet 2010 ce téléfilm français inédit. Dans le cadre de la collection Histoires de vie. Réalisation et scénario d'Arnaud Bédouet.

 

Le synopsis de Clandestin : Salif, un jeune Africain de 18 ans, est envoyé par ses parents à la recherche de son frère aîné vivant à Paris qui ne donne plus de nouvelles. S’il ne le retrouve pas, il devra se substituer à lui en travaillant afin de soutenir financièrement sa famille. Il a pour seul viatique, une photo de son frère, un cachet de la poste sur une enveloppe et la force de l’innocence... Clandestin raconte le parcours initiatique de Salif, son arrivée clandestine en France et son immersion dans la capitale. Grâce à son énergie et à la promesse faite à sa famille, Salif surmonte les difficultés et s’adapte peu à peu à son nouvel univers…

 

Avec Yann EBONGE (Salif), Nassim BOUTELIS (Idriss), Julie GAYET (Sophie), Pascal NZONZI (Mohamed), et Aude KONAN (Leila).

 

Note d’intention de Arnaud BÉDOUET, auteur, réalisateur :

 

"On n’échappe ni à sa naissance, ni à son enfance. Je suis né en France et j’ai grandi en Afrique. Sans doute Clandestin trouve-t-il son origine dans cette double appartenance, sans doute est-ce aussi à cause de cette dualité qui ne m’a jamais laissé en paix, qui continue à ne pas me laisser en paix, que ce film existe. Sans doute est-ce aux mêmes racines qu’est née « Kinkali », pièce jouée au Théâtre National de la Colline en 1998 et qui traitait, sur un fond politique, du destin d’expatriés français dans les anciennes colonies.

Comme un diptyque s’est imposé à moi le désir de traiter l’autre versant, celui de l’émigré. « Emigré, expatrié », deux adjectifs fort proches, et pourtant dans les faits tellement différents. Tandis que l’expatrié français met un pied affirmé dans un pays qui n’est plus le sien - tout en l’étant encore beaucoup - pour y gagner sa vie avec une forte chance d’y prospérer, l’émigré africain, lui, met un pied clandestin dans un pays qu’on dit avoir été le sien - bien qu’il ne le fût qu’à certaines occasions - qui s’avère de moins en moins accueillant, pour y gagner juste de quoi subsister sans aucune chance d’y prospérer. J’ai été un expatrié. Le malaise que l’instinct de l’enfance m’avait fait ressentir, la maturité de l’adulte me le jetait en pleine figure, à savoir : pourquoi suis-je ici, que suis-je censé faire dans ce pays, comment y vivre, comment franchir cette frontière qui me sépare de ces hommes et de ces femmes ? De retour en France, à Paris exactement, je pensais retrouver une certaine sérénité. Et puis un jour, en insistant pour raccompagner une mère de famille africaine qui gardait mes enfants, une femme pourtant munie de papiers et déclarée, je la vis disparaître dans « un trou de souris » pratiqué dans les parpaings d’un immeuble aux ouvertures condamnées. Elle m’avait demandé de la laisser à quelques mètres de là, la honte sûrement. Ma curiosité me montrait cette femme, obligée de se courber jusqu’au sol pour aller rejoindre une famille que je savais nombreuse, vivant dans une pièce sans air et sans lumière. Ce n’est pas que j’ignorais qu’une telle situation existe bien sûr, mais pour la première fois elle s’incarnait, elle portait un visage et un nom que je connaissais, la rendant tout à coup terriblement réelle.

Clandestin est né de cette émotion. Ce monde désormais me concernait, il m’apparaissait chaque jour plus présent, plus lisible. Il suffisait simplement de le regarder, et non de le voir, comme je le faisais avant. Clandestin est ce regard porté sur la clandestinité et plus largement sur les émigrés africains, regard que j’ai voulu dénué de tout misérabilisme, de tout sentimentalisme ou autre onirisme.

Cette fiction fortement documentée raconte sans artifice le parcours de quelques semaines d’un jeune homme venu chercher son frère dont il n’a plus de nouvelles. Ce road-movie urbain dans le milieu de la clandestinité ne porte aucun jugement, ni ne se veut militant, il donne simplement à voir un monde que l’on côtoie tous les jours sans le connaître. C’est un regard porté sur notre société, en dehors des référents habituels. Par l’intermédiaire de Salif le personnage principal, ange décalé, on s’immerge dans un monde qui crée sa propre énergie et où la débrouillardise compose avec l’humour, la cruauté, mais aussi la solidarité. Un monde qui, chaque matin, offre à tous ces clandestins l’espoir d’une promesse ou la menace d’un adieu…"

 

Crédit photo Yann Ebonge et Julie Gayet © Laurent Denis.

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