15 Mai 2011
« Je ne sais pas ce qu’est le cinéma, c’est pour cela que je continue de faire des films. » Akira Kurosawa.
Cette phrase a ponctué la vie de Kurosawa. Il l’a dite de multiples fois, et Catherine Cadou, son interprète attitrée depuis KAGEMUSHA (1980), l’a traduite à de nombreuses reprises. Le 23 mars 2010, Akira Kurosawa aurait eu 100 ans. À l’heure où les hommages se bousculent, celle qui a partagé la parole du maître pendant tant d’années décide de demander à des cinéastes de tout pays et de tout genre d’évoquer devant sa caméra leur grand prédécesseur de la manière la plus concrète possible. De New York à Tokyo en passant par Los Angeles, Séoul, Pékin, Rome, Londres et Paris, Catherine Cadou est allée à la rencontre de onze cinéastes – Bernardo Bertolucci, Julie Taymor, Theo Angelopoulos, Alejandro González Iñárritu, Abbas Kiarostami, Shinya Tsukamoto, Hayao Miyazaki, John Woo, Martin Scorsese, Clint Eastwood et Joon-ho Bong. Avec passion, admiration et humilité, chacun évoque « son » Kurosawa.
Et entre deux entretiens, entre deux paroles de cinéastes, deux premières fois devant un film de Kurosawa, deux évocations de scènes de LA LÉGENDE DU GRAND JUDO (1943), RASHÔMON (1950), VIVRE (1952), LES SEPT SAMOURAÏS (1954), YOJIMBO (1961), LE CHÂTEAU DE L’ARAIGNÉ E (1957), ENTR E LE CIEL ET L’ENFER (1963), deux films préférés par l’un ou l’autre, Catherine Cadou évoque l’intérêt du maître japonais pour la langue, pour les mots. Une passion qu’ils partageaient, qui était d’ailleurs à la source de leur complicité.
Dans son documentaire présenté ce mois de mai à Cannes, c’est justement avec des mots, ceux de cinéastes contemporains, jeunes et moins jeunes, de cultures et de langues différentes, qu’elle laisse entrevoir la richesse de la filmographie de Kurosawa et, surtout, la spécificité de son travail. En ressort un portrait en kaléidoscope d’un réalisateur ultra-méticuleux, soucieux du détail, comme en témoigne Martin Scorsese qui évoque (avec des étoiles plein les yeux) les scènes du tournage de RÊVES (1990), dans lequel il interprétait Van Gogh. D’ailleurs, si Kurosawa l’a choisi pour ce rôle, c’est parce que, selon lui, seul un créateur pouvait avoir le regard frisant la folie du peintre génial mort trop jeune.
KUROSAWA, LA VOIE, un très bel hommage à l’un des maîtres du septième art pour qui, comme le souligne Shinya Tsukamoto, le cinéma se devait d’être « à la fois un divertissement et un espace d’expérimentation, ser aproposé le 30 septembre prochain à 20 heures sur Ciné+ Classic. Une programmation spéciale suivra :
21H00, DODE'S KA-DEN ,
23H20, BARBEROUSSE,
02H25, CHIEN ENRAGE.
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