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Sortie du livre Jean-Luc Delarue, la star qui ne s'aimait pas, par Vincent Meslet.

Sortie du livre Jean-Luc Delarue, la star qui ne s'aimait pas, par Vincent Meslet.

Environ 280 pages et 18 euros pour le livre Jean-Luc Delarue, la star qui ne s'aimait pas, en vente dans une semaine. Rédigé par Vincent Meslet (qui a notamment été directeur exécutif de France 2).

L'éditeur Fayard présente ainsi l'ouvrage :

"On connaît tous Jean-Luc Delarue, animateur surdoué des années 1990. De La Grande Famille sur Canal Plus à Ça se discute ! sur France 2, Delarue a révolutionné son métier. Son ton, sa jeunesse, son regard, sa liberté ont cassé les codes et participé à l’invention d’une nouvelle télévision, la télé compassionnelle, celle qui donne la parole aux « vrais gens » et qui sait les écouter. Réservoir Prod, sa société de production, est devenue en quelques années la première en France. Ce que l’on sait moins, c’est que, derrière son apparence un peu lisse de gendre idéal, Jean-Luc Delarue était en fait un homme rongé par le doute et empoisonné par la notoriété. Jean-Luc, l’enfant précoce qui peinait à l’école malgré une intelligence hors norme et un QI de 142, s’est vite transformé en Mister Hyde trompant son angoisse de perfectionniste dans la drogue, les médicaments et l’alcool. Aucun de ses succès pourtant flamboyants, à la matinale d’Europe 1 comme à la télévision, n’a su le rassurer. Sa soif insatiable de reconnaissance et de puissance s’est avérée destructrice pour lui-même et pour ceux qui ont partagé sa vie.

C’est avec beaucoup d’empathie que Vincent Meslet nous dépeint un Jean-Luc Delarue émouvant et attachant dans ses réussites comme dans sa longue descente aux enfers, un homme incapable de s’aimer. Au travers du destin romanesque de Jean-Luc Delarue, Vincent Meslet nous raconte également l’envers du décor du monde de l’audiovisuel de ces trente dernières années. Delarue ou le roman d’une vie".

Extrait des premières pages :

Le 23 août 2012, lorsque Jean-Luc Delarue est décédé, je travaillais à Arte, là où son évocation même aurait paru complètement incongrue, tant il symbolisait la télévision ayant renoncé à son ambition culturelle en s’intéressant à la société française – j’ai toujours été frappé par ce divorce entre la culture et la société, la culture méprisant la réalité de la société française et la société s’interdisant trop l’accès à la culture. J’avais perdu de vue Jean-Luc depuis six ans – tout au plus l’avais-je croisé dans un restaurant. J’étais stupéfait : tout ce qui était écrit sur lui était à mille lieues de ce que j’avais vécu ou connu de lui. Ce que je lisais me semblait être un double contresens. D’une part, les conditions un peu sordides de ses derniers instants prenaient le pas sur tout le reste. Sa chute était présentée comme inéluctable. Or, tout au contraire, Jean-Luc incarnait dans les années 1980-1990 le fol espoir d’une télévision moderne, aux prises avec la société, une télévision profondément humaine, et d’une génération prête à redynamiser un média déjà vieillissant. D’autre part, le milieu audiovisuel, mal à l’aise avec la mort d’un de ses génies, se complaisait dans une lecture qui l’exonérait de toute responsabilité. D’un côté, la fée audiovisuelle aurait donné à Jean-Luc Delarue tous les talents. De l’autre, sa mère l’aurait tellement traumatisé tout au long de sa vie qu’elle serait la seule responsable des addictions et des perversions de son fils. L’absence, si ce n’est de sentiment de culpabilité, du moins de mauvaise conscience du milieu de l’audiovisuel m’avait profondément choqué.

Raconter Jean-Luc, c’est réfléchir à ce que l’audiovisuel a raté. Jean-Luc incarne plus que tout autre trente ans de l’histoire de la télévision, trois décennies durant lesquelles celle-ci a acquis une puissance économique et culturelle sans précédent et sans limites – et, ivre de sa puissance, a créé les causes de son déclin inéluctable.

Jean-Luc est le double miroir de la télévision : de ce qu’elle a de plus merveilleux et de plus redoutable. Au fil de l’écriture, je me suis convaincu d’une chose : ce qui a tué Jean-Luc est ce qui tue la télévision, l’inconséquence, la perte de toute logique, le sacrifice du génie artistique sur l’autel de l’ambition et de la puissance.

Vincent Meslet

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