Politiquement incorrect sur France 3. Les frontières de l'humour.

 

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Un film documentaire inédit, réalisé par Stéphane Benhamou, est diffusé ce lundi à 20h35 sur France 3 : Politiquement incorrect.  Après les polémiques nées des chroniques de Stéphane Guillon, on peut s’interroger sur les frontières du rire « admissible », sur ce qui, aujourd’hui, peut être dit et fait sans être condamné par le pouvoir, rejeté par les médias et poursuivi par toutes sortes d'associations. Les libertés dans ce domaine ont-elles régressé ? Doit-on le regretter ? C’est tout l’objet de ce documentaire. Une exploration des frontières de l’humour en compagnie de ceux qui en franchissent parfois les limites.

 

Stéphane Benhamou, réalisateur de ce doc :

 

"Il y a quelques années, le politiquement correct est devenu la tarte à la crème. Mais ce qui me gênait le plus, c’était d'entendre, de la part des humoristes : « À l’époque de Pierre Desproges et de Coluche, on pouvait rire de la religion, du racisme, de la mort. Alors qu'aujourd’hui les libertés du rire "admissible" ont reculé. » Ce sentiment de censure est aussi partagé par le public. Celui-ci reste persuadé qu’il existe des garde-fous, des lobbies, des associations et des autorités qui empêchent de rire franchement. Nous avons donc cherché à savoir quelles étaient ces frontières et qui les avait fixées."

 

"Tous les humoristes que nous avons rencontrés sont à peu près d’accord pour dire qu’on peut rire absolument de tout, à condition de ne pas avoir de doute sur l’auteur. Pierre Desproges en est le plus bel exemple. Il pouvait dire des horreurs sur les malades ou sur les juifs, mais ceux qui l’entendaient ne pensaient pas qu’il était raciste, intolérant ou antisémite. Aujourd’hui, cette appréciation n’est pas toujours valable. Certains humoristes accentuent tel sujet en sachant pertinemment qu’ils séduiront ainsi une large majorité de leur public…

 

"Mais peut-on regretter de ne plus rire de la même façon des Noirs, des handicapés ou des homosexuels ? A priori, non. Au contraire. De nouveaux défis attendent les jeunes humoristes, qui, quelles que soient leurs origines, évitent l’écueil du rire identitaire ou communautaire. Ils privilégient un humour nettement généraliste qui ouvre de nouveaux horizons. Ils partagent néanmoins avec les « anciens » cette jouissance à braver l’interdit et à dire des choses défendues. Le rire doit passer par la transgression. C’est essentiel. Mais attention à ne pas tomber dans l’agression. Si le public le perçoit ainsi, ce n’est plus jouable — nous disent-ils —, et on préfère arrêter le sujet".

 

"Nous explorons les frontières de l’humour sur tous les supports : la scène, la radio, la télévision et Internet. Il est clair qu'avec le développement du Web tout écart verbal est immédiatement diffusé et amplifié, et son auteur rapidement sommé de se justifier. Le fait de filmer les émissions de radio a aussi bousculé les codes. Pouvoir regarder la gestuelle d'un Stéphane Guillon ou la mine de l'interviewé décuple la force des propos tenus. Sans parler de la possibilité de revenir sur le site de la station pour se repasser en boucle l’objet du scandale !" propos recueillis par Béatrice Dupas)

 

Crédit photo Timsit © Télécran Productions

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