15 Octobre 2013
Un an d’enquête, dix-huit mois de tournage, quinze personnages : le portrait de la génération des 18-34 ans, à travers trois films documentaires dont deux proposés ce soir.
Bac ou crève à 22h45 ; Master chômage ou master classe à 23h45. Sur France 2.
"Pendant plus d’un an, à Cergy-Pontoise, nous avons suivi le parcours d’une quinzaine de jeunes. Ils sont représentatifs de la sociologie de cette génération : des sans-bac aux diplômés de l’Essec, des étudiants en droit aux bac + 8 qui gagnent le Smic, tous ont accepté d’être suivis pendant dix-huit mois pour nous aider à comprendre ce qui caractérise leur génération. Comment s’en sortent-ils ? Quels sont leurs espoirs? Après quoi courent-ils ? Quelles ressources ont-ils ? Quelles stratégies adoptent-ils pour devenir adultes ? Notre futur, c’est eux !"
D'après une idée de Christophe Nick.
Réalisé par Laëtitia Moreau.
Musique de Leandro Guffanti.
Commentaires lus par Ariane Ascaride.
Produit par Yami2.
Interview de Christophe Nick, producteur, et Laëtitia Moreau, réalisatrice :
Christophe Nick : "Le projet de Génération Quoi ? s’inscrit dans la continuité des collections documentaires que nous avons produites depuis une dizaine d’années, Les Chroniques de la violence ordinaires, École(s) en France, La Mise à mort du travail... Il s’agit de prendre de grands secteurs de la société qui nous semblent problématiques au début du XXIe siècle pour en faire des zones d’observation des fractures de la France contemporaine. Problématique, la jeunesse — disons les 18-34 ans — l’est d’abord parce qu'elle est trop souvent mal vue, caricaturée. Nous nous sommes donc décidés à aller y regarder de plus près, avec quelques indicateurs en tête : un taux de chômage ahurissant, l’allongement de trois à quatre ans de l’âge du départ de chez les parents, qui se situe aujourd’hui en moyenne à 24 ans, etc. Nous avons lu tout ce qui a été écrit sur le sujet, rencontré des sociologues, notamment deux chercheurs, Camille Peuny et Cécile Van de Velde, qui nous ont aidé à problématiser les choses. Camille Peuny, par exemple, a travaillé sur le déclassement : pour la première fois dans l’histoire récente française, les jeunes adultes n’arrivent pas à reproduire la situation de leurs parents. 27 % des fils de cadres sont employés ou ouvriers. Ce qui a évidemment des implications dans les rapports familiaux, ce qui crée des malaises et des tabous, les parents culpabilisent en pensant avoir échoué dans l’éducation de leurs enfants, les enfants ont honte, etc. Il nous fallait une unité de lieu, une plate-forme d’observation. L’agglomération de Cergy- Pontoise disposait de tout ce dont nous avions besoin : c’est la préfecture la plus jeune de France, elle possède un pôle d’excellence (sept grandes écoles, dont l’ESSEC), une grosse université de qualité (20 000 étudiants), la plus grosse mission locale du pays (4 500 jeunes inscrits)... Et puis, très vite, quand Laëtitia a commencé à tourner, on s’est dit qu’on n’était pas seulement en tain de mettre au jour une fracture, c’était toute une génération qui apparaissait. "
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