13 Septembre 2025
Anne Deneuchatel analyse dans un livre vendu dès le milieu de semaine prochaine, et pour la première fois, la façon dont elle a été piégée et les conséquences de l’emballement médiatique sur sa vie.
Au delà d’un témoignage unique, ce livre - titré Je ne serai plus une proie - est un cri d’alerte, un message de prévention et d’espoir, annonce l'éditeur Alisio.
"830 000 euros : c’est la somme volée par des brouteurs à Anne Deneuchatel. Deux années après le premier contact, une année après avoir porté plainte, elle a voulu démonter la machine infernale qui a manqué de la mener au suicide. Anne a toujours été une femme forte. Et puis un jour, alors qu’elle traversait une phase personnelle difficile, sa faiblesse a été repérée par un cyber-escroc sans scrupule qui séduit ses victimes pour leur soutirer de l’argent. Il a mis en place, durant des mois, une manipulation digne d’un mauvais thriller. Si l’« affaire du faux Brad Pitt » est exceptionnelle par le montant dérobé, elle est aussi emblématique des dérives de notre société où l’argent est roi, et l’empathie, moquée."
Lorsque je repense aux deux années qui s’étirent derrière moi, j’ai l’impression d’assister à une chute sans fin. Une agonie. Mon agonie. Il me semble fou, aujourd’hui, d’avoir cru à une histoire pareille.
Le début du livre :
"13 janvier 2025. L’information tourne en boucle. Elle a jailli d’une émission télévisée, diffusée la veille sur une grande chaîne, elle dégouline comme une coulée de boue, elle envahit les réseaux sociaux, s’étale sur tous les écrans de smartphones, se répand dans les journaux, submerge la France et les États-Unis, pour finir par inonder le monde entier.
Je suis la femme amoureuse de Brad Pitt. Non, pire : la femme qui a cru que Brad Pitt était tombé amoureux d’elle, la pauvre fille qui a cru que Brad Pitt voulait l’épouser. Voilà, c’est ça. C’est ce que tout le monde dit, de la machine à café au cours d’aquagym pour seniors, en passant par les innombrables stories, reels, vidéos et posts en ligne. Partout. Mais c’est faux, je le sais, j’ai pourtant dit autre chose au journaliste, sauf que la vérité est moins stupide, moins sensationnelle. Elle n’a donc intéressé personne.
Ce matin du 13 janvier, en lisant les dizaines de posts qui défilent sur mon téléphone, je dois composer avec deux réalités parallèles : d’un côté, ce que j’ai vécu, de l’autre, ce que des millions de personnes disent que j’ai vécu.
Tout le monde a déjà rêvé une nuit de ces scènes bizarres où l’on est au milieu d’une foule ou face à quelqu’un : on parle, on articule des phrases, mais personne ne nous entend, et on crie de plus en plus fort, jusqu’au moment où on se réveille dans son lit, en nage, soulagé de se rendre compte qu’il s’agit d’un cauchemar. Je vis exactement ça, sauf que c’est réel, je suis bien éveillée.
Et j’ai envie de mourir.
D’ailleurs, j’essayerai.
Plusieurs fois.
Il m’a fallu du temps pour oser raconter mon histoire. La vraie. Pas celle qui a circulé en ligne et dans la presse. La voici."
Actu des médias par 2 passionnés, amateurs. Et tweets perso.
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